‹ H. Taine: sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 112 sur 131 · Voir la note p · texte numérisé non relu

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Je crois qu'elle ne Test pas, et que les philosophes de Técole se laissent duper par des mots. Le seul homme qui ail discuté la question avec de bons argumt^nts, est M. Renouvier; et toute sa preuve est tirée d*une coiîception mathématique et métaphysique, rirapoi>sibililé d*une série infinie, et la nécessité d'un commencement, en sorte que sa thèse de la liberté humaine n'est qu'une application de sa doctrine générale sur les origines et sur les facteurs initiaux. — Vous voyez, monsieur, ma difflculté ; quelle que soit mon estime pour votre talent, vous trouvez en moi un adversaire ; non seulement je vous contredirais sur la question abstraite, mais je vous attaquerais sur les conséquences; selon moi, si Ton nie la détermination absolue des volitions humaines, il n'y a plus de science morale, plus de prévision ; si l'homme peut améliorer sa condition, son esprit el son âme, c'est seulement parce que les événements Internes sont rigoureusement et mutuellement dépettdants; la connexion des faits qui nous donne notre empire sur le monde physique nous donne aussi notre empire sur le monde moral.

Veuillez donc, monsieur, agréer mes excuses en même temps que mes remerciements, et me pardonner si je me renferme dans mon rôle naturel de sympathique et tacite contradicteur.

H. TAINE. — COKRESPOSDAXCE. II.

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