décembre 1875; non recueilli
3. Le 1" chapitre, la Structure de la société^ dans l'iiiver de 1874 et le 3% l'Esprii et la Doctrine, en 1873.
prv^^
I/ASCIEN BÉGIME Wà
la même cordialité qu'à Nsples', rencontra dans la sociélé genevoise la plus cordiale sympathie ; il ; vit notamment UH. Ernest Naville, Alphonse de Candollc, Hornung, Gautier, Blonde! de Marignac, Antoine Cartcret, Karl Vogt ; il y rencontra pour la première fois M. Hyacinthe Loyson', qui cherchait à celte époque à implanter à Génère, dans un terrain que beaucoup considéraient comme particulièrement Tavoralile, le culte vieux catholique. On sait que celle tentative échoua.
La première édition de r,4ncren régime parut en librairie le 9 décembre 1875.
CliâtenAy, 12 juillet 1873
Monsieur,
J'ai vu les personnes que vous m'indiquez et avec la
nuance que vous avez bien voulu me marquer. Elles
m'ont paru fort bienveillantes, et je dois sans doute à
votre appui une partie de leur aimable accueil.
Il va sans dire que, pour le fauteuil à occuper, je suivrai vos directions et celles de l'Académie. Néanmoins, permettez-moi de vous rappeler que, lorsque
t. Voir tome II. p. 381.
2. SI. Charles Loyson [le père llyaciiilhe), avait été élu en février <S75. curé de Genève, au moment nème du bannissement de Mgr Mermillod, ïieaire aposlolique et ancien curé à Genève. H résigna de lui-même sa cure l'année suivante, en présence des LS religieuses du canlon de Genève.
j'ai eu l'honneur de vous voir, il s'agissait de celui de M. Saint-Marc Girardin; j'ai été son élève; il a protégé mes débuts aux Débats^ et corrigé mon premier article (sur Saint-Simon) ; j'y ai été vingt ans son collègue ; je l'ai beaucoup connu personnellement; ma famille est liée presque intimement à la sienne, et pour ce qui est des opinions philosophiques, c'est de lui que je suis le plus voisin, ou si vous préférez ce mot, le moins éloigné. — Au contraire, j'ai vu M. Yitet deux fois dans ma vie, et la ferveur finale de sa croyance catholique appelle, si je ne me trompe, un panégyriste qui soit de la même opinion; ceci n'est pas pour lui marchander le respect et l'admiration que commandent son talent et son caractère: à cet égard tout le monde est unanime; mais il y a là une question de convenance académique que je dois remettre à votre jugement. Quoi qu'il en soit, si, grâce à vous, je réussis, M. Vitet et M. Saint-Marc Girardin sont deux hommes dont il est agréable de faire l'éloge; seulement, pour M. Saint-Marc Girardin, j'ai les matériaux sans consulter personne; pour M. Vitet, je serai obligé de vous les demander.
Vous êtes mille fois bon de souhaiter que Châtenay soit plus près du Val Richer; pour moi, j'en aurais grand besoin, surtout à présent. J'ai achevé presque toutes mes lectures sur la Révolution française; je serais bien heureux d'en soumettre les conclusions à un politique qui a pratiqué. Ce qu'il y a de plus étonnant, à mon sens, c'est l'idée qu'on se faisait alors de l'homme et de la société ; elle est d'une fausseté prodigieuse, et
L'A>"CIEN RÉGIÎIE 2i7
ait désaccord avec ce qu'enseignaient les ils du lemps, Voila ire, Montesquieu, et que l'homme en sol, l'homme abstrait, tif et naturel est essentiellement bon et table; là-dessus on fabrique une idylle.
le conclusion passe pour être une conaé- ;use de la philosophie du xviii' siècle; ; puis dire, c'est que la raison, même nent laïque, ne l'accepte pas. Du moins qu'elle est précise et solide, cesse d'être :, et même devient antirévolulionnaire.
ms montre que l'homme a des canines ; de réveiller en lui l'instinct carnassier et ^hologie nous montre que la raison, dans ur supports les mots et les Images; preprovoqueren lui l'halluciné et le fou.
litique nous montre qu'il y a toujours entre la population et les subsistances; n'oublions jamais que, même pendant la prospérité et la paix, le slruggle for life persiste, et prenons garde de l'exaspérer en augmentant les défiances réciproques des concurrents. L'histoire montre que les Élats, les gouvernements, les religions, les églises, toutes les grandes institutions sont les seuls moyens par lesquels l'homme animal et sauvage acquiert sa petite part de raison et de justice; prenons garde de détruire la fleur en tranchant la racine. Bref il me semble que la science laïque conduit à l'esprit de prudence et de conservation, non à l'esprit de révolution et de renversement ; il lui suffit pour
" mM
cela de nous faire voir la complication et la délicatesse du corps social ; tout de suite nous voilà en défiance des charlatans, des panacées, des remèdes universels, radicaux et simples; un savant comme Claude Bernard se met à rire quand Raspail lui propose de tout guérir avec du camphre et de Talcool.
Pardon, monsieur, de cette dissertation ; je suis trop rempli de mon étude; tout ce que je voulais dire, c'est que nos méthodes, bien loin de nous éloigner de vous, nous en rapprochent. Je l'ai toujours souhaité, et je vous prie d'en agréer l'assurance comme un nouveau témoignage de mon attachement et de mon respect.