‹ H. TaineChapitre 7 sur 160 · Dans le faubourg Saint-Honoré · texte numérisé non relu

Dans le faubourg Saint-Honoré

2. Mlle Virginie Taine, mariée en 1853 au D' Letorsay et Mlle Sopliio Taine qui épousa en 18G3 le commandant Chevrillon.

3. Les Batignolles faisaient aloj's partie de la commune de Neuilly.

apprenaient à nager, exercice qu'il aima et où il excella toute sa vie ; mais ce qui lui avait laissé les plus charmants souvenirs, c'étaient les longues stations au bord de l'eau luisante et mouvante sous l'ombre délicate des saules et les grandes courses solitaires dans la forêt de Saint-Germain. Dès son arrivée à Paris, Hippolyte Taine s'était fait un plan d'études 1 qu'il observait rigoureusement et dont l'exécution lui était rendue facile dans le milieu grave et éclairé qui l'entourait. Son grand-père, M. Nicolas Bezanson 2, habitait la même maison que Mme Taine et ses conversations ne contribuaient pas peu au développement scientifique de l'adolescent. Toute la famille était pleine d'ardeur pour le travail; les jeunes sœurs, dirigées par leur frère, acquéraient à ses côtés une culture littéraire peu commune chez les femmes de cette époque. Les arts n'étaient pas négligés; Hippolyte et sa sœur cadette aimaient passionnément la musique et se disputaient le piano pendant les heures de récréation. La sœur aînée Virginie, très douée pour la peinture, excitait par sa libre discussion les curiosités artistiques de son frère et l'accompagnait dans ces promenades au Musée du Louvre où il trouvait tant de plaisir et de profit. — Au lycée Bonaparte se formaient des camaraderies qui devenaient plus tard de solides amitiés avec Planât ^^, Crosnier de Varigny*, Prévost-Paradol^,

1. Voir le livre de M. Monod : Renan, Taine, Michelet, p. 50. ± Voir p. 8.

3. Planât (Emile-Marcel in-Isidore), dit Marcelin, fondateur de la 17c Parinienne, né à Paris en 1829, décédé en 1887. — Voir dans les Derniers essais de critique et d'histoire l'article que M. Taine lui a consacré après sa mort.

4. Crosnier de Varigny (Charles), ministre aux îles Hawaï, publiciste, né à Versailles en 1829, décédé à Montmorency en 1899.

5. Prévost-Paradol (Lucien-Anatole), de l'Académie française, né à Pans en 1829, entré à l'École normale en 1849, mort à Newport on 1870. — Voir, de 1848 à 1856, les nombreuses lettres que lui adressa M. Taine.

Cornelis de WittS Emile Durier'-^, Emile Saigey^, etc., etc.

Hippolyte Taine, dont les nombreux succès scolaires étaient un triomphe pour la pension Mathé, y fit ses études de rhétorique et de philosophie sous la direction d'un jeune professeur très distingué, M. ïlatzfeld*, qui devint vite un ami. Celui-ci a gardé précieusement les meilleurs devoirs de son brillant élève; il était très fier d'avoir peutêtre donné à Hippolyte Taine la première idée d'un travail sur La Fontaine; un résumé sur Andromaque est probablement l'origine d'un opuscule inédit sur les trois Andromaque (Euripide, Racine, Virgile) écrit à Nevers en janvier 18525.

Pendant cette année scolaire de 1846-1847, outre les devoirs ordinaires du lycée, Hippolyte Taine se livrait à de nombreux exercices personnels dont quelques-uns ont été conservés, entre autres une (( Histoire de l'Église en France du xi^ au xvi° siècle^ », suivie d'un chapitre sur

1. Witt (Cornclis-llcnri de), né à Paris en 1828, mort au Val- Riclier en 1892, gendre de M. Guizot. — Voir dans les Essais de critique et d'histoire l'article de M. T;iine sur Jefferson, et dans la Revue de l'Instruction publique du 12 avril 1855, un article non recueilli sur l'Histoire de Washington.

2. Durier (Louis-Emile), avocat, bâtonnier de l'Ordre en 1887- 1888, né à Paris en 1828, décédé en 1890.

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