L'esprit conducteur
2. Freeman (Edouard-Auguste), 1823-1892. The Hislory of the roman Conquçsl, fut terminé seulement en 187G.
A MADAME II. TAINE
Oxfordi lundi 5 juin
Aujourd'hui quatrième leçon, passable. Les dames sont toujours en majorité. — Un des curateurs m*a aborde me disant qu*on allait me décerner le titre honorifique de docteur en droit civil ; la cérémonie sera probablement pour jeudi.
Hier, dîner à Chrisl-Church. Figurez-vous une salle à manger haute de soixante pieds, une vraie nef d'église,, avec grandes fenêtres gothiques à vitraux, plafond en vieilles poutres du temps de Henri Yllf, longues rangées de portraits (mauvais, sauf un Gainsborough) ; les étudiants mangeaient autour de nous. — Je venais de les voir sortir de la chapelle, qui est une grande église, nouvellement restaurée et bien, en surplis blanc, c'est l'uniforme du dimanche. Très bonne musique noble et grave; c'est à la sortie, en voyant les chasubles et surpHs de tous les professeurs, tuteurs, recteurs, étudiants, etc., qu'on comprend le caractère profondément ecclésiastique de toute cette Université. Conversation à table avec un clergyman, puseyiste, très doux, poli, intelligent.
Le soir, soirée chez M. X. Il a eu les honneurs autrefois en mathématiques et en littérature. W a une grande maison à lui dans le nouveau quartier, avec petit jardin vert, quatre enfants, cinq bonnes; très occupé d'oeuvres locales et de bienfaisance. Sa femme, petite, mi-
NE liO
vingt ans. Selon eux ut cents livres par an, un deui bonnes peut vivre e de petits voyages aux r le continent au loin.
I par an — une maison livres sterling de loyer
Ime PattisOR. Je la crois beaux-arts de notre Rcphies, des catalogues de ' le côté solide et positif hui j'ai eu bien de la les finesses de Racine.
OiTord, juin lor in civil Laws hononeur, le plus grand que udi donc, je devrai en- Tun discours lafin.
I de demain ; visites hier ujourd'hui. J'ai eu quelquînze ans, miss X., si pieds énormes. MMrs Y.
^ yST leurs éludes. — Tou-
iSe COrtllESFOHDASCE
jours de nombreuses familles. M. K. a quatre sœurs et un frère et déjà quatre, enfants. Chez M- B., trois ou quatre petits enfants, oulre les grands. Il n'a pas de fortune, il est tulor, il vil de ses écrits et de ses leçons, et il a la plus charmante maison confortable, neuve, gothique, à portail italien xiv= siècle, jardin vert à l'entour. C'est toujours le système de travailler beaucoup et de manger tout au jour le jour. Il a vécu quelques années avec sa femme aux colonies, dans une place du gouvernement. Très belles gravures partout, et aquarelle truculente, verte, jaune et rouge cru l'un sur l'autre, faisant mal à l'œil. Du feu partout, il y en a dans toutes les salles de l'Uinon Club où je vous écris. Travaillé deux heures à la Bodleian Librai7. Dans les intervalles j'erre à travers l'arcliiteclure et les verdures. , Ils bâtissent et plantent à nouveau, outre qu'ils conservent l'ancien. Ainsi Keble collège (du nom de Keble, auteur d'hymnes religieux, 58" édition), et l'University Muséum, énorme bâtiment tout récent, gothique, en briques rouges, à toils aigus, avec petits bâtiments coiffûs d'éleignoirs désagréables, tous les toits en tuiles, alternativement rougeâtres et bleuâtres, de l'elTet le plus faux. — M. Ruakin, le savant esthéticien qui est professeur ici, a dirigé la construction de l'University Muséum ; ses livres valent mieux que ses bâtisses. Mais le nouveau parc avec ses lointains verts, ses collines perdues dans un brouillard bleuâtre, sera charmant dans cent ans. Rien n'est plus noble que de penser à l'avenir comme on fait ici.
LA GOMMimE 151
M. Max Mùller revient; son beau-père a été renversé de voiture, a craché le sang et n*a pas survécu. Je ne dois plus aller le visiter, ce serait indiscret. L'an prochain, le cours au Taylor Institute sera en allemand ou en italien. Quant à son sanscrit, il y a une douzaine d*^élèves; mais nul ne persévère et ne devient savant; ceux qui le pourraient peut-être, futurs clergymen ou canons, entrent tout de suite dans la vie pratique, s'occupent des pauvres, sont membres de comités, d'associations, etc. — Aucun moyen de créer ici une race de vrais et patients philologues.
A MADAME H. TAINE
Oxford, 8 juin
Hier soir dîner chez un fellow d'Exeter Collège, M. Bywater*, avec trois ou quatre de ses amis, tous parfaitement aimables et sensés, lui encore plus que les autres. Que de gens instruits et sympathiques ici I Très modeste de plus, et spécial sur la philosophie grecque, a retrouvé dans Jamblique des fragments de dialogues d'Aristote. — Intérieur charmant, donnant sur des jardins et de Tarchitecture ; admirables photographies et estampes; j'en ai admiré deux d'après Tintoret, il m'en a apporté les doubles ce matin. J'ai pris une adresse à