‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 37 sur 104 · Le commandant Uaurice Cadet de Vaui · texte numérisé non relu

Le commandant Uaurice Cadet de Vaui

2. Le gfnûi'al do Coursoii do Villeneuve cainmaiidait à Dluis. Le Tort d'Issf était tombé entre les mains des troupes régulières le

LA COUUttNB 111

l'ouverture a été reculée au 26; j'accepte parraitement la liste des jours et des heures que vous m'envoyez, du % mai au 9 juin.

Comme j'ai préparé sept leçonsau lieu de six, je pourrais en Taire une de plus le lundi 29 mai, si ce jour n'es; pas jour de fêle ou de vacaDCCS ; là-dessus, le comité décidera.

Je partirai plusieurs jours d'avance afin d'arriver au joui- dit : j'espère qu'en niisoD des circonstances, vos collègues et vous, vous voudrez bien excuser ces incertitudes et ces délais de correspondance. Quand il faut ramasser à droite et à gauche ses notes, ses liahils, ses papiers et jusqu'à ses renseignements de voyage, la situation est grotesque. Par malheur ce grotesque est un elTet du tragique.

Voire hospitalité est tout à fait anglaise, et c'est là le mol le plus fort que je puisse employer. Hais je ne voudrais pas en abuser, et je pense qu'un lodging de deux chambres serait préférable. J'irai donc chez vous au sortir du chemin de fer pour y demander l'adresse du If^ment que vous m'offrez de retenir pour inoi.

Je pense être à Londres le 20 ou le 'il. Si vous aviez quelque communication à me faire, je vous prierai de me l'envoyer chez M. Haye, 5, Hare Court, Temple, en indiquant sur l'adresse qu'il doit garder la lettre jusqu'à ce que je vienne ta prendre. M. Haye traduit en ce moment mon traité de ï Intelligence; j'irai le voir en arrivant.

Agréez encore une fois. Monsieur, les sentiments de

gratil suis 1

J'ai crois demi< visite un qt cause qui n lama

sontc à par âChâ sis se des 1 vous ardoi:

marci surp] i. K

LA COMMUNE i\3

grande praii le est haute de deux pieds, luxuriante de folle avoine ; tous les arbres sont verts ou en fleurs, Tair embaumé. — J'ai vu le général, ses officiers, le lieutenant de gendarmerie; j*ai été fort poli, ils ont été plus que courtois. — Vous aurez la maison quand il vous plaira; mais il faudrait les prévenir plusieurs jours à l'avance. J'ai dit (sans en être sûr), que vous reviendriez vers la un du mois ; ils espèrent être dans Paris avant ce moment ; ils peuvent recevoir un ordre d'un moment à l'autre, et décamper en une heure ; une fois l'enceinte forcée, il est probable qu'ils quitteront le village sur le champ. A Versailles, Renan et M. du Mesnil, chef de division de l'Instruction publique, disent que dans l'opinion des généraux l'enceinte sera forcée vers dimanche prochain. Aucun obus n'est tombé sur Châtenay, ils ne dépassent pas Sceaux et Robinson, la vie dans notre petit village paraît toute tranquille; l'air est si bon, la campagne à l'entour jusqu'à Massy a été si bien nettoyée et travaillée, que je me croyais reporté à l'an dernier.

Le général dit qu'il n'a connaissance d'aucun foyer d'infection nouveau, que depuis deux mois la commune a été très assainie, notamment par les soins du Conseil municipal qui a beaucoup dépensé, que ses hommes logés dans la maison Grelloii, où les Prussiens avaient rais leurs varioleux, se portent.parfaitement bien. Il est heureux que la gendarmerie et le général se soient logés chez nous, cela nous épargne un parc d'artillerie comme chez M. de Lafaulotte, etc. Les gendarmes et

U. TAIXE. -^ CORRESPONDANCE. III.

114 Cf

soldats sont soigneux, la main. — Chevaux darmes dans la petit chambre du cocher. ( nous. Un des officiers !

