La nouvelle était erronée
2. La citadelle d'Amiens ne capitula que le 50 noyembre. La capitulaliou de La Fère est du 27.
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à M. Delarochi , je n'ose plus proposer ma plume à M. de Cbaudordy; elle est en ce momeDt tout à fait engourdie. Merci encore et ma bien cordiale poignée de main.
Pau, 3 décembre 1870 ... Rien de nouveau ici. J'ai renoncé à travailler, j'étais trop fatigué; le parc est sous nos renëlres; ordinairement le temps est doux; mais il y a des veines de froid pénibles, surtout lorsque le ciel est clair et que le soleil luit. — Je lis beaucoup de livres anglais que je loue au cabinet de lecture; j'ai commencé à recevoir les épreuves de la traduction anglaise de l'Intelligence; je suis obligé de faire venir de Bordeaux mon propre livre pour faire les corrections. — J'ai fait doux ou trois visites à M. Lebmann qui est à un quart de lieue d'ici, et une visite à M. Alfred Hachette, qui vit à Pau depuis huit ans. J'ai vu à la promenade Mme B... et ses filles. Mme B... et Mme de C-, enceinte, ont mis onze jours pour venir de Granviile ici. Que! voyage pour des femmes dans cet étal! — D'après notre conversation, M. B... à leur départ, était hors de lui, et elles sont fort inquiètes de sa santé. Frédéric Seillière, étant à Senones, a été arrêté par les Prussiens, ils ont manqué de le fusiller comme chef d'une compagnie de francstireurs; il avait beau donner toutes les preuves que
non, c'est
Mme Seilli
Bonnes iiumKues ue irocnu aujouranui', ii eemuie qu'il y ait des chances pour que d'Aurelles et lui puissent se rejoindra.
Pau, 8 décemlire 1870 ... Je regai'derais comme très imprudent un départ de Virginie pour Orsay; je ne crois pas qu'elle pourrait arriver; il faudrait des sauf-conduits. Même avec des sauf-conduils, je vois par les journaux anglais qu'il est extrêmement difficile de passer d'une ligne à la ligne ennemie, qu'on a mille retards, des frais énormes, des incommodités, des dangprs. Les correspondants des journaux anglais donnent là-dessus, et d'après leur propre expérience, les détails li'^ plus concluants. Comment Virginie veut-elle aller au Mans, centre de l'arjnée française, et de là traverser des corps prussiens et aller jusqu'à Montléry par Orléans ou jusqu'à Ver- Siiilles par Chartres? Cela est presque impossible à un homme et tout à fait impossible à une femme.
1. Le baron F. Seillièrs dirigeait la mauufaclui-e de Seuoues;it ne dut son salu' qu'il l'insistance qu'il mit h demander un prfitrc; aucun n'était pi'ésent, et on lui accorda un Eui'sis qui lui permit de démonirpr la fausseté de raccuaalion.
3. La sortie des Parisiens du 30 novembre, qui se termina par la bataille de Cbampigny.
Depuis quatre jours tout ici est blanc de neige; en outre dégel, on patauge dans une boue liquide. Mme B... est venue nous voir, ses grandes inquiétudes sont pour son mari qui est si ébranlé. H. de G..., à la Jonchère, a caché des farines; le village en vit, on fait du pain quand les Prussiens sont passés, sans quoi on mourrait de faim; ils ont volé tout, jusqu'aux jouets d'enfants. Mauvaises nouvelles sur la Loire*; notre armée a été battue et s*est retirée sur la rive gauche. Je ne crois pas que Paris puisse maintenant être débloqué.
Jusqu'où tiendra-t-il? Peut-être jusqu'au milieu de janvier. Si alors il capitule, et que larmée de la Loire soit dispersée, il est probable que Favre, Trochu, etc., stipuleront la convocation d'une Constituante et les Prussiens auront intérêt à l'accorder, afin d'avoir un traité légal. — Les chances en ce cas seraient de pouvoir rentrer vers le commencement de février. Tout ceci est pure conjecture.... Probablement M. Denuelle ou moi, un de nous partira en avant pour voir les éventualités. J'ai besoin d'être là pour faire mon cours. Au total, nous sommes toujours dans le noir absolu.
Je ne parle pas de mon chagrin. Je fais effort pour me tenir droit. J'espère pouvoir bientôt reprendre mon travail, mais que c'est difficile I Je me promène même dans la neige, par santé: je vais bien maintenant.
1 . 2 décembre, bataille dd Loigny : 4 décembre, évacuation d'Orléans.
H« TÂINB. — CORRESPONDANCE. 111.