‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 14 sur 104 · A M. HECTOR MALOT · texte numérisé non relu

A M. HECTOR MALOT

tsses-Pjrénées), hûtel Victoria. 16 novembre 1870. monsieur, votre lettre m'est arrivée à Tours où je me mettais en route pour Pau ; une ille était imminente sous Orléans; dans ml les dames de ma maison, j'étais forcé de l'abri. — Je suis fort contrarié de n'avoir dre ce petit service; mais rien, je crois, . De Bellegarde, ou d'Aigle, vous ne yer une dépêche; mais vous pouvez en munie de timbres, dans une lettre que

VOUS adresserez à Tours au directeur de la Poste, rue de Guerche, le priant de l'expédier. — J*en ai envoyé trois pour des amis et pour moi-même ; je crains bien qu'elles n'arrivent pas; pendant dix jours, aucun pigeon n'est parvenu à Paris; les Prussiens les tuent ou ils s'égarent. — Cependant il vaut mieux courir cette chance, et je vous engage à prendre le procédé que je vous ai indiqué.

Je vous remercie des renseignements très intéressants et très précis que vous voulez bien me donner sur les dispositions des ouvriers et des paysans que vous avez vus. A un homme de notre métier, c'est le meilleur cadeau. J'ai bien peu de chose à vous offrir en échange, sauf quelques indications qui viendront sans doute trop tard et que l'effet démentira peut-être. Les espérances qu'on fonde sur l'armée de la Loire sont bonnes. Dans l'affaire du 9*, les Prussiens ont perdu 2500 prisonniers, en tout environ 8000 hommes. A ce moment, notre armée était de 110 000 hommes. 60000 étaient en train de la rejoindre, soit par Vierzon, soit par le Mans. M. de Thann avait environ 80000 hommes; le prince Frédéric-Charles lui en amenait 60000, ou 70000. (Tous ces documents sont pris à des sources que je crois très bonnes.)

Le Général X. à Tours, très spécial et placé aussi bien que possible pour voir, très pessimiste depuis le commencement de la guerre, disait, en revenant d'Orléans et en conversation intime, qu'il était plein de confiance :

i , lia victoire de Coulmiers.

se CORRESPONDANCE

nombreuse artillerie bien servie, général froid et calculateur, bon esprit et bonne discipline des troupes, excellentes positions; bref, en cas d'attaque par les Prussiens, il croyait sinciVement à notre victoire. — En ce moment, Trocliu doit avoir les 1400 ou 1500 canons ' ■ " briquer depuis le commencement, afin de 'lie écrasante qu'on considère comme son nos ressources et nos espérances. Mais je politique et si peu diplomate que je me omnie un passager sur un grand navire ; !S cris hurlés par des porte-voix ; je vois une ililante; on donne des coups de poing au la machine siffle et ronfle; allons-nous passer heureusement? je n'en sais rien, je ! resler dans mon coin, et tout mon jugeutil qu'à m'interdire un jugement quelporle envie aux enfants trouvés et aux céliilâ ma seule conclusion, bien cordialement à vous.

Pau, 19 novembre eçu hier soir ta lettre du 15, ce que lu me losionde Brest est effrayant; on n'est donc iille part. J'ai écrit encore h Virginie. Si nous e bataille aux environs de Gien ou d'Orléans.

ia voie sera interceptée, les Prussiens iront certainement à Vierzon et probablement à Tours....

Quant à mon travail, tu sais que je n'ai jamais produit facilement, et certainement les circonstances ne sont pas de nature à rendre les idées plus coulantes. Cependant j'ai avancé mon livre. — Moi aussi, je sens que la jeunesse m'a quitté; l'entrain, la verve, l'espérance faiblissent; je voudrais du repos, ne plus vivre à Paris, être à la campagne à demeure en pays tranquille et dans une maison à moi... ne revenir que six semaines par an à Paris pour faire mon cours.

Pour la description de Pau et des environs, voir le Voyage aux Pyrénées. Singulière coïncidence qu'après quinze ans je me retrouve ici. — La ville est sur une colline, notre maison est à mi-côte, à droite sous nos fenêtres un grand parc, en face, par-dessus les maisons, les crêtes, les saillies, les cassures neigeuses des Pyrénées. Le soleil entre dès le matin dans ma chambre, et la vallée est verte, ombragée comme aux environs de Paris en septembre. — Mais pour moi le sentiment des maux publics est si vif que je ne senô plus véritablement le beau; je me dis seulement qu'en d'autres circonstances, j'aurais eu un vif plaisir devant toutes ces belles choses.

EBT SOREL

Pau, le 22 novembre 1870

lemaine au lit avec la fièvre; rie encore la chambre, et re rechercher que le Pelil iselte politique; j'ai raim et •t renseignements sérieux; TOUS rappeler votre promesse -là quelque journal anglais?

laux, mais je crois à ceux-là

e des renseignements sur >ur les causes de son rclard.

>on endroit m'alarme beau- 3 obscurités de ce genre ont an. Vous rappelez-vous les msolidés â 91 '/». Voilà un j'en voudrais de semblables

sortirai, le pays me paraîtra 1 y a vingt ans, mais j'élais trois mois comme les d erre que M. Delaroche et vous,

; demande aucune nouvelle,

•»-ÎV

aucune opinion personnelle ; tout cela me serait bien précieux, mais la discrétion est dans votre état.

Croyez, mon cher Monsieur, à mes sentiments les plus sympaliques et les plus dévoués pour vous et pour M. Delaroche.

Page 1