‹ H. TaineChapitre 74 sur 160 · Edouard de Suckau · texte numérisé non relu

Edouard de Suckau

M. X.... Qu'a donc fait l'aulrc? Passons maintenant à ton avant-dernière lettre^ J'ai longtemps tardé à t'en parler, exprès. Les événements semblaient t'avoir irrité. Tes paroles étaient douces; mais le ton signifiait : (( Mon ami Taine est un demi-poltron qui calme avef; des sophismes sa conscience alarmée. » J'imagine pourtant que ceci n'a été que la passion d'un moment, et cela parce que tu ne voudrais pas pour ami d'un pareil être. Je ne crois pas me faire trop d'honneur ni trop te demander en te priant de croire que si mon devoir y eût été le moins du monde engagé, je serais allé courir le cachet à Paris. Tu tranchais bien vivement la question en traitant de sophismes des raisons que lu ne réfutais pas. Es-tu si peu fidèle à tes principes que tu ne reconnaisses pas aujourd'hui M. Bonaparte comme pouvoir légitime? Son action est toujours détestable. Mais le voilà l'élu de la nation, et que dira contre la volonté de la nation un partisan du suffrage universel? Les sept millions de voix ne justifient pas son parjure, mais lui donnent le droit d'être obéi. — Que les bourgeois aient été lâches, et les paysans stupides, soit; mais respect à la nation, même égarée. — Nous allons souffrir à cause de notre grand principe; mais nous ne l'en défendrons pas moins. Sinon je ne te reconnais plus, et je ne sais comment t'accorder avec toi-même. Quant à la distinction de l'État et du Gouvernement, du préfet et du professeur^ c'est le seul moyen de mettre la

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