N. Paul Plsnat, ingénieur civil, frère d'Emile Planai
tout à fait SOUS leur main ; peut-être à force de misères et d'humiliations, finirons-nous par nous organiser, comme eux en 1813; peut-être à force de succès et de conquêtes, finiront-ils par avoir le sort de Napoléon I**. Je ne vois pas d'autres chances.
Il est vrai, la Vie parisienne restera un document d'histoire, et je crois que le recueil complété de tes articles fera un livre vrai et intéressant. — J'espère aussi que tu continueras le journal ; si quelqu'un peut rendre amusantes les choses sérieuses, c'est toi. — Mais notre grande faute c'est d'avoir voulu que tout fût amusant ; l'art et le talent de s'ennuver ont tait la force des Allemands ; ils ont pu accepter toutes les corvées, les besognes les plus longues et les plus monotones que personne chez nous ne voulait supporter. Par contre la guerre a mis à jour le mauvais et vilain côté de leur caractère que recouvrait une écorce de civilisation. L'animal germanique est au fond brutal, dur, despotique, barbare; et l'animal allemand est de plus économe et grapilleur. Tout cela vient d'apparaître à la lumière et lait horreur.
Je travaille, mais avec un effort énorme et sans avancer guère. — S'il faut recommencer tout, ma plume ne suffira pas à nourrir ma famille; au cas où la vie deviendrait impossible à Paris, j'ai pensé à chercher une place de professeur ou de conférencier en Suisse; mais j'ai 43 ans dans deux mois, et je n*ai plus que la volonté sans la verve.
Nous apprenons aujourd'hui que Gambelta se démet
H. TAISE. — CORRKSrONDANCE. III. 4
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et tout aux environs, les morts ont été enterrés à fleur de terre.
L*Assemblée est composée presque tout entière de modérés, beaucoup d'orléanistes, quelques légitimistes, pas mal de républicains couleur Cavaignac, quelques exagârés. — Elle ressemblera à celle de 4848 où était mon oncle*. A mon avis s'il y a paix, les chances sont pour une République modérée plus ou moins longue, qui fmira sans secousse par une monarchie constitutionnelle sous les Orléans. Les rouges sont discrédités à Paris, on a vu leur petit nombre. Le seul danger sera le mécontentement des soixante ou quatre-vingt mille gens du peuple, qu'on nourrissait gratuitement pendant le siège, et qui vont se trouver sans ouvrage et sans pain. Voudront-ils tenter de nouvelles journées de juin? En ce moment, la grande anxiété est de savoir quelles seront les propositions de la Prusse, et si elles seront acceptables. On compte sur l'influence des puissances pour les modérer.
A SA MERE
Pau, 26 février
Il faut attendre pour rentrer à Orsay la signature de la paix, qui me semble certaine ; les chevaux doivent