A M. MAX MULL
Monsieur, J'ai reçu V Introduction to the Si i. Voir pageStî.
m correspû:<dakce
je viens de recevoii' les Lectures on Darwin's Philolophy ofLanguage. Je vous prie d'^grèer tous mes remerctements. Le second surtout m'a extrËinemcnl frappé ; je ne parle pas seulement de la clorlé admiral)le, de l'art exquis avec lequel vous conduisez les simples a laïques i vers les questions et solutions les plus élevées, mais des solutions elles-mêmes, et notamment de celle qui fait le sujet de la dernière lecture (passage des interjections et sons imitatifs aux racines); pouruu esprit vraiment curieux, elle est un service, et je vous en remercie comme d'un service personnel. Il me semble qu'elle devrait être insérée dans vos Lectures on the Science of Language, qui, sans cela, restent incomplètes, et qui, avec cette addition, feront l'ensemble le plus harmonieux.
Puisque vousm'avez fait l'honneur d'accepter l'/n/efligence, vous savez que mon opinion sur l'esprit humain et sur la philosophie de Kant diffère de la vôtre' et se rapproche de celles de MM. Bain et Stuart Mill. A mon sens, il n'y a point de jugements syntliétiques « priori: ceux que Kant appelle de ce nom sont des jugements analytiques déguisés; je les ai pris un à un, pour mon- ; sont analytiques. Comme selon lui, c'est là le principal de la connaissance, vous voyez à quel
se du professeur Nat Hiiller : i In most parts I agrée t scems to me that Kant's sysLem is much stronger admission nf (he possibilité of synthelic judgmenls a admission of the reatily of sucti judginenls scems lo 'ailict Kant's own piinciplcs quite as much as Ibc adthe reaiit) of Ihe Diiig in aich, clc... •
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point mes conclusions doivent s'écarter des siennes. Quant à votre théorie sur Tinséparabilité des mois et des concepts généraux, sur l'impossibilité de penser sans des noms mentalement entendus ou prononcés, ou écrits, je l'admets tout à fait, et même, dans le premier Livre de Y Intelligence, j'ai essayé d'en donner la raison : la raison en est que ce que nous appelons des idées, concepts, notions générales, ne sont que des signes, chacun de ces signes ayant la propriété d'évoquer en nous la représentation sensible plus ou moins expresse des individus de telle classe, et seulement des individus de cette classe, et en outre la propriété d'être évoqués en nous par la perception ou représentation des individus de cette classe, et seulement de cette classe. J'admets aussi comme vous que l'aptitude à former et employer ces concepts et noms généraux, est la caractéristique de l'homme, et je suis charmé de voir qu'ici la linguistique conduit aux mêmes résultats que la psychologie. Mais je n'oserais pas tirer de là contre Darwin les mêmes conclusions que vous, car cette habitude caractéristique et supérieure a pour condition, comme toutes les autres facultés mentales, la structure de l'encéphale; les naturalistes peuvent même, dès à présent, préciser cette condition ; elle consiste en un développement plus grand des hémisphères cérébraux, surtout de l'écorce grise; j'ai expliqué, je crois, l'utilité de ce développement qui augmente le nombre des répétiteurs des centres sensilifs (I, 329 et 350). Si les hémisphères cérébraux d'un singe se développaient de
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manière à se rapprocher tout à fait des nôtres, le singe parlerait et aurait comme nous des conceptions générales. Si le cerveau de Fidiot microcéphale ne s'arrêtait pas dans son évolution, l'idiot ne serait pas ce qu'il est, c'est-à-dire une brute, un crélin incapable de langage. Si le cerveau de tel manœuvre, lourd et borné, devenait semblable à celui de Gauss, le manœuvre deviendrait mathématicien précoce, comme Henri Mondeux ou le jeune Colbaru. A mon sens, la différence entre l'animal et l'homme, entre l'idiot microcéphale et l'homme ordinaire, entre l'homme borné et un homme de génie comme Darwin, Eugène Burnouf, Gœthe, Newton, est la même; on peut à volonté la dire franchissable ou infranchissable ; elle est infranchissable si on leur laisse les cerveaux qu'ils ont; ni l'animal, ni l'idiot avec leur cerveau insuffisant n'apprendront à parler, à concevoir des choses générales ; l'homme ordinaire, tel paysan, soldat, manœuvre de vingt ans et de facultés médiocres, ne parviendra jamais, quelque effort qu'il fasse, quelques maîtres qu'on lui donne, à comprendre le Prologue dans le Ciel du Faust, ou les Principes de Newton . Mais si l'on considère l'encéphale et le système nerveux en général, on ne pourra plus dire que la distance est infranchissable ; car il est trop clair que si ron admettes divers types cérébraux et nerveux des animaux comme des diversités du même type, le type du cerveau humain ne diffère de celui du singe que par des nuances, et beaucoup moins que le type cérébral du singe ne diffère du type cérébral de l'oiseau ou du poisson.
