La bataille d'Artenay (10 octobre
. sienne; le danger ne ser aux environs de Tours,
A M. ale:
La sortie que les P voyez célébrer danti la proclamation de Gambetla, ne parait pas avoir été très avantageuse; on ne parle ni de prisonniers, ni de canons encloués. — De plus, les Prussiens, qui sont maîtres d'Orléans, ne rebroussent pas chemin, ils avanœnt; Libon croit que c'est plutôt vers Bourges. — Après avoir bien réfléchi, je pense que s'ils viennent à Blois, il nous Taudra quitter Tours et aller à Bordeaux.
Je viens d'écrire une proclamation aux Prussiens pour le ministère des A [Ta ires étrangères ; on la traduira en allemand. Les derniers renseignements que me donne en ce raoaient Libon sont plutôt rassurants et ajoutent à nos chances de rester.
Tours, 15 octobre 1S70 Les Prussiens ont pris Orléans et un de leurs cliemenls a passé la Loire. S'ils viennent â Blois,
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bablement je m'en irai à Bordeaux; ma raison est qu*ils ont jeté des bombes dans Orléans, et imposé une contribution de 8 millions avec menaces de pillage. S'ils en font autant ici, je serais en peine de mes femmes. Cependant il est possible qu'ils marchent sur Bourges ; de plus, il y a, derrière la Loire, 100000 Français (chiffre offlciel); le général Bourbaki vient de nous arriver, et nos troupes augmentent sans cesse; enfin, ils ont eu deux échecs sous Paris; ils ont été refoulés par des sorties. Ainsi, il y a de l'espérance pour nous.
Selon plusieurs personnes bien informées, il leur sera difficile de canonner Paris et même les forts. La grosse artillerie de marine démolit tout de suite leurs travaux de terre, et ne leur laisse installer aucun canon; donc la batterie de mon beau-frère n'est pas exposée en ce moment; ma sœur peut compter sur mes renseignements, je vois Libon et les gens des Affaires étrangères : je viens aujourd'hui de faire pour eux une adresse aux soldats allemands qu'on va publier en français et en allemand.
J'ai reçu par ballon une lettre de mon oncle Alexandre, datée du 1®' octobre. H dit que les dispositions de Paris sont très bonnes et qu'il y a des vivres pour longtemps. Il paraît que neuf ballons sont prêts à partir de Paris en s'échelonnant de jour en jour. Le gouvernement d'ici correspond avec Paris par des pigeons que les ballons apportent (trois paires dans chaque ballon).
.... Le siège durera certainement encore deux mois.
COnRESPONDAN-CE
Tours, 28 octoL .... Gabriel Monod, que j'ai connu k Paris, esl ici; il est infirmier volonlaire, il a pansé les bicsi batailles de Metz et de Sedan.
Toujours la même incertilude ici; nous parti) les Prussiens occupent Vendôme ou filois.
.... Je vous ai dit que j'avais écrit à M. Quest lettre lui sera remise en mains propres par H. L Pontalis, député de Seine-et-Oise, mon ancien c( des Débals, qui a une passe prussienne. Dans ma à M. Questel, il y en avait une pour mon beai Letorsay, avec prière instante de la faire remeti par M- Maurice, médecin â Versailles, soit par un p un marchand ambulant.... Je suis bien chagrin pas trouver d'autre moyen; Libon n'envoie rien j que des pigeons pour le gouvernement. On dil-on, un ballon aujourd'hui, lancé du Mans; ma comme si on lançait un duvet de chardon en l'ai l'espérance qu'il ira à 40 lieues de là passer ju:
dessus de tel point. Et encore je ne vois pas commet.. .
peut avoircommunication avec Orsay, puisque les sorties ne vont pas au delà de Bourg-la-Reine et que tout le reste est occupé par les Prussiens. Je vais causer encore avec
Libon, raais de ce côlé je n'espère rien, sauf peut-être fiiire parvenir une deuxième lettre à Versailles.
L'Angleterre, la Russie et les neutres demandent de leur chef à la Prusse un armistice pour convoquer une Constituante, sans préjuger en rien des bases de la paix. J*ai causé ici avec le directeur des Affaires étrangères; il y a quoique chance de ce côlé. Si vous apprenez par les journaux que M. Thiers a reçu un sauf-conduit prussien pour aller de Tours à Paris, ayez bonne espérance de la paix. Ce fait sera significatif; mais le saufconduit n'a pas encore été donné. Je viens d'écrire pour le ministère des Affaires étrangères un article sur l'armistice et la situation', qu'on publiera en anglais à Londres. Je tâche de rendre service dans la mesure de mes moyens.
A SA MERE
Tours, 4 novembre 4870
Vous savez les troubles de Paris'; j'ai quelques espérances de paix, à cause de l'intervention des Puissances et du vote de Paris qui a eu lieu hier', et qui, certainement, donnera une majorité énorme à Trochu, Favre, etc. — Ici, je saisies nouvelles à la source. Gam-
i. Reproduit dans les Derniers Essais de Critique et d'histoire,