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Combinaisons de soufre avec l'antimoine et le cuivre

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m. sawton. J ai tout uniment opéré avec* le spectroscope, et la raie caractéristique s est montrée dans presque tous les échantillons placés dans la flamme.

m. si ëman. Vous n avez trouvé aucune substance étrangère à la terre?

m. sawton. Non.

m. davis. J'ajouterai que certains cristaux, ceux d’argent, par exemple, n'affectent pas la même forme qu’ici. J’ai trouvé l’argent cristallisé, non plus dans le système octaédrique, mais dans le système prismatique carré.

LE président. M. Davis a vu le bolide au moment où il était encore enclavé dans les terres. Les affleurements étaient-ils horizontaux?

m. davis. Non, monsieur le président, mais inclinés N. 33° ().; pour moi, il n’y a pas le moindre doute que l’aérolithe est tombé à une époque géologiquement ancienne, car on retrouve à très-peu près cette inclinaison dans son axe principal. Très-

certainement il était en place, quand la

Cordillère, en se soulevant, a relevé les cou¬

ches voisines.

m. newbold* Je ferai remarquer à M. Davis qu’au-dessus du terrain carbonifère, il existe un dépôt variable de 1 mètre à 3 mètres de hauteur. Ce dépôt n’est pas diluvien, et dans la carte que j’ai moi-même dressée, et certes pas pour la circonstance, il est noté terrain d'éboulement ou meuble. Il provient du sol des forêts vierges. Est-ce sur cette couche que ’M. Davis a mesuré l’inclinaison? Elle n’aurait dès lors aucune valeur.

m. davis. La couche était enlevée quand je suis arrivé, et je n’aurais d’abord pris mes mesures, bien entendu, que sur les dépôts anciens.

m. wintow. Vous n’avez reconnu aucune trace d’ossements humains dans cette couche supérieure, aucun silex taillé?

m. PAXTON. J’ai trouvé un peu plus loin, dans une fouille au N. O., un amas de bouts de flèches en pierre et des ossements d’au-

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rochs, je crois. Mais les flèches étaient en porphyre et non en silex.

m. rink Je vous demanderai à voir ces objets, monsieur Paxton. L’Institut de France se préoccupe beaucoup de ces questions.

M. de Quatrefages sera heureux que nous lui envoyions quelques spécimens. M. Lyell, de son côté, recevra avec intérêt les détails que tous voudrez bien lui donner.

m. le président. Messieurs, nos séances sont chargées. Permettez-moi de vous ramener à la question. Le premier point cà élucider est celui-ci : la masse rocheuse découverte par M. Paxton est-elle bien un aérolithe? Je crois que personne ne doute que la composition et le gisement semblent le prouver. Pour moi, je ne pense pas qu’on ait jamais trouvé sur terre aucune roche présentant ses caractères spéciaux.

m. haugton , le géologue aux épines, appuie par signes l’opinion de M. le président.

m. liesse, ingénieur des mines, demande à faire une observation. Je pense, en effet,

dit-il, que l'on a bien mis à nu un véritable aérolithe, mais, pour mettre notre décision à l’abri de toute critique, il me paraît important de voir si l’on ne trouverait pas dans les environs et dans la meme formation des roches analogues à celles-ci par la composition. Ne pourrait-on supposer en effet qu’il s’est produit à une certaine époque des concrétions, ou une pluie de matériaux d une composition identique a celle de 1 aérolithe? On a des exemples de géodes ou de cristallisations complètement différentes, par la substance qui les compose, des terrains voisins.

m. niNK. On ne peut que gagner à faire ce que demande M. Liesse, mais, à mon sens, la question est jugée. Le vernis noir et épais qui entoure la masse indique des traces de fusion, et la roche n’a pu se fendre que par suite d’un long voyage à travers l'atmosphère et à une vitesse énorme. Donc son origine n’est pas terrestre.

LE président. Je mets aux voix la propo-

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sition. Que ceux qui sont d’avis de l’adopter lèvent la main.

Un grand nombre de mains se lèvent. La proposition est adoptée.

m. vaubrée. Je demanderai à faire observer à la commission que, bien que l’opinion quelle vient d’exprimer ne l’engage en rien sur la véritable origine de la momie, elle n en a pas moins beaucoup d'importance au point de vue de la constitution planétaire.

C est un bolide, donc il vient des espaces ; donc sa composition est celle des corps célestes, donc, d après les analyses faites, les éléments des autres astres seraient à très-peu près ceux de la terre ; dans tout notre système on retrouverait sous différentes formes de cristallisation les mêmes roches, les mêmes métaux.

