EXTRAIT DES HOTES PRÉPARAI
Les Origines de la France contempoi
On a vu dans les chapitres précédcnis toutes ches auxquelles se livra H. Taine, tant à la IJ qu'aux Archives nationales, pour la préparation d de la France contemporaine. Les notes extraites tures à celte époque rempliraient plusieurs vol qu'il possédât mieux que personne l'arl de concent ques pages la substance d'un ouvrage entier, — I de ce travail, il en faisait un plus difficile qui est fondement de son oeuvre : nous roulons parler d< plans, des notes de phflosophie historique, polil cîale, sortes de méditations par lesquelles il i pensée. — Ces notes sont souTent très conden abstrailea, niais elles éclairent d'une vive lumièi ultérieur et nous avons pensé qu'il serait inlén le public de voir de quelles fibres solides et serr tramées les Origines. Nous avons donc choisi qui de ces pages d'essais et nous les avons classée mieux. Elles étaient éparses en différentes liass dirndle d'assigner à chacune d'elles une date pi avons choisi de préférence les plus anciennes, montrent la première conception de l'œuvre et j peroents qu'elle a subis, celles qui contiennent le générales et expliquent le mieux la pensée mi a présidé à la ré'Jailion définitive
Quelques-unes de ces pages sont postérieures à 1875, da(e où s*arrête le présent volume de la Correspondance; mais nous avons pensé qu'il valait mieux les présenter en bloc au lecteur.
La France contemporaine.
L'idée fondamentale, c'est que l'État actuel à tous égards, et de même l'Etat futur, pour un demi-siècle au moins, est une conséquence logique de l'État passé, surtout depuis 89.
— Une France a été constituée à cette époque par le Gode, (Lois civiles, mariage, paternité), par le Concordat et la persistance d'un catholicisme particulier, par l'organisation politique (départements et centralisation), par l'Université et le système d'éducation casernée, par la littérature qui a suivi comme effet nécessaire (de Chateaubriand à Balzac).
— Cette France a comme fonds le caractère général des Français, et des quatre grandes classes françaises (paysans, ouvriers, bourgeois, nobles), caractère manifesté depuis les origines de la nation. — De la combinaison entre ce fonds général persistant et les institutions de 1789-1804 est née la France contemporaine.
De même, vers 1660, il y a une France constituée par le rétablissement de l'autorité royale et la réorganisation du catholicisme, qui aboutit peu à peu à la monarchie, l'ordre, la littérature de Louis XIV.
De même l'Espagne à partir de 1580, sous Philippe II. Les conséquences forcées vont jusqu'à 1700.
De môme l'Italie en 1450. — Elle appelle l'invasion et l'on voit d'avance toute son histoire jusqu'à 1800.
Les accidents, les apparitions d'individus comme Napo-
» caractères des princes régnants, Lonis-Phibppe ou i X, sont des causes secondaires. Les tendances et ins générales subsistent et font leur efTet. — Et les its ou caractères individuels ne sont très puissants r leur concordance avec les tendances et les situations les. — En résumé les perturbations sont petites, el souvent, elles ne sont que des accélérations, des rejes degrés en plus ou en moins igoutés aux forces iss.
rait caractéristique depuis 1700 est la fondation des . morukt).
E L De la direction générale du courant régnant en pe au temps présent : la science depuis Galilée*, cations aux machines et création de la démocratie. Tin'siècle on disait la raison, au m*on dit la science: le progrès des cent ans est là.)
I n. Du caractère français ■.
E m. Caractères -de cette direclion en 1789 en ». — Misère, inégalité, privilèges, oppression. — 'aste avec la culture élégante du bonheur (art, inie, lettres, les salons), avec la tendance générale
plan est le plus ancien de tous ceux qui nous sont pari doit remonter h 187t, à l'époque où M. Taine pensait qu'un Beul volume sur ta i France Contemporaine », r page 301.
r page 363.
française (méridionale, païenne, non protestante, anti- Garlyle), avec la théorie philosophique de Thomme né I
pour être heureux. — Preuve par les mœurs, les inté- i
rieurs, les estampes (Moreau, Boilly), règne de Tagréable, . de répicurisme élégant. Manque de documents positifs et de méthode dans les sciences morales; c'est là le trait '
essentiel. Conséquences : politique a priori avec l'espoir d'une « régénération complète ». -^ Ajoutez l'esprit théoricien et le besoin d'application brusque du Français. Centralisation déjà, le noble privilégié, parasite de cour et non administrateur local.
Chapitre IV. Caractères de la Révolution française, comme conséquences des données précédentes et du caractère général français. — Expulsion des nobles, confiscation j
des biens nationaux, massacres, révolutions multipliées, dictature, enthousiasme, abolition des petites sociétés intermédiaires, nivellement dans l'État, anarchie et ruine.
Chapitre Y« Caractère de l'Empire comme conséquence des données précédentes et du caractère français. — Précédents immédiats : l'enthousiasme subsistant, l'amour de la patrie, puis de la gloire, toute une génération militaire. Le caractère français fournit à cela de bons matériaux. !
Après l'amour de la gloire, le besoin d'avancement.
La ruine des petites sociétés demi-indépendantes intermédiaires, l'habitude du despotisme sous la Convention, permettant à un autre despotisme de s'établir, le bienêtre par l'acquisition et la libération de la terre pour les paysans, la bonne administration, la carrière ouverte aux talents.
L'ignorance profonde de l'état et des idées du reste de l'Europe, l'étroitesse d'esprit de l'école philosophique politique subsistante.
Le caractère et l'éducation toute miUtaire de Bonaparte : '
ineur miliUire, et le despotisme militaire, ta bonne nistralion de l'inlendance, l'babiludede la conquête la force).
liquer, d'après ces causes, le caractère commun à les grands faits de l'Empire : Concordat, Code civil, nisiration centralisée, recherche des talents, guerres nuelles, à la On ii
I VI. Conséquences de ces données générales sous la luration, les Orléans, la seconde République et le id. Empire, jointes au caractère français et k la lution intellectuelle ■.
nité nationale et amour de l'excitation produisint liralion rétrospective de la Révolution et de l'Empire, mt des chances pour leur rétablissement.
'et lent de l'abolition des petites sociétés intermées remplacées parle fonctionnaire; c'est-A-dire vide vie en province, extinction de l'esprit public, ennui, s perdues, grossissement démesuré, épicurisme, vie lenée de Paris. — Peu d'enfanis par manque de ucbés, goût du bien-être, manque de stoïcisme, reurs politiques fondamentales : sectes républicaines mt de mettre la main sur l'Élat par violence. Sectes listes exigeant que l'État fasse le bonheur de tout le de.
aspérité matérielle croissante par une bonne admiation probe; paysans laborieux, économes sur leur :; amour et prévoyance pour ses enfants.
B VII. Statistique physique et morale actuelle (d'après atistique de 1866). Uistribution de la population. —
Degré d'instruction. Caractère et disposition des diverses classes, des divers partis.