‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 4)Chapitre 144 sur 162 · A M. HATZFELD · texte numérisé non relu

A M. HATZFELD

Paris, 10 juin 1853

Comment se porte Shakespeare, et que dites-vous des Poitevins • ? Vous devez commencer à goûter la vie de province, qu'en dites-vous? Je ne sais à Poiliei*s qu'une ressource, ce sont les bains. Deux mots, je vous prie, pour me dire comment vous vous trouvez de votre nouvelle vie, et que vous vous souvenez de moi.

J'ai fait le saut périlleux, et me voilà docteur. Vous m'avez promis vos critiques et vos conseils ; ne m'épargnez ni les uns, ni les autres. Soyez débiteur fidèle, comme je suis créancier exigeant.

Vous verrez dans les deux livres une méthode littéraire que depuis longtemps j'enseigne, et des traces d'une philosophie qui diffère de la vôtre ; mais vous l'excuserez un peu, j'espère, en rencontrant par tout l'ouvrage des souvenirs de vos conférences. J'ai passé

1. Le mariage de Mlle Virginie Taine.avec le docteur Ilippolyte Letorsay.

2. M. Hatzfeld avait été nommé professeur de littérature étrangère à la Faculté de Poitiers.

RETOUR A PARIS. — SOtJTENANCE DES TUÈSES 337

par bien des mains, mais mon premier maître a laissé sa marque dans ma pensée et dans mes écrits.

Je vous fais là sans doute un mauvais compliment, quand j'ai à vous remercier de tant de choses, et entre autres de la leçon que vous m*avez procurée. Elle est utile, sinon amusante, et la grammaire fournit le pot-aufeu de la philosophie. Du moins, j'espère que vous êtes plus heureux que moi ; vous enseignez la philosophie de la littérature, et je fais faire des thèmes grecs.

Croyez, mon cher Monsieur, à Famitié sincère de votre tout dévoué.

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