Voir Souvenirt de Jeunesse, de Francisque Sarcey
s*ëpanche en toutes sortes d'écrits particuliers, soit sérieux, scientifiques et pratiques, soit intimes, secrets, confidentiels*. L*an prochain je te dirai tout. Tu me trouveras bien changé, bien vieilli; de nouveaux horizons se sont ouverts pour moi dans la science et dans la vie; de grandes tristesses, de grandes espérances m'oppressent; cependant, lorsque je m'observe, je m'aperçois que ni ma nature, ni mes convictions ne se sont altérées. Elles se sont développées, voilà tout. Tu retrouveras ton ami tel que tu Tas connu. Seulement tu verras de nouvelles choses. Tu n'as guère vu en moi jusqu'à présent que ce qui y dominait par un règne exclusif, je veux dire l'amour de connaître et le goût de la science certaine. Tu verras peut-être un caractère formé, des opinions sur la vie pratique arrêtées, et ce qu'on appelle une morale et un système de conduite déterminés. Chose étrange, que quelques mois de réfiexions solitaires, et d'expérience des hommes, puissent faire éclore en une âme tout un développement qu'elle ne soupçonnait pasi
Pour toi, mon pauvre ami, je te plains et je ne te comprends pas. Tu trouves ton état misérable ; tu sens qu'il est malheureux de douter, de chercher, de livrer sa vie à l'apparence et au hasard, suivant partout ce qui séduit et ce qui brille, se dévouant à des opinions qui charment, et dont on ne sait pas pourtant si elles valent la peine d'être aimées et défendues. Tu souffres de cela, et cependant tu te complais dans cette souffrance.