Priez M. Bracliet parlé de son inventioi Mesnil, qui, avec be; d'en prendre note en

Je mettrai cette letti je compte trouver un

turcs qui passent, mais qui n'en assurent pas ; si j'ai quelques faits intéressants, je prendrai un moment chez Libon pour vous les mander.

Hier, nous avons été alarmés par une terrible explosion lointaine, le bruit courait ce matin que c'était le fort de Vanves avec nos soldats; c'est une poudrière des insurgés du c6té du Trocadéro ; que doit devenir rh6-

1. H. ïoudiot, proresseur de physique au IjcJe de Tours, avait inTenté un système de miroirs pour oincentrer les rayons BOtaires, qui pouvait rendre de grands services en Afrique. H, Taine le mît en rapport acec H. Josepb Bertrand qui s'occupa

de son invention avec beaucoup de lèle; elle fut, croyons nous, eipériinentée en Egypte.

iélène'? Les obus iherbes; avez-vous

:>iirs-ci à M. Goumy

imedi procliain. et

estime qu'il n'y

irgés résolus et aux

•lil de l'été, et j'in- France conlempo-

sons au retour. Si compensera notre

ambord a été mau-

TersaiHes, 19 mai rs dans une demi-

la poudrière ave- ;ont elTondrées. Le

2. L« général Coninières de Nordeck; l'cncpinl« ne fut rorcé« que le 21.

3. Lettre du Comle de Cbambord k H. de Carayon Latour, 8 mai Wt.

11G CQltRESPONDANCE

Champ de Mars est jonché de balles. N ëlre toutes cassées.

L'opinion la plus autorisée est qu'on vers di manette. La place Vendôme sera mais Montmartre avec tous les fanatiqu (Hrangers (sept mille Anglais entre aul jiisiiu'au bout, et bombardera tous le:

ronnants.

(Voitures de toute espèce en quantité Juvisy pour Versailles, Cliâlenay, etc.)

Je suis arrivé ce malin après queii roue cassée prés de Marly et l'obligatio lieures assis près du cocher de la m taire.

Belle traversée calme, beau paysage lincs jusqu'à Londres. En voilure cinq qui se sont mises à parier aux cai puis 500, puis 1000; le tenant a e heure 5 ou 4000 francs. Façon superbi gagner-, on voit le flegme du tempérai nement du combattant; aussitôt après ils se son! mis â parler du paysage.

Ici en ce moment, il y a Ëxposili

guerre tout est plein. — Courses aujourd'hui chez M. Haye, chez le dean Stanley*, chez lord Houghton', chez M. GrantDuff', chez M. Arthur Russel^. Personne, j'ai laissé des cartes. J ai vu Reeve, mon éditeur; V Intelligence traduite paraîtra le mois prochain.

Vous pensez bien qu'à Londres, j*ai le spleen, c'est de la couleur locale. J'ai les mêmes impressions qu'autrefois : œuvre colossale, richesse énorme, pauvres en haillons, pieds nus avec de petits tortillons de papier autour des doigts malades, tones ignobles derrière les rues somptueuses; grands arbres et verdure délicieuse, à côté, dans les rues, une atmosphère de fog imprégnée de suie qui vous prend au nez et à la gorge ; tout cela n'étant plus nouveau pour moi, n'est plus instructif, ni partant intéressant. Je suis las, je souhaite passionnément vivre en repos, dans l'intimité, avec des livres. — Vous imaginez qu'une visite à Londres n'est pas faite pour satisfaire ces inclinations. J'ai passé une heure et demie dans un coin reculé de Saint-James Park sur deux chaises. Je ne me promets qu'un seul plaisir qui sera bien peu coûteux et très simple, c'est de ne pas voir l'Exposition; dans l'état où je suis, tout charivari est odieux ; en échange, j'irai peut-être passer deux heures demain devant les trente tableaux deh National Gallery,

Page 1