‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 4)Chapitre 101 sur 162 · About · texte numérisé non relu

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228 COnRES^ONDA^XE

voilà décidément son tournisseur. J'ai vu un nouvel article de toi sur le discours deFiourens*. Mais, homme utile aux mœurs, comment peux-tu être utile aux mœurs qu'on vante aujourd'hui, et écrire un livre? — Tu vas parler du progrès? Mais le progrès est une pure abomination panthéiste, écoute plutôt nos sacrés maîtres. — De la force naturelle et personnelle par laquelle le genre humain se fait à lui-même sa destinée? Mais c'est nier la Providence, et le Dieu de Bossuet, Je grand joueur d'échecs dont nous sommes les pions. — Des lois nécessaires. et régulières qui mènent le monde? Mais c'est nier la liberté, la chère liberté de M. Cousin,

et par contre-coup l'enfer, etc., etc....

II faudra biaiser. Mais pourras-tu rester éloquent sous un demi-masque? — Enfin, j'ai toute confiance en ton habileté, et je désire que l'Académie soit assez immorale pour couronner notre morale*. Dis-moi surtout ce que tu comptes faire sur les six derniers siècles, car il n'y a là qu'une grande guerre contre l'Église et le dogme, guerre si visible que M. Donoso-Cortés conclut que le monde va à sa perdition, et que Jésus-Christ, pour le sauver, lui fera bientôt une nouvelle visite. — Je t'apporterai, si tu veux, aux grandes vacances, la Philosophie de l'Histoire de Hegel, et tu verras là des pyramides d'idées à casser les jambes de tous les Français qui voudraient les escalader. Mais j'ai beau regarder,

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