‹ H. Taine: sa vie et sa correspondanceChapitre 92 sur 104 · Chapitre YIIL Des réformes et moyens de guérison · texte numérisé non relu

Chapitre YIIL Des réformes et moyens de guérison

Les caractéristiques de la France sont les suivantes :

I. Depuis les origines, à travers Louis XI, François I*', Richelieu (création des charges d'Intendants), Louis XIY, mais surtout par la' Révolution et l'Empire, toutes les petites sociétés demi-indépendantes fournissant un intérêt et une occupation, un objet de dévouement, ont été supprimées *. — 11 lie reste que l'individu avec sa famille intime, et l'État, celui-ci énormément chargé de services.

Conséquences : Tennui, Tégoïsme, rindifférence aux affaires publiques, l'extinction d'une quantité de forces vives, la vie de province (Madame Bovary, Les Deux Poètes, La Muse du département). — La paternité plus tendre; tout l'amour est reporté sur les siens, sur les entants. (Peu d'enfants. Pas d'émigration, pas d'etfort.)

Réunion à Paris de tous les ambitieux actifs et de tous les hommes supérieurs, ce qui, joint au besoin français d'excitation et de plaisir, donne la vie parisienne telle que nous la connaissons.

Réunion à Paris des ratés et avides, lesquels, grâce au spectacle de l'État entrepreneur du bonheur général, grâce au manque d'expérience en fait de petites associations naturelles, et grâce au souvenir des violentes insurrection», réunis, font des révolutions. (Cause confluente : l'esprit théoricien et l'application immédiate à la française.)

^. Voir Tocqueville.

ipuisles origines, surtout par Sirrj-, Golbert, puis de

iOàlVSP, puisparlaRévolulioa et les biens nationaui,

aussi par le Gode civil et le partage égal, il y a cinq

liions de propriétaires terriens. Ce qui est un grand

^.c»; en efTet cela produit : 1' la sécurité pour le petit

iraTaiileur; 2° l'excitalion à travailler parce que c'est son

champ et qu'il veut acquérir; 5° l'eicitation à économiser,

4° l'habitude de se suriire à soi-mâme.

m. Caractéristique générale du siècle : le règne de la scienc«, mais sous des formes inférieures îneiactes dès 89 et chez les socialistes.

Note pour le premier chapitre' : Lb progrès des sciences.

Quand on essaie de se figurer les forces qui mènent aujourd'hui les événements humains, la principale est celte des sciences. Parmi les moteurs des événements humains, l'un des principaux esl l'idée que les hommes se font de l'homme et de la nature.

Ainsi quand celte idée change, le moteur devient autre et pousse dans un autre sens.

Or, une nouvelle idée de l'homme et de la nature est en Toie de formation depuis trais siècles, se dessine de plus en plus et, selon toutes les vraisemblances, est destinée à se compléter sans cesse davantage. C'est celle que donnent les sciences physiques et morales, c'est-à-dire les sciences de la nature et de l'humanité. — Cette idée devient et deviendra

Page 1