‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 4)Chapitre 28 sur 162 · Publié dans la Liberté de penser de décembre · texte numérisé non relu

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4. Notes inlerfoliées dans son exemplaire de Spinoza et numérotées de A à Z. Quelques-unes sont perdues. Ce sont parfois des réfutations. Ex. : note B : a Voici le point faible du système (proposition 28). Il y a là une double impossibilité. Le mouvement chez Spinoza manque de cause. Le premier moteur d'Aristote n'existe pas. » Note Y : <l L'erreur fondamentale de Spinoza est d'avoir détruit le monde. Au fond, il l'engloutit en Dieu. Sa philosophie aboutit à cette proposition que les dioses particulières ne sont distinctes qu'au regard de l'esprit et non en soi. »

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Hegel. Sa curioi ité se portait sur tous les sujets, et nous Toyons par les i.nalyses de ses lectures qu'il étudiait alors Hobbes et Burdach^ avec la même ardeur que Creutzcr, Pascal ou les Pères de TËglise. — Ses camarades, moins studieux, le « feuilletaient » comme un répertoire vivant •, et ils étaient émerveillés de l'étendue et de la profondeur de son information.

La suite des lettres à Prévost-Paradol nous éclairera mieux que tous les commentaires sur Tétat d'esprit et les études d'Hippolyte Taine pendant cette première année d*École normale.

A PREVOST-PARADOI

Paris, 22 février 18 i9

Mon cher Prévost, je viens d'avoir le plaisir le plus vif que j'aie eu depuis longtemps; ta lettre si affectueuse, si remplie de confidences, m'a rendu heureux, et m'a donné un si grand besoin de causer avec toi, que je veux employer toute cette soirée à t'écrire. Il y a bien longtemps que j'en ai le désir; mais toujours le temps me manque; et puis (je te l'avoue) je compte loujours me dédommager l'an prochain. Travaille, cher ami, le grec et le latin, si ce n'est pour toi, du moins pour moi. J'ai besoin de toi; tous les jours je sens ce besoin plus fortement parce qu'à l'École je n'ai aucun ami, ni pour les choses d'esprit, ni pour les choses de cœur; tout ce flot de pensées et de sentiments qui s'agitent en moi, ne pouvant déborder au dehors,

i. Voir p. 152.

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