Blanqui (Louis-Auguste
4. Flourens (Gustave), né en 1838, tué à Chatou le 3 avril 1871.
CORÎtESPONDANCE I l'Assemblée ? — La conclusion visi ;U de son litre de capitale et la Ré - la droite de l'Assemblée vaimposej . une répression violente, uarante-liuit heures pour que la coi décide.
A MADAME H. TAINE
Paris, lundi 20 inar e s'est installée à l'Hôtel de Ville et — Elle convoque les électeurs de P es conseillers, administrateurs mui commune. — Us parlent d'un ton do oup l'Assemblée et !e Pouvoir eiéci ets précis sont inconnus. — Aucune 1 n'a été envoyée de Yei'sailles. Lit ns de voir, ne sait rien, ris, rien d'inusité ; nous venons d'à nt-Dcnis ; on circule et on cause, les I tes. La garde nationale et l'armée* < pied, et laissent faire. Anarchie Irai Les deux gouvernements ont l'ai de l'aulre; la Posie a reçu le consei
gtrateur des Paslea. Voir p. 5.
armée régulière, il ne s'agil que des soldai
ent Hdiles i la discipline, sauf Itussel.
dier YOf/icUl qui est depuis ce matia aux mains de l'émeute etporle ses proclamations. — Le gflchîs est parfait, c'est une dissolution spontanée de la France. La cause de )a situation présente et du succès des émeu- (îers (tous de l'Internationale), c'est la rancune extraordinaire des Parisiens ignorants et même éclairés contre Trochu, etc., qu'ils considèrent comme des traîtres; l'Assemblée nationale qui les renrerme, qui renchérit sur eux, et dont la majorité veut transporter la capitale ailleurs, leur est presque aussi odieuse. — Ils sont dégoûtés de leurs chefs et de tout chef. En ce moment, personne ne semble ici avoir une idée du pouvoir légitime, de l'obéissance ; le siège les a rendus fous. Cependant tous les journaux, moins le Rappel, le Patriote, et quelques autres ullrat, prêchent pour l'Assemblée.
Plusieurs personnes croient que ce gouvernement d'inconnus va se dissoudre dans le mépris. Hoi, je crois à l'emploi de la force, peut-être à une rentrée des Prussiens, aux vivres coupés à Paris, etc. ; c'est pourquoi nous nous en allons.
D'ailleurs, le sentiment de notre impuissance et de la déraiion générale nous désole.
Orsay, lundi SO, a
-Je suis arrivé depuis trois heur fort tranquille et presque sans lrac(
J'ai le cœur mort dans la poitrini je vis parmi des fous et que le gei
en route avec sa tri< mSme perdu le senti
l'état •
La gi
e diss
eepéi i papi
éTaci ris ju!
sens c te api d'hui, ts.— .
nal raiiiiuii^ïiii i cciicrouiuuunciii COI unie intde terro,oQne sent pluarien de solide, us rien prévoir, ni annoncer.
I triste et bien découragé ; je vois l'avenir ce qu'il y a de pis, c'est qu'on ce peutdeie cache sous ce noir. La bêtise inouïe de
on, qui avait canimandé un bastion pendant le avait reçu l'ordre de rejoindre, à Brest '~ ~ j début de la guerre.
la Garde nationale et la trahison de Tarmée nous mettent aux mains des gens du ruisseau.
Orsay^ 21 mars, le soir
Je crois que vous savez mieux que moi la situation politique; — aujourd'hui en revenant de Ghâtenay à la station de Berny, j*ai arrêté une voiture venant de Versailles, et dans le train j*ai causé avec des gens venant de Paris. L'Assemblée tient bon, elle a 50000 à 60000 hommes de troupes, les zouaves pontificaux. — Seineet-Oise est en état de siège. Les maires et députés de Paris sont pour elle. Elle déclare Furgence pour la loi sur les élections communales. Il y a des espérances d'arrangement. Beaucoup de gardes nationaux commencent à comprendre qu'ils font une sottise. — Cependant les barricades se multiplient dans Paris, et le désordre est parfait.
Les gardes nationaux jouent au bouchon ; plusieurs n'ont pas de pain, et font des quêtes pour acheter du saucisson et une goutte. Ils ont occupé les forts. — En somme, il est possible que, par dégoût et lassitude, ils laissent l'ordre se rétablir. Mais j'espère que l'Assemblée ne fera pas la folie de revenir à Paris; si elle y eût été, l'émeute l'eût prise comme dans une souricière, et tout était perdu.
70 COnnESPONDAKCB
J'arrive de Chétenay ; les Allemauds l'oi
f.es meubles ont été forcés; les livres d
tlièque el dans mon cabinet paraissent ■□
endésordre. Nous avonsouvert toutes lespo
de l'air; je fais acheter du
toutes les chambres. Lejardii
?s ordures : il a un homm(
al et un tombereau, ils vo:
les détritus. On me dit que
: employés dans les champs <
très peu de chevaux et d'hoi
. Chaienay se repeuple.
