‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 19 sur 104 · Les Notes iur F Angleterre · texte numérisé non relu

Les Notes iur F Angleterre

espace à occuper, le mauvais temps doit en tuer beaucoup. Je crois, d'après divers reoseignements, qu'ils ont dû perdre (maladie et combats) environ 200 000 hommes. Mais il en reste encore beaucoup trop, et mes espérances sont toujours bien petites.

Pau. H jaiiTier 1871 Je comprends vos inquiétudes en apprenant que le bombardement des forts a commencé', heureusement it semble jusqu'à présent que les boulets prussiens ne nous font pas beaucoup de mal et probablement Trochu va faire quelque grande sortie. — Il est clair que les Prussiens n'ont pas osé attendre davantage; ils veulent brusquer la capitulation de Paris, ils craignent nos armées de province. Autre preuve bien évidente, ils ap5>eHent les dernières réserves de leur Landwehr; ils ont évacué Dijon et quitté Langres; Bourhaki vient d'avoir un grand succès dans le Douhs', près de Belfort qui peut-être va être délivré. — Paris, ayant eu trois mois pour compléter et multiplier ses fortijicatioa| chance de résistera l'attaque ouverte, et si iTj Faidherbe continuent à avancer sur l'Est, il (jfi que les Prussiens, pour ne pas être coupé;^

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A SA MERE

Pau, 10 janvier 1871 dimanche n'est point arrivée, je suppose ou ce manque est un effet de la prise du

■mond, grtnd industriel Kaudols qui résidsit à

Mans*; les lettres doivent maintenant passer par Nantes et la Charente.

Chevrillon m'a écrit un mot le l**" janvier, très court, croyant à une sortie. Il n*avait pas reçu de dépêche de nous depuis le 8 novembre. Mon oncle Alexandre et tous nos parents de Paris étaient en ce moment en bonne santé.

C'est depuis ma dernière lettre que les forts sont caiionnés et la ville bombardée. Madame Say qui reçoit de son mari des lettres fréquentes et en outre une feuille pelure du Jowrna/ des Débats me dit: 1*» Que dans l'énumération détaillée des dégâts, on n'en cite aucun dans notre quartier. Le 11 janvier, M. Say a vu Renan aux DébatSy et il ne parait pas qu'il ait quitté son logement (rue Vaneau). 2<» Que la ville et les forts souffrent très peu. On a peine à empêcher les Parisiens d'aller voir les bombes tomber; une bombe non éclatée se vend vingt-cinq francs, un éclat d'obus vingt ou trente sous. — La sœur de Madame Lehmann est allée faire ses dévolions à Saint-Élienne-du-Mont, à Paris, sans plus s'inquiéter des bombes.

Je pense (et c'est l'opinion commune), que la guerre continuera même si Paris est pris. Il ne faut pas nous attendre à rentrer chez nous avant le printemps. — A Orsay, les choses vont passablement, sauf les vivres qui deviennent rares.

L'Angleterre est le meilleur moyen pour communi-

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