APnËS LA GUERRE
Je TOUS demande la permission, Honsici
duire et de citer dans la prochaine édition i
gence les sept ou huit dernières pages de
sième lecture ; c'est uu trésor à emprunter.
Agréez, je vous en prie, avec mon souvenii cal de toutes vos obligeances à Oxford, l'as mon parfait dévouement.
A U. TH. FIBOT
Qiâtcnoï, e Monsieur,
Je n'ai pas voulu vous répondre avant d'av( livre'; c'était pour vous remercier deux fois, naissais voire méthode et votre esprit. Aci plus vives félicitations; je conçois que la Fac embarrassée; en effet, j'ai vu par le compte i Revue de H. Germer-BailUëre qu'on ne voi compris; à cet égard, l'auteur de l'article môme rang que vos juges. Tel est le sort de idées nouvelles, elles nlentrent pas dans i déjà occupé.
J'avais lu M. Prosper Lucas* ; autant qu( juger, vous avez complètement raison de qu'une force, l'iièrédilé, et de réduire l'in perturbations.
Si j^avais un dissentiment à indiquer, il ne porterait guère que sur votre approbation presque absolue de toutes les idées de M. Herbert Spencer; j'apprends par M. Germer-Baillière que vous traduisez ses Principe» de Biologie; tant mieux; c'est son chef-d'œuvre. — Mais ses Principles of Psychology et ses First Prlnciples sentent beaucoup trop, à mon avis, le métaphysicien ; il est jusqu'au cou dans l'hypothèse, expliquant toujours, non pas comment, en fait, les choses se font, mais comment il est possible qu'elles se fassent. Rien de plus intéressant, de plus ingénieux que sa théorie de l'Evolution universelle et l'emploi qu'il y fait des « différentiations d sans cesse et nécessairement surajoutées, superposées l'une sur l'autre. Mais pour moi, il y a là une nuance de roman comme lorsque je lis Hegel ou Schopenhauer; Darwin va jusqu'à la dernière limite acceptable; au delà, par exemple quand c'est Haeckel qui parle, je m'arrête, je sens le sol chanceler, je n'ose plus suivre. Même impression si, après les affirmations d'Herbert Spencer, je regarde ses négations. Par exemple, page 101, vous adoptez sa théorie de l'Inconnaissable. Il s'agit de s'entendre sur ce mot connaître. Si, comme j'ai tâché de le montrer, la pensée, sous toutes ses formes, est un composé de sensations ou de ces répétitions de .la sensation que l'on nomme images, elle est parfaitement connaissable,ence sens que nous pouvons marquer le groupe de caractères fixes qui la distingue de toute autre chose. Si, comme j'ai essayé aussi de le montrer, la sensation ordinaire dont nous avons conscience est un
APRÈS LA GUERRE composé de sensations ëléiiienlaires, el même, etc., elle est connaissable, en ce pouvons indiquer ses éléments et les éli éléments. Si enfin, compie j'ai tâché de bable, ces sensations élémentaires doive réduire en simples mouvements moléculai les derniers éléments de la sensation s< puisqu'un mouvement lui-mâme n'est qi mouvements, de même qu'une quantité somme de quantités. Vous me direz que est inconnaissable; non pas, puisque nous équations et que nous pouvons en proui propriétés.
Tout ceci n'atteint en rien l'eicellence de votre livre. Je suis heureux d'appren faites des études physiologiques; rien de psychologie : à votre âge et avec votre pré[ nir qui vous est ouvert de ce côté est trè sonne. Monsieur, ne vous y suivra avec i plus vive et une espérance plus large q dévoué et tràs obligé.