11 y a donc la, chacun le comprendra, un grand pas de fait. Si les éléments constitutifs des astres sont les mêmes, il est permis de préjuger que tout notre système a une origine commune.

Je n’insiste pas; j’ai seulement voulu attirer sur ce point l’attention des géologues et des astronomes.

m. murchison. C’est une confirmation pure et simple des théories de Laplace, qui fait de nos planètes et du soleil des débris et des morceaux d’une grosse nébulem primitive.

m. owerght. Évidemment * mais n’aurait-

on pas trouvé les memes substances ou aurait-on meme découvert des substances dif¬

férentes ^ qu’il ne serait encore permis de rien conclure, car toute matière est caractérisée par le groupement de ses éléments, la juxtaposition de ses molécules. Or, cette jux¬

taposition dépend de la température et de la vitesse avec laquelle se produisent ces changements de température. Donc, que dans chaque astre la température ait varié brusquement ou différemment, et voilà autant de causes de transformation de la matière, autant d’origines de substances diverses.

m. o. clintock. Je tiens à confirmer l'opi-

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nion de mon honorable collègue. 11 me paraît très-certain, dans l’état actuel de la science, que les corps ne diffèrent que par le groupement moléculaire comme les constellations du ciel sont dissemblables par la position des étoiles. Prenez deux, trois villes quelconques, vues d’un ballon à une grande hauteur; elles différeront peu ; ce seront bien des villes, mais, un peu plus près de terre, leur aspect changera, et uniquement à cause du rangement des maisons, de la disposition topographique des rues, des promenades et des édifices.

Tel est le cas pour un minéral ou une substance quelconque. Suivant que les forces naturelles auront placé de telle ou telle maniéré les rues, les promenades ou les maisons de ces petites villes moléculaires, vous ressentirez une impression différente. Tout dépend la de l’architecte, ici de linfïuence de la force prédominante.

m. sieman. J’approuve de tous points la manière de voir de mes savants confrères, et,

si la commission m’autorisait à garder la parole quelques minutes (oui! oui!), j’ajouterais que des travaux personnels développant les vues de mathématiciens américains et étrangers me permettent d’avancer qu’un corps quelconque représente très-exactement et en miniature tout un système céleste comme celui que nous apercevons dans le ciel chaque soir; la voie lactée. Les astronomes qui veulent bien m’écouter savent mieux que moi que la terre est une molécule parmi tous ces innombrables astres dont l’ensemble frappe nos yeux comme une longue traînée blanche.

La terre fait partie intégrante de la voie lactée. Hé bien! un corps, quel qu’il soit, prenez, pour fixer les idées, le bois, 1 or, le diamant, n’est qu’un amas de constellations moléculaires diversement groupées. Du grand au petit l’analyse est complète. Notre oeil n est pas fait pour apercevoir dans tous leurs détails ces étoiles et ces systèmes infiniment petits. Peut-être d’autres animaux

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mieux constitués que nous les aperçoivent-ils?

Toujours est-il clair que, si vous pouviez construire un microscope d’une puissance considérable ,vous arriveriez avec cet instrument à dédoubler les étoiles moléculaires de chaque petite voie lactée terrestre, comme on dédouble et comme ou réduit les nébuleuses du ciel avec les télescopes. Affaire de coup d œil. Vous verrez alors .ce qui vous parait etre un amas confus se ranger avec une symétrie admirable.

Les corps seraient percés à jour; vous découvririez d'énormes interstices, des espaces vides, comme les espaces planétaires; puis, de place en place, des étoiles harmonieusement groupées, et tout autour de chacune d’elle, des atmosphères; et, merveilleux spectacle ! tous ces petits astres moléculaires tourneraient avec une rapidité vertigineuse, décriraient des trajectoires plus ou moins obliques; comme les gros astres du ciel; puis, en augmentant encore la puis-

sauce de votre instrument, vous finiriez par voir tout autour de chacun des astres principaux d’autres petites étoiles, des satellites comme notre lune, opérant majestueusement et régulièrement leur mouvement de rotation : linûniment petit est si infiniment grand !

Tous ces mouvements sont si rapides qu’ils sont insaisissables pour l’homme! ils sont suffisamment néanmoins pour l’impressionner !

Étranges résultats! la chaleur, Il lumière, messieurs, dont nous ne savions trouver la cause véritable, mais nous l’avons découverte, cette cause!

Ces mouvements infiniment rapides, ils nous choquent, ils nous touchent.

Directement? non.

Ces petites étoiles ont des masses si petites qu’elles ne produiraient pas sur nous plus d’effet que les grains de sable qui voltigent dans l’air sur le Micromégas du Français Voltaire. Mais ces petits astres, qui grouil-