‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 75 sur 140 · Voir p. 190, note · texte numérisé non relu

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est intéressant pour moi et les gens du métier, plutôt que pour ton voisin le sous-préfet, ou le juge dltistruction.

A EDOUARD DE SUCKAU

Orsay, 8 février 1861

Cher Ed, j'ai bien lardé à t'écrire et tu aurais dû me dire si tu vas bien; j'ai grande envie de le savoir. J'ai pioché comme un sourd, depuis ton départ, et je TieDS de finir mon grand diable de chapitre sur la poésie anglaise au xix® siècle*. Ces exposés généraux sont très fatigants; j'étais si las que j'ai planté là Paris pour deux ou trois jours. Ajoute le monde; il est bien difficile de refuser certaines invitations à dîner, ce qui exige en plus une visite de digestion. Les veilles et les agitations démontent ma triste machine nerveuse, et je suis obligé souvent d'enrayer comme aujourd'hui.

J'avais commencé à noter mes souvenirs de Belgique et de Hollande, j'ai lu un peu à droite et à gauche, dans les vieux bouquins, pour connaître les anciennes mœurs du pays ; mais j'en suis resté aux huit premières pages. J'ai écrit vingt pages d'un roman, qui finira ou ne finira pas, à la grâce de Dieu. J'ai griffonné le soir en rentrant, sur les soirées et sur les gens que j'ai vus,

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