Voir la note p
AÎNNÉES 1867-1869 353
Je crois qu*elle ne Test pas, et que les philosophes de l'école se laissent duper par des mots. Le seul homme qui ail discuté la question avec de bons arguments, est M. Renouvier; et toute sa preuve est tirén d'une conception mathématique et métaphysique, l'impossibilité d'une série infinie, et la nécessité d'un commencement, en sorte que sa thèse de la liberté humaine n'est qu'une application de sa doctrine générale sur les origines et sur les facteurs initiaux. — Vous voyez, monsieur, ma difficulté; quelle que soit mon estime pour votre talent, vous trouvez en moi un adversaire ; non seulement je vous contredirais sur la question abstraite, mais je vous attaquerais sur les conséquences; selon moi, si l'on nie la détermination absolue des volitions humaines, il n'y a plus de science morale, plus de prévision ; si l'homme peut améliorer sa condition, son esprit et son âme, c'est seulement parce que les événements internes sont rigoureusement et mutuellement dépendants; la connexion des faits qui nous donne notre empire sur le monde physique nous donne aussi notre empire sur le monde moral.
Veuillez donc, monsieur, agréer mes excuses en même temps que mes remerciements, et me pardonner si je me renferme dans mon rôle naturel de sympathique et tacite contradicteur.
H TAIRE. CORRESPONDANCB. IL 23