‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 30 sur 104 · A MADAME II · texte numérisé non relu

A MADAME II

Orsay, lundi 5, S heures du soir

Me voici de retour à Orsay, après avoir fait ma leçon

à Paris; M. Flury-Ilérard revient de Versailles; j'ai vu

diverses personnes, voici le résumé de la journée d'aujourd'hui et de celle d'hier :

Un fort coup de lancette vient d'être donné dans l'abcès. Il n'y a pas eu de défection à Versailles ; à 4 heures aujourd'hui la ville était tranquille, joyeuse et applaudissait les marins qui rentraient. Toute la journée, le canon a grondé vers les hauteurs de Châtillon, à Clamart, et probablement vers le Petit-Bicêtre. Le mont Valérien, qui était à nous, a tiré sur la principale colonne des insurgés, l'a coupée en deux; la queue s'est enfuie en désordre vers Paris, la tête et la grosse moitié se sont trouvées entre le mont Valérien et Versailles ; à Paris et à Versailles on compte qu'en ce moment elle a mis bas les armes.

J'ai vu les quais, la rue de Rivoli, le boulevard Saint- Michel, d'autres ont vu Montmartre, Charonne, les Champs-Elysées. Partout des gardes nationaux par deux, par trois, quelques-uns portant plusieurs fusils, tous l'air déconfit, et la mine longue. De même sur la gauche du chemin de fer entre Sceaux-Ceinture et Bourg-la-Rcine; ils couraient à la débandade, et beaucoup de femmes avec eux ; ce sont leurs mégères qui les excitent. Une femme est montée en wagon ; elle était venue de Clamart où les boutiques étaient fermées. On se battait vers le moulin de Châtillon; selon elle les gardes nationaux fuyaient.

Vous aurez des nouvelles des journaux avant cette lettre ; cependant, je vous donne ces détails en manière de confirmation; je crois maintenant que Paris sera

Iques jours pour m'y établir.

e lettre de vous depuis trois jours; je sais que

élire n'est arrivée de Versailles, ni de Paris.

A MADAME H. TAINE

Hardi 4, Orsay

lettre de vous encore; elles sont arrêtées à restent à Versailles; écrivez-moi par Libon ou uestet ; pour moi, j'espère que mes lettres vous

le facteur part tous les matins pour Palaiseau, Mur Versailles.

ns de Cbâteuay où je ne m'établirai pas avant . jours. — 11 n'y a de poste ni là, ni à Sceaux. ir envoyé de Versailles stationne depuis quatre

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