A M. TH. BIBOT
Paris, H janvier 1873 sieur,
! la théorie de Spencer' sur le choc u (les PriiieîpUi of PtychoUigij.
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nerveux, 149 à 157. C*est trait pour trait ce que j'ai écrit dans V Intelligence , I, p. 202 à 219*. 1<» 11 emploie comme moi Texemple des sensations de son. — 2° Il s*appuie comme moi sur l'explication du timbre par Helmholtz. — 5^ Il conclut, comme je l'ai fait p. 278, que probablement les sensations des divers sens sont des combinaisons différentes de la même sensation élémentaire. — 4** Il appuie cette conclusion (p. 154) sur la raison que j'ai alléguée (p. 279) . — 5<» Il emploie la même comparaison chimique que moi. (Spencer, 155-^ — De V Intelligence y p. 203).
Ce n'est pas moi qui l'ai suivi, car rien de tout cela ne se trouvait dans la première édition de sa psychologie.
Restent deux hypothèses sur lesquelles je vous prié de m'éclairer.
Ou bien (ce qui me semble peu probable, vu la ressemblance trop grande), il est arrivé à cette théorie (celle du choc nerveux) d'une façon indépendante. A-t-il en effet, comme sa seconde préface semble l'indiquer, publié le fascicule qui contient cette théorie avant le l*''^ mars 1870? Et son livre actuel ne fait-il que réimprimer ce fascicule? Ou bien a-t-il emprunté sa théorie à Y Intelligence^
Il dit dans sa seconde préface que V Intelligence « a fait connaître en France quelques-unes de ses maîtresses conceptions ». Cela est inexact. Ceux à qui j'ai em-
\. V* édition,' in-8»
APRÈS LA GUERRE an
prunté sont John Stiiart Mill et Raiii (Induction, seusatibn musculaire donnant l'idée de l'élendue), d jo les ai cités tout au long. Je n'ai emprunté à Spencer qu'une phrase (IF, 137) sur les sensations musculaires de l'œil considérées comme symboles des sensations musculaires des membres locomoteurs.
Je trouve dans cette seconde édition si remaniée de sa psycliologie des ressemblances nombreuses avec la mienne, par exemple tout ce qu'il dit des phénomènes cérébraux qui sont des mouvements par « leur face objective », et des sensations, idées, etc., b par leur face subjective ». C'est la conclusion et, presque littéralement, la formule que j'ai donnée, I, 365.
Pardonnez-moi ces revendications; je me suis aperçu en lisant les Revues anglaises que l'on faisait de mon livre une simple imitation, une transcription française des théories anglaises. — M.Stuart Mill, dans un article de juin 1870, a bien voulu reconnaître que mon travail était entièrement original, et, à mon sens, cela se voit par la méthode employée, par les théories de détail et par les théories d'ensemble.
Par exemple, je diffère absolument de Spencer sur le fond des choses, je ne crois point du tout qu'il soit inconnaissable; surtout je n'admets point que le fond de l'esprit soit inconnaissable. — J'aboutis à croire que les seules i-éalités de la nature sont, non pas des puissances comme il le dit, mais des événements, sensations et mouvements, les puissances n'étant que la possibilité ou la nécessité de ces événemi^nts. — La théorie la plus
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voisine de la mienne est celle dlléraclite et de Hegel; dès mes premiers écrits en philosophie, j*ai pris pour adversaires les entités qu*on nomme force et substance.
De môme pour Bain. Bien loin de croire que la faculté primordiale et élémentaire de Tesprit soit la perception des différences et des ressemblances, je pense qu'il n'y a là qu'un effet.
Croyez-moi, cher Monsiem% tout à vous et si jamais vous avez un après-midi à perdre, donnez-le-moi pour une conversation philosophique.