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blie un Nivernais enfoui. Le Panlhéon vient d'être rendu au culte. Dès le premier jour il était clair que M. Bonaparte s'appuierait sur le clergé. D'abord le souv(Miir de son oncle; ensuite le besoin d'avoir pour soi ce corps, le seul puissant qui reste en France. Il va s'appuyer contre les idées, de tout ce qui leur est ennemi : la discipline brutale de l'armée ; l'égoïsme et la poltronnei'ie des propriétaires; les légendes des campagnes; le grand étouffoir, le clergé. L'épaulette va défendre la soutane. Conséquence : nous sentons le roussi. Y aura-t-il une agrégation? Dans ce cas, M. Yeuillot sera président. D'à boni!
Réponds-moi, car ta lettre ne compte pas, elle n'avait que six lignes. Ah, si je pouvais te voir au jour de l'an! Tu me répondras aussi là-dessus.
Quelle vie il doit y avoir à l'École! Ici tout le monde est mort.
Cher Ed., je pense que ce pouvoir se consolidera, plus je vis, mon ami, plus je vois que les idées ne sont pas mûres. Les jeunes gens libéraux ne sont que violents, et nécessairement quand le tempérament est calmé, tournent au gendarme. La plupart nient les principes, disent que le droit c'est la force, et que la politique n'a à s'occuper que des intérêts. Les plus hardis le disent. Presque tous le pensent. Il faut avoir vécu comme nous au couvent pour croire aux idées et les aimer.
Yours.
A PRÉVOST-PARADOL
Nevers, 11 décembre 1851 Cher amis la Nièvre est tranquille ; Clamecy et cinq ou six bourgs qui avaient des barricades sont pris. On a fusillé suffisamment; ajoute une quantité de prisonniers. On raconte que les insurgés ont pillé et égorgé; nos proclamations les représentent comme des brigands, non comme des socialistes. Qu'y a-t-il devrai là-dedans? Il est certain que le département était prêt à se soulever tout entier. Nevers et Moulins se sont trouvées bien gardées, et l'affaire a manqué.
Les plus avancés iront civiliser Nouka-hiva. Il est certain de plus que tout ce pays est plein de sociétés secrètes, disciplinées à l'obéissance passive, prêtes à se battre par haine et pour leur intérêt plutôt que pour une idée. Edouard* m'écrit que c'est la même chose à Saint-Etienne. Entre les coquins d'en haut et les coquins d'en bas, les gens honnêtes qui pensent vont se trouver écrasés. J'ai trop de dégoût pour l'un et pour l'autre pour donner la main à l'un ou à l'autre. Je déteste le vol et l'assassinat, que ce soit le peuple ou le pouvoir qui les commette. Taisons-nous, obéissons, vivons dans la science. Nos enfants plus heureux auront peut-être les deux biens ensemble, la science et la liberté.
Quant au gouvernement, je crois qu'il durera. Il a l'ar-