A MADAME H. TAINE
Pari
Paris et je vais retourner re écrasée par les Pmssiens ■ ciellemenl de la traiter en i î les journaux. L'émeute a a inoffensive', place VendAi nés. Elle prend des allures et va essayer de la Terreur, arthe' est partie avec ses don
Oruj, SI mars Je suis allé hier à Paris pour tâcher d'avoir des lires de vous. Orsay a quaraole-huit heures de relard ; service se fait par Palaiseau, Versailles et par piétons. C'est le désespoir dans l'âme qu'on lit les journaux : ce moment et qu'on voit Paris, lamais décomposiin sociale n'a été si manifesle. La majeure partie des irdes nationaux est, je crois, pour l'Assemblée ; mais itour de quel centre peuvent-ils se réunir? 11 y a ïut-étre cinquante mille casse-cou, socialistes, terrostes, gens sans aveu, déclassés de tous genres â ente sous par jour; soldats enrdli^s à quarante sous ec )a promesse d'uu grade, etc. Le sang a coulé, il lulera encore. Personne ne voit une issue; peut-être meilleure serait un décret de l'Assemblée convoquant s électeurs de Paris pour lilire la commission munipale, et les convoquant très vite, car les émeutiers de lôtel de Ville les convoquent pour dimanche. Le ^utre de Paris (Banque, Bourse, Saint-Germain-l'Auxeris) est occupé par les bataillons honnêtes, qui défen- •nt leurs mairies et empêchent les insurgés de s'en nparer. Mais ils sont en moindre nombre, et peuvent re enlevés d'un moment à l'autre. — Lullter le fou est )mmé commandant général de la garde nationale. Un 1 chef peut tout hasarder. Notre quarlier est le plus uanquille et sera, je crois, le moins exposé. Llbon est k Versailles; peut-être pourrez vous m'écrire par lui. Le chemin de fer vient et va quatre fois par jour do
73 GOnRESPONDAKCE
Paris à Orsay et. ae porte pas encore li devrait nous rendre le service de réta chemin de fer.
A H. ALEXANDRE DENIJEl
... H. Guillaume me répond que, sai ouinterdiclion, mon cours aura lieu le heures, que beaucoup de personnes o des caries, etc. Je ferai donc ma leçon aise ; vous comprenez pourquoi. — Si I tinuent, je reviendrai le soir à Orsa miens, mais ne leur dites rien de ci qu'il n'y ait rien à redouter j'aurais prit alarme.
La poste a ici quarante-huit heures puis vous rien dire des affaires. — Hie train à six heures, on craignait des vi taillons honnêtes autour de la Bourse s les insurgés. — S'il n'y a pas de coup dimanche, tant mieux; on se compte scrutin; il n'y aura qu'une minorité de de falsincation des chiffres. Le dan^ grand, le comité doit sentir qu'il joue
On a déjà enlevé de notre maison d.
tombereaux d'ordures; on continue, il y e deux.
Les Allemands avaient trouvé les clefs en forçant le tiroir de votre chambre. Je les y retrouve aujourd'hui et j'ouvre. Tout est presque intact, sauf mes vêtements qu'on a pris.
Je sors de chez l'adjoint Sinet. Des mesures sont prises. Depuis huit jours on travaille à nettoyer l'abattoir encombré, ordre d'enlever toutes les ordures déposées dans les rues pour le 31 mars. On a recouvert de terre épaisse les hommes et les chevaux enterrés çàetlà. Je conseille de semer dessus du gazon anglais avec terreau. — Ce soir, nous aurons du chlore. Les odeurs du village ont bien diminué et environ cent habitants sont rentrés. Cela irait plus vite sans les troubles de Paris, qui leur ôtent les conseils et la direction ordinaire venant de l'Hôtel de Ville.
A SA MERE
Orsay, 26 mars
La poste entre Paris et Orsay se fait par piétons, quoique le chemin de fer fonctionne, et elle met à cela quarante-huit heures.
Je viens de voir ici diverses personnes qui arrivent hier soir de Paris, et l'une d'elles qui avait causé ce matin avec un député ; M. Thiers ne compte pas sur la fidélité des troupes de Versailles, et, à cause de cela, il n'entreprend rien sur Paris. Il laisse Paris jeter sa
If
•Si tOIÎIIESPOSDASCE
Ibu^ue, se lasser comme Lyon il y a six mois. Ils ' mt qu'on reviendra ainsi au sens commun. Par :ur, les maires ont cédé hier au Comité des insurgés lelè aujourd'hui dimanche les habitants aux èlec- — Les noms proposés par les journaux rouges sont . Le danger est qu'un comité de Salut public, une ir ne s'établisse à Parie. Alors quelles seront les juences?
tout cas, par la scission, nous sommes toujours ■d de la guerre civile et du massacre. — Tout est , la Bourse est fermée.
uis ail h" Ghât ay, j'ai vu l'adjoint, ils trait à 1' n t on a enlevé sept tombereaux 1res d h m La maison du curé et celle de mi le p f B ot' sont ouvertes, abandonignoble nt d chenils vides.
