Gréard, ibid., p. 190, )eUrc du 21 février
2. IhicL, p. 191 : « J'ai ici un trésor dont j'abuse. C'est Gréard mon refiicre. »
212 CORRESPONDAiNXE
dois aimer ce cher et charmant garçon. Que ne donnerais-je pas pour un jour de causeries avec quelqu'un comme lui ou comme loi ! Mais ici je retombe sans cesse sur moi-même, et ma compagnie n'est pas gaie, tant s'en faut. L'exécrable nécessité des dissertations latines et de l'accentuation grecque me tient à la gorge. Quand je reviens fatigué et dégoiité de la platitude des seize petits nigauds que je catéchise, je retombe c>ans l'agrégation.
Il me semble que je vis à contre -temps, que je vais retourner au collège, recevoir des pensums et des férules. Et bien loin derrière, de belles idées entrevues, un monde infini outre-Rhin me rappellent, et il faut laisser tout cela s'enfuir. Quel métier ! Jeté rends bien tes 'OXo(îiup{j.oi'.
Cet homme ainsi bâti vivait en joie; à peine Le spleen le prenait-il une fois par semaine.
Voilà mon état.
Rien d'Edouard. Sa dernière lettre est du 8 janvier. La mienne n'a pas sans doute été arrêtée. Je lui parlais de philosophie* et je lui donnais les plus sèches des formules que j'eusse trouvées en psychologie. Pas un mot d'Edmond ^ ; pas un mot de personne. J'exige absolument que tu ailles à la porte de Planât demander s'il loge encore là, et que tu me dises, si tu peux, si son journal vit encore et s'il gagne sa vie. J'essaierai alors un nouvel effort pour lui arracher une réponse. —