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7. Queneau de Mussy (le docteur Noël), médecin de l'École, de 184G à 1881.
H. TAINE. — CGRnESrO.NDAXCE. 8
que la réaction de 1850 ne devait pas atteindre. Il y evit cependant à la fin de cette année scolaire un son de cloche menaçant. M. P.-F. Dubois, ancien fondateur du Glohe, suspect de libéralisme, fut remplacé à la direction de l'École par M. Michelle*, recteur de Besançon. Celui-ci n'était pas un ancien Normalien et n'avait pas les traditions de la maison. Un peu auparavant M. Deschanel^, suppléant de M. Ilavet pour la conférence de langue et littérature grecques, avait été cité devant le Conseil supérieur de l'Instruction publicpio à propos d'un essai intitulé (( Catholicisme et socialisme » paiu dans \3i Liberté dépenser. Il fut suspendu de ses fonctions et M. Havet dut reprendre la chaire. — Puis il y eut de sourdes hostilités contre l'éminent directeur des études, M. Vacherot, contre les professeurs les plus distingués, comme M. Jules Simon. Ceux-ci donnaient en vain à leurs élèves des conseils de prudence^ et se renfermaient eux-mêmes dans la plus complète réserve pour tout ce qui touchait à leur enseignement; ils n'en étaient pas moins suspects en haut lieu et désignés d'avance pour les proscriptions futures.
Hippolyte ïaine, tout à son travail et à sa chère philosophie, continuait ses études sans se préoccuper de l'orage qui allait fondre sur l'Université et dont il devait lui-même être
1. Michelle (N.), ne à Paris vers 1800, mort le 27 janvier 1858. Voir sur M. Michelle, et sur la crise que traversa l'École en 1850, l'intéressant travail de M. Octave Gréard dans le livre du Centenaire de l'Ecole normale, p. 276 et suivantes.
2. Deschanel (Émile-Augustin-Étienne Martin), né en 1819, entré à l'École normale en 1859.
5. M. Jules Simon, notamment, dit dans sa note trimestrielle de 1851 sur H. Taine : « Je l'ai trouvé dans un courant d'opinion que je ne saurais approuver.... Il a fallu lutter pendant plusieurs mois : enfin j'ai obtenu de lui la plus grande docilité sous tous les lapports. » — En marge d'un travail sur Helvétius nous trouvons cette correction : « N'introduisez pas le lanj?age et les théories dune école particulière et surtout l'écoio de llej^el », et dans un autre travail siu" Descarlos où il. Taine citait Hegel : « A l'agrégation, ne dépasse/ pas dans vos citations le xvrti' siècle. »
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victime. En 1849-1850, il étudiait l'histoire de la Philosophie Jusqu'à Leihnitz avec M. Saisset* pour maître de conférences, l'histoire du Moyen âge avec M. Filon 2, la httérature française avec M. Gérusez^, la littérature latine avec M. Berger*, la littérature grecque avec MM. Deschanel et Havet^. Outre les iésumés de ces cours, M. Taine avait conservé une grande partie de ses cahiers personnels de 1849-1850. Déjà, pendant les vacances, il avait jeté sur le papier des notes datées d'août 1841)0, qiii i>ésument son travail philosophique pendant sa première année d'École : d'autres à la suite sont datées de novembre 1849, mars 1850'. Ces notes marquent une étape intéressante dans l'évolution de sa pensée : c'est de Tabstraction pure; on sent qu'il était encore à cette époque tout imbu de ses lectures de Spinoza et de Descartes; mais on voit son effort pour dégager une doctrine personnelle et aboutir à des méthodes nouvelles.
C'est ainsi qu'en novembre 1849 il écrit, en parlant de son travail du mois d'août : « Ceci est de l'idéalisme pur, je n'avais pas encore fait la distinction entre percevoir et concevoir. » Un second cahier, un peu postérieur, mais daté également 1849-1850 et intitulé « Philosophie,
1. Saisset (Émile-Édouard), membre de l'Institut, né en 1810, entré à l'École normale en 1835, professeur de 1842 à 1857, mort en 1865.