‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 4)Chapitre 107 sur 162 · M. Emile Saigey · texte numérisé non relu

M. Emile Saigey

nobles, légitimistes ultras, et qui font bande à part ; le collège est grand et beau, mais les élèves sont beaucoup plus bétes qu*à Nevers, surtout plus paresseux, et me donnent des discours inouïs, qui me font faire des haut-le-corps à chaque instant. Imagine-toi Texcès du mauvais goût, de la déclamation froide, du style noble, des prosopopées et des hypotyposes, et surtout un vide d'idées dont rien n'approche. Avec cela, pour la passion et la chaleur, ils sont à 40 degrés au-dessous de zéro (Réaumur). De plus, d'une lourdeur telle qu'ils ne comprennent pas quand on se moque d'eux. — La province et Paris sont deux mondes. On n'en a pas d'idée quand on n'y est pas. Averti par le recteur et par l'aimable lettre que tu as vue *, j'ai consulté l'autorité pour savoir s'il fallait donner à un élève l'autorisation de lire les Provinciales qu'il demandait. Refus. Voilà où on en est.

Plus d'agrégation pour moi cette année. Donc je fais mes thèses. J'ai écrit tout le plan de la française (sur la Sensation) et j'ai consulté M. Simon, lui demandant son approbation. Elle ne vient pas, et j'ai env^e de me mettre à rédiger. Peux-tu le voir comme tu me l'avais promis ? Je lui ai donné les principales idées, je fais de la psychologie et de l'observation pure, pour le fond je m'autorise d'Aristote. Peut-être n'est-il plus examinateur depuis que Cousin reprend son cours? Alors il faudrait écrire directement à M. Joseph- Victor Le Clerc, doyen, etc. Je souhaite avoir une prompte réponse, afin de passer,

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