A MADAME H. TAINE
DiiDanche soir. 30 niai-s, Qnaf I chagrin est si profond et mes prévisions sont si que j'aime mieuit ne pas en parler. Vous avez à supporter sans subir le contre-coup de mes ;s. Pourtant, puisque vous le voulez, voici le 1 acte; j'attends le troisième, une nouvelle inva-
u couiiUKE :;■
sion, un préfet prussien à Paris, et je sais des gens qui l'accepteraieDl, préréranl H. de Hoilke à MU. Lullier, Assi et compagnie. — Au 18 mars, l'Europe, après nous avoir raillés comme des éccnclés débiles, pouvait nous plaindre â cause de la grandeur de nos maux; maintenant elle a le droit de nous mépriser, et elle en use. Nu) sentiment du droit, une vanité exaspérée qui s'en prend aux chefs au lieu de s'en prendre â l'ennemi, Paris aussi fou et aussi vil qu'il a paru héroïque; je dis paru; l'opinion de X., que vous connaissez, est celle de mon oncle et des observateurs froids. 11 est dur de penser mal de sa patrie ; il me semble qu'il s'agit pour moi d'un proche parent, presque d'un père, d'une mère, et qu'après l'avoir jugé incapable, je suis obligé de le trouver grotesque, odieux, bas, absolument incorrigible, et destiné à la prison des malfaiteurs ou au cabanon des fous. — M. Thiers n'ose rien, ne comptant pas sur les troupes ; l'amiral Saisset ' et les maires out tout accordé; aujourd'hui les gens du ruisseau votent, sont nommés et triomphent ; si vous lisiez leurs journaux, la Nouvelle République, le Cri du Peuple, le Père Dachêne 1 L'Assemblée attend, laisse l'émeute sfogarsi, s'éventer à force de désordre et de lassitude. L'instrument de l'ordre, la force armée, est maintenant usé, èpointé ; c'est un retour k la barbarie et aux hasards des anarchies primitives.
i. SaUset (Jeui-Harie-Jogepb-ThiSodorcl, 1S10-1S70, avait été nomme rommAndaDt supérieur de la Garde Kationale, lu 3U mars, par H. Tliier».
Demain à huit heures, je pars pour jp.
un mol à celle lelire pour vous dire si j' . vides, ce qui est probable.
1 vingt-cinq personnes au coi lur avoir des nouvelles. Je m'i ut travailler et n'ayant pas de I crainte de vous inquiéter, je
A MADAME H. TAINE Pari ials, ils s'attendent à être sup]
proposent de transporter le s malin, les rouges couleur B
dix-sept arrondissements; les nciens adjoints; les journaux pellent Tirard' un réactionnai le la nouvelle municipalité. — .
it à la prëfecture da police et :
r. D'après mes entretiens avec en informées et dont l'une revii ;s et l'argent bonapartistes soni
l (Pieire-Emmanuel) député, puis ministre (1827-1893), 'aris, deuxième «rrondisseoient ; nommé membre de la le 26 mare, il donna sa démission et dut s'ciiruir li
LA COSIHUSE r.
lans. — Vingt petits faits que j'omets me prouvent assemblée de Versailles ne peut compter sur lej ;s qui la gardent. C'est tout au plus si elles la Iraient. Conduites à l'attaque, elles aononcenl js mettraient la crosse en l'air.
On D'estime pas que la domination du parti exalté I durer ici plus de trots semaines. Ils vont ëlre bien embarrassés le 51 pour les paiements du
Qu'est-ce qui les remplacera?... L'Assemblée, issiens ou Bonaparte?... Je suis dans un état conle désespoir sec et de colère muette pour qui parole ou écriture est une peine. Hier j'ai cru que
pourrais pas desserrer les lèvres pour faire mon . Je passe ici la journée, tant j'ai besoin de solitude
silence. N'ayez pas de crainte, le quartier est aille, les omnibus vont; le chemin de fer d'Orsay le dernier coupé, et demain malin je le repren- Une dame avec qui j'ai voyagé, ayant le château de ir à Biêvres, estime les dommages â cent cinquante
francs; on a pris tous ses tableaui, bijoux, coins d'art, panoplies, vins, linge, et coupé ses arbres lilliers.
A MADAME H. TAINE
iijours la même situation; nous sommes assis dans ue. Je viens du Journal, nous avons comparé nos
renseignements. cor yp liées nouveat Itanc*, Tolaiii', Ma d'autres encore.!
des ratùs, un ou sont là nos cliers.
ont 130000 voiï.
ci : « Les hommes aussi mal que pos!
prenons des in coi cule qu'avec cinq garde nationale, e million par jour.
giiats, ou des eont les agents de clian leadites conlribut d'être fusillé ; c'ea