‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 21 sur 104 · Le décret sur les indlisibilitéi : Voir page · texte numérisé non relu

Le décret sur les indlisibilitéi : Voir page

personnes. Certainement cette défense d'entrer durera jusqu à la fin de l'armistice, peut-être jusqu'à la conclusion de la paix. Les Prussiens n'ont laissé les lettres partir de Paris qu'avant-hier. Les Parisiens arrivent ici, disent que les dégâts sur la rive gauche sont petits; ils ne parlent pas d'une seule maison effondrée.

Nous avons voté hier ici pour Paris ; nous sommes bien contents que Gambella ait cédé, cela nous évite pour le moment la guerre civile. — Mais personne ne peut dire si après le 19 nous aurons la paix, ou si la guerre continuera. Tout dépendra du degré d'exigence et d'énormité des propositions prussiennes.

Nous n'avons pas de parti pris au cas où la paix se ferait. Nous sommes très bien ici, la maison est grande, confortable; le jardin joli. Belle vue, le parc est en face. Peut être y laisserons-nous ces dames un ou deux mois de plus. M. Denuelle et moi nous retournerions à Paris pour nos affaires, et moi en outre pour mon cours.

A M. EMILE PLANAT (mARCELIN)

Pau, 7 février 1871

Mon cher Emile, j'ai reçu ta lettre qui m'a fort attristé; je n'imaginais pas que la maladie fût venue en surcroît chez vous; par malheur le capital le plus clair qui nous reste à tous, c'est notre santé et notre travail futur. Je suis rassuré à peu près sur mon frère Letorsay ;

mais depuis le 20 janvier je n'ai pas de Clievrillon, qui ce jour-là, sur ses deux b eu sepl tués ou blessés. Tu imagines noir — Aucune nouvelle de nos Erois logements mien, celui de ma mère, celui de mon t étaient au plus fort des bombes; quant à de Châtenay, nous ne savons pas s'il en re:

murs. — Mais toi, tu ne me dis rien de Pai journal. Les ballons ont dû t'en apporter d parle-moi de cela dans ta prochaine lettre Je finis mes Notes sur t Angleterre, j'y lacunes que le manque de livres m'erapêcnait ae combler. Je n'écrirai rien sur l'Allemagne; mon voyage a été subitement interrompu le lOjuillet, et les sentiments que nous éprouvons tous sont tels que je ne crois pas qu'un Français, d'ici à dix ans, veuille y voyager ou en Écrire. — Il est bien probable qu'à mon retour, je Ferai à Paris des articles politiques de fond, malgré ma répugnance et mon insuffîsance ; il faut mainlenanl que tout le monde metti; la main à l'œuvre; mais la parole est si peu de chose contre les institutions et le caracfëre national ! Enfin je ferai ce que je pourrai, malheureusement avec peu d'espoir; tu sais ce que je pense de noire pays, et cela depuis des annéds. — Pour moi i! est clair que les Allemands veulent faire de la France une Italie, comme l'Italie de l'Autriche entre 1815 et 1848, c'est-à-dire un pays envahissable à leur gré et

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