De Washinston trvinpr
lyte; il choisit pour lui l'institution Mathé*, dont les élèves suivaient les classes du collège Bourbon. Il y entra, en 1841, à treize ans et demi. Mme Taine, retenue à Vouziers par le règlement de la succession de son mari, dut consentir à envoyer son fils seul à Paris; mais le jeune garçon très tendre et assez frêle ne put supporter le chagrin de la séparation et le médiocre régime de l'internat parisien; sa santé s'altéra, et sa mère, alarmée, hâta la liquidation de ses affaires pour venir s'installer auprès de lui avec ses deux filles-. — Alors commença, dans ce quartier des Batignolles qui était presque un coin de province 2, la vie de labeur acharné et d'austère recueillement que devait mener le jeune Taine jusqu'à son entrée à l'École Normale. Il ne songeait guère à cette époque à une carrière pédagogique ou littéraire et l'on n'y songeait pas pour lui. Sa mère désirait qu'il fût notaire, comme ses deux oncles; lui ne pensait qu'à bien travailler et à beaucoup apprendre. Lorsque, quelques années plus tard, la question de carrière fut sérieusement discutée dans le conseil de famille, ce ne fut pas à cause de ses dons remarquables qu'on renonça au notaFiat; mais parce que la prudence ne permettait pas de placer en une seule main toute la modeste fortune de la famille Taine, comme l'aurait exigé l'achat d'une étude.
Les grandes distractions de cette studieuse jeunesse étaient des promenades au Parc Monceau, alors à l'état de complet abandon, et dont Mme Taine avait l'entrée permanente : c'était presque la forêt retrouvée. Puis, aux jours de vacances, on allait à Poissy, chez M. Adolphe Bezanson; le jeune Ilippolyte passait alors de longues journées sur la Seine à pêcher à la troublette avec ses oncles; ceux-ci lui