‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 4)Chapitre 41 sur 162 · olr Gréard, ibid., p · texte numérisé non relu

olr Gréard, ibid., p

02 CORRESPONDANGB

AU MÊME

Paris, 18 juillet 1849 Je prévoyais ta lettre * ; comme je m'y attendais, les difficultés au parti extrême que tu me proposes' ne viennent que de toi. Je n*ai rien à te dire là-dessus; on ne peut changer un homme. Pourtant, je ne sais si tu t'examines bien toi-même. Tu te fais des monstres d'une condition qui n'a en soi rien d'horrible, qui a été celle de beaucoup de nos camarades, et que tu pourrais supporter, je crois, sans trop d'efforts de volonté, ni de souffrances d'orgueil.

Il n'y a rien de honteux à donner des répétitions à des jeunes gens, à leur prouver que leur professeur au collège ne sait rien, à leur montrer quelle quantité de travail il leur faut pour en arriver au point où l'on en est soi-même. Tout dépend de la manière de s'y prendre; j'ai vu les uns bafoués parce qu'ils n'avaient ni instruction, ni gravité, ni intelligence ; les autres, qui avaient gardé leur sérieux et montré aux élèves leur ignorance, les conduisaient comme des moutons. Un maître d'études est serf; un maître de répétitions est seigneur. Pour la volonté, tu te fais tort à toi-même. Quoi donc, mon ami, avec ce caractère si ferme et si dis-

1. Gréard, ibid,, p. 162, 16 juillet : « Quant à rester chez H. Bellaguet comme répétiteur, je ne le ferai pas..., mon orgueil serait blessé. Reste l'unique alternative de m'engager ou de passer ma vie si obscurément que ce soit, jusqu'à ce que je m'élève ou que je meure. >

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