‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 42 sur 104 · rénéirtnt et subtil · texte numérisé non relu

rénéirtnt et subtil

LA COMMUNE i29

pétrole! Que pourra-t-on sauver de pareilles flammes? Jamais les Prussiens n*en auraient fait autant. — Ces brigands qui s'attaquent aux monuments, aux chefsd'œuvre, se mettent en dehors de l'humanité. — Les journaux anglais disent qu'ils ne demandent pas quartier, qu'on ne leur en fait pas, que les troupes et les officiers les tuent et les fusillent par vingfaine, qu'on amène à Versailles des escouades de femmes armées auxquelles on est obligé de mettre les menottes. — J'ai le cœur navré, je n'ai de courage à rien, je ne puis prendre aujourd'hui sur moi de faire des visites.

J'étais à la Bibliothèque de l'Université quand le bibliothécaire m'a appris cela et m'a montré les journaux. — En présence de ces folies et de ces misères, on traite un Français avec une sorte de sympathie compatissante. — J'ai vu la salle où je parlerai, elle ne tient guère que cent cinquante personnes. — Je viens d'assister à une leçon du professeur de poésie, M. Doyle, sur Massinger, Beaumont et Fletcher. Environ cinquante personnes, dont les deux tiers de dames. Il lit, et froidement, d'un ton monotone, et, ce semble, peu distinctement. L'épreuve, je crois, sera moins redoutable que je n'imaginais.

Nous avons tous ces jours-ci un temps très chaud et très lourd. Aujourd'hui pluie continuelle, et toujours pailout l'odeur de suie. Je devrai tâcher de voir enfin le vice-chancelier que j'ai manqué deux fois hier, mais ces horribles événements de Paris me rendent muet aujourd'hui.

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J'ai travaillé jusqu'à une heure et demie â ma leçon de demain, qui est presque prête.

Oiford, vendredi 26 mai Je crois que ma leçon a bien réussi, on me l'a dit du moins; je n'en suis pas mécontent, la salle était pleine. M. Van Laun, traducteur de l'Histoire de la littérature anglaise, est arrivé ce malin pour me voir. Il m'a apporté la première moitié de l'ouvrage imprimé, le tout paraîtra en Octobre, il. Max Mûlier m'a conduit faire des visites; je dîne citez lui dimanclie. Le lendemain, je déjeune â neuf heures et demie chez M. Sackville Bussel, neveu de H. Artliur Russel, fils aîné de son frère et héritier du duché de Bedford. C'est un étudiant bien élevé, aimable et digne. — Us ont ici, outre le canotage, l'exercice de volontaires et tous les jeux athlétiques, des Debating Societie$, comme la conférence Mole, où l'on se prépare aux affaires publiques en discutant toutes les questions politiques. Je vais tâcher de faire causer ces étudiants.

Visite chez M. Pattison', dean de Lincoln Collège, soixante ans, quelque cliose de perçant, tranchant, et même aigre; toute jeune femme, charmante, gracieuse,

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