‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 17 sur 104 · RT SOREL · texte numérisé non relu

RT SOREL

Pau, 18 décembre

puisque vous voulez i le l'anglais, ne mettez récent en date ; cela

Dur avoir des impress ssentiel de savoir la vé nce ne sort qu'à vous f lent Irop, M. Gambetta que la sortie des Paris ans, la dernière lueur i las pris grande confia aous sommes sur la n et nous attendons su l>arre, qui sera la capil ■dy a fait une très bell« issiennes; on parle d'une out cela est vain. Le seul dénoncer la neutralité du de Bismarck se moque partenne, et qu'il est décidé à h prendre tfut ce qui lui

conviendra. Quant à l'état des armées allemandes, la Gazette de Cologne donne mi chiffre de 80000 tués et blessés ; mettez un chiffre égal pour les morts de maladie; reste 700 à 800000 hommes. Si ces chiffres sont exacts, ceux de M. B... sont bien loin de la vérité, et nous n'avons plus la moindre chance.

Je ne sais si le chagrin et la préoccupation incessante m'ont usé; mais j'essaie en vain de travailler; je ne puis plus écrire. Je vous félicite d'être jeune; c'est à votre génération de réparer tout; puissiez-vous y réussir, au moins à demi ! Vos parents du Havre sont encore en sûreté, et j'espère que l'âge et la profession non politique de M. votre père le mettront en tout cas à l'abri. Vous sortirez de la bagarre avec vos forces intactes. Si le gouvernement qui nous est réservé n'est pas trop antilibéral, je croisque notre devoir à tous sera de faire des articles, conférences, etc., instructives et désagréables, pour exposer et confesser publiquement nos fautes, pour montrer dans nos défauts la cause de nos revers, pour propager la connaissance des langues, de la tactique, des nations étrangères et de l'histoire, pour persuader aux gens qu'il faut travailler, obéir, vivre régulièrement, ne pas être exigeant en fait de bonheur; un notaire, un droguiste sont raillés et ridicules en France; on» leur préfère un amateur oisif. Croyez-vous qu'on puisse renverser celle préférence? Hélas! je n'ose le croire, et cependant pour que notre pays se relevât, il faudrait le renouveler.

Un seul journal de temps en temps, n'est-ce pas?

:, et mes remercieineiits n'en sont pas Bien cordialement à vous.

Pau. 17 décembre 1S70 é de me remettre au travail, mais sans iété et le chagrin ont émoussé ma verve; l'après-midi je sors, le soir nous jouons est tuer le temps. Tous les huit jours, chés d'ambassade m'envoient des jour- Is sont désolants: il est clair que nos ses nous mentent de toutes façons, par imission. Ainsi la bataille perdue sous lOÛté 7000 prisonniers. 11 me semble que qui juge de sang-froid, toute espérance mèe de h Loire ne peut délivrer Paris, t se délivrer lui-même, urs de neige et de Froid, nous avons eu us avons encore une température de juin.

si fort qu'il fait mal à la tête ; beaucoup ies parasols, Vers cinq heures, le créd et très humide, ce contraste exige des I at^ileus, collant ; on ne peut se proue sur la promenade ou dans les deux

allées du parc; le reste est un bourbier, ce pays n'est agréable que pour les gens en voilure....

Je suis las, et je ne sais pas si je retrouverai la force d'écrire.

A SA MERE

Pau, 25 décembiH; 1870

... C'est la première fois depuis bien longtemps qu'au 'jour de l'an, je ne serai pas avec vous. Qui nous eût dit, il y a six mois, qu'au 1'*" janvier nous serions à Pau? Nous aurions cru peut-être que quelqu'un de nous serait malade de la poitrine. —Et certes le climat est mauvais pour les poitrinaires; depuis trois jours, il neige de nouveau, et les promenades sont bien tristes ; nous ne sortons que par raison de santé, pour changer d'air.

Vous voyez que je n'avais pas tort de vous faire quitter Tours. Les Prussiens y ont jeté des obus; il y a eu des dégâts, des blessés, des morts*. Madame Libon s'est obstinée à y rester, malgré les supplications de son fils. En ce moment, nous n'avons aucune nouvelle d'elle.... Ajoutez que si Tours est occupé ou réoccupé par les Pnissiens, on ne pourra recevoir d'elle aucune lettre. — Mes pressentiments sur la durée de la guerre se sont trop vérifiés. D'après les renseignements de Madame Léon Say, qui reçoit beaucoup de lettres de Paris (son mari,

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