M. Albert Sorel, de l'Académie française
3. J.-B. Alexandre-Damaze, comte de Chaudordy, ambassadeur de France (1826-1899).
services. C'est ainsi qu'il écrivit deux grands articles destinés aux journaux anglais ; il s'agissait de présenter aux étrangers, alors si sévères pour nos fautes et nos revers, un certain nombre d'idées qui permissent de leur faire comprendre le point de vue de notre diplomatie. Ces articles, dont le canevas était fourni par la Délégation, furent traduits à Tours, sous les yeux mêmes de M. Taine ; ils ont depuis été recueillis en volumes*. Il écrivit, également à la requête de M. de Chaudordy, une ou deux proclamations destinées à être traduites en allemand et distribuées, ou lancées par des ballons, aux soldats de l'armée prussienne* : elles ont été publiées dans divers journaux français et allemands, mais nous ne croyons pas qu'on ait usé d'autres moyens de diffusion. Pendant ces semaine» troublées, M. Taine avait la triste satisfaction d'être au centre des informations ; il se rappela toujours certaines scènes dont il fut alors témoin, par exemple M. Crémieux présentant le général Uhrich au peuple, le 2 octobre, à une fenêtre de l'Archevêché', et près d'eux, le fin profil du cardinal Guibert à l'attitude réservée, résignée et bienveillante, qui se tenait modestement en arriére dans son propre logis; plus tard Gambetta, sur un balcon de la Préfecture, proclamant la victoire de Coulmiers; le jeune tribun, si fier, si éloquent, si confiant dans le succès final, infusait à ses auditeurs son ardeur et ses espérances; bien d'autres fois encore, on revit Gambetta sur ce même balcon, annonçant des bulletins de victoire que le triste réveil du lendemain venait démentir.
Il put, à cette époque et pendant les mois qui suivirent, grâce à l'amitié de M. Le Libon, rendre de grands services
1. LOiniiion CH Allemagne et les conditions de la Paix, — L'inlei-vention des Neutres. Recueillis dans les Derniers Essais de Critique et d'Histoire^ édition dérmilive.