‹ H. TaineChapitre 43 sur 160 · Voir p · texte numérisé non relu

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amateur de musique, avait rencontré parmi ses compagnons un violoniste et un violoncelliste, MM. Rieder* et Quinot^, avec lesquels il jouait des trios de Mozart et de Beethoven; il trouvait d'autres délassements dans la causerie étincelanle d'Edmond About : si renfermé qu'il fût dans la spéculation pure, il aimait par contraste la verve intarissable, l'abandon, la fantaisie de son jeune camarade, et supportait de la meilleure grâce du monde les plaisanteries parfois un peu vives auxquelles il était en butte de sa part et de celle de Francisque Sarcey. 11 recherchait aussi la conversation de condisciples plus graves, comme Barnave^, Heinrich*, Cambier^, et discutait avec eux les sujets de théologie et d'histoire ecclésiastique qui à cette époque occupaient une large place dans ses lectures et dans ses travaux^. Enfin il fréquentait ses condisciples de la section des sciences et avait de longs entretiens avec le jeune médecin de l'École, M. Noël Guéncau de Mussy', entraîné déjà vers les recherches physiologiques qui devaient être plus tard la base de sa psychologie. Tous les sujets littéraires, philosophiques, religieux, scientifiques, historiques, politiques, sociaux, étaient abordés tour à tour par ces jeunes esprits indépendants. Il semblait que l'École normale fût un lieu privilégié, une sorte d'oasis intellectuelle

1. Voir p. 28. — C'est en souvenir de ces séances que M. Rieder disait de M. Taine : « Il porte un peu trop sa philosophie partout, mémo dans la musique. »

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