‹ H. Taine: sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 10 sur 131 · Au retour d'un voyage de dix jour? à Vouziers · texte numérisé non relu

Au retour d'un voyage de dix jour? à Vouziers

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n COHUESPONDANCE

znrine, au débouché de la rue Guénégaud; il y a (en plus) un grand cabinet avec un lit et une fenêtre; elle est isolée dans Thôtel, un peu plus magnifique que celle-ci» plus à portée de mes occupations. J'ai couru comme un loup pour tout cela et pour mes leçons. Vni peur (fune chicane à l'Institution*. Le chef dit que son mandataire s'est trompé et il veut me faire venir cinq fois au lieu de quatre. S'il ne tient pas ses conditions, je me dégage; je vaux bien quatre francs par heure. Ma vie est un peu une chasse et le gibier est toujours ineerlain.

JJepuis trois jours mon travail avance à force, ces dix jours de famille m'ont refait le cerveau. — Je me suis remis à la musique, j'en fais dans les intervalles dii mou travail ; je vais relire tous les morceaux que j'ai joues, c'est un voyage, une course suivie et toujours amusaute. Tu devrais en faire autant.

Tous les élèves sortant de l'École cette année sont en sixième*, excepté deux; quelques-uns ne sont môme que professeurs adjoints. Beauvallet' est en sixième, DOii eu quatrième. Ceci prouve que j'ai bien fait de partir; on commençait à appliquer le système sur moi; il s'ngit maintenant de faire passer le professeur, comme un caporal, par tous les grades. Or je ne veux être ni

L J/ institution JauflFret.

ï. La promotion de 1850 comptait entre autres parmi ses nitinibi^g MM. Âccarias, Crouslé, Fuslel de Coulanges, Ed. Touriiier^ t?lc.

3. Reaavallet (Léon), littérateur, né en 1829, mort en 1885, entré il l'Écoli^ .Normale en 1850.

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caporal, ni sergent. Ajoute un long rapport publié par le Ministre* dans lequel il est violent à l'excès contre l'ancienne École normale. Il est clair que c'était une mauvaise note d'en sortir. J'ai un meilleur avenir. Avant dix ans, selon toute chance, je serai au-dessus du besoin de travail, j'aurai complété deux mille francs de rentes. Pendant œ temps, j'aurai fait un livre; s'il est bon, tout est sauvé et admirable. En attendant, j'aurai vécu à ma guise, sans tracasseries, parmi des gens intelligents, occupé de science élevée.

J'exige, mademoiselle Sophie, que vous m'envoyiez sur fin papier à lettre votre petit produit. Nous causerons littérature et cela nourrira nos lettres. Pour voire prochain travail, je vous prie de chercher dans Malherbe une ode à Louis Xlll qui marche contre la Rochelle ^ Vous me direz ce que vous en pensez, vous parlerez du tout, et vous ferez vos observations sur les vers ou les strophes qui vous paraîtront très bons ou très mauvais. Il doit y avoir une préface avec plusieurs traits sur la vie et le caractère de Malherbe qui vous aideront. Et d'ailleurs, au bout de La Harpe est un essai de M. Saint-Marc Girardin sur le xvi« siècle que vous lirez avec profit et plaisir.

J'ai l'honneur d'être, mademoiselle, votre pédanl affectionné.

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