Dambi'owsl tuÉ le 23 mai
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le temps de Tnire tous leurs préparatifs; ils ont toutes les munitions nécessaires, ils sentent que leur tête est en jeu, et le pillage des maisons riches entretient les appétits. — A vrai dire, on ne peut rien prévoir de la situation où nous serons dans un mois. — J'ai écrit à M. Vavin, â Versailles, pour avoir des renseignements autres que ceux des journaux. Je ue lis que le Gaulait.
A SA UËIIE
Tours, SO aTTÏI Nous resterons ici plus longtemps que je ne croyais. I.CS personnes qui viennent de Versailles et les lettres qui nous arrivent disent que l'insurrection ne sera pas de sitAt vaincue. Le gouvernement diiïère pour ne pas faire trop de ruines et faire couler trop de sang; contre 100000 hommes armés, tout à fait fous, et munis de toutes les ressources militaires entassées par le siège, il faudrait une bataille terrible dont le succès serait peut-être incertain. Les lettres de Libon à sa mère sont dans ce sens et fort tristes. — Je retournerais tout de suite à Châlenay, si les forts du Sud et les Haules- Bruyères étaient aux mains de nos troupes, mais en ce moment les bombes tombent sur Sceaux et Fontenay, Je travaille à la Bibliotbèque avec des livres qu'on me prête pour mon cours d'Oxford, je lis beaucoup et copie les textes nécessaires.
CORnESPOKDA^ÏCE
ici un aimable homme, un philologue *aris, M, lîracliet', qui a été le condis-
à la Flèche, et le peint comme ex- «reui. — Les avis venus de Versailles )ourra guère voir l'ordre rétabli avant
rit de Versailles que les dépêches de ncères, que nos troupes tiennent bien, Paris n'est qu'une affaire de temps, y. Lameire, â Paris, disant que les les Beaux- Arts sont suspendus.
Tours, 30 atril ntent que personne de notre famille ne is ; c'est un pandémonium ; la mère ;st ici, sortant de chez elle ces jours-ci >le, a été apostrophée dans la rue par \ bas les aristocrates en toilette; on tôt A bas. »
encore pour un mois ; j'espère que nos itrées d'ici là; mais la résistance contérieur de Paris, et que de ruines ! Je ignemeni précis ni particulier à vous
K.vr^
envoyer ; les lettres de M. Libon sont toujours fort sombres. Ce qui est sûr, c'est que les troupes sont nombreuses et bien disposées (cent cinquante mille hommes environ), que les dépêches de M. Thiers sont à peu près vraies. Je ne pense pas que les insurgés aient plus de quarante mille hommes disposés à se battre, les autres marchent par force ; mais leurs chefs sont des fanatiques, des étrangers cosmopolites, des coquins qui risquent tout pour faire la Jacquerie universelle. — Le Français, le Gaulois^ que lu lis, vous diront ce que Je sais. Nous sommes un peu inquiets pour nos appartements, que la Commune menace de faire occuper; nous avons écrit par Libon à M. Lameire pour installer chez nous au besoin les ouvriers de mon beau-père. Mais il faut avant tout se préparer, se résigner, et patienter.
J'ai préparé une bonne partie du cours d'Oxford ; la bibliothèque ioi m'a été très utile. Néanmoins ce n'est pas sans quelque appréhension que je vais professer en français devant des Anglais ; un auditoire inconnu et qui sait médiocrement la langue ne comprendra peutêtre pas très bien les nuances que j'aurai à lui indiquer.
Nous esquissons des projets vagues ; si les fortifications de Paris sont développées, si on bâtit un fort à Châtillon, Châtenay ne sera plus habitable. Nous pensons toujours à nous établir dans quelque province lointaine, près de la Suisse, pour vivre tranquilles, sauf à revenir quelques mois par an à Paris. Si je vis en
Suisse ou près de la Suisse, je pourrai faire un cours à Genève, en tout cas écrire chez moi.
Tours, 5 mai
Nous avons reçu aujourd'hui deux lettres de Châlenay
et de Paris : il y a douze gendarmes dans notre petite
maison de Châtenay, avec deux femmes de gendarmes
et douze chevaux.
Le jardinier dit qu'ils ont ordre de ne faire aucun dégSt; le village est une sorte de quartier général. — A Paris ordre à tous les locataires absents ou non de payer les contribulions de 1870 et 1871.
D'après une personne arrivant de Paris, il y a vingtcinq mille gardes nationaux décidés à tout et à se faire tuer. Rossel, le délégué de la guerre, est un bon officier, très capable et lout h fait enragé. Hais il y a encore de l'ordre dans Paris, il ne s'y fait pas de pillage, ni d'extorsions privées. — D'après les dépêches, voilà nos troupes niaitresses du Moulin-Sacquet, cela proniet bientôt la prise des Hautes-Bruyères qui est l'endroit d'où l'on peut mieux tirer sur Giâtenay. Il est possible qu'en ce cas j'y retourne tout de suite pour voir à I maison et tâcher de faire venir mes vêtements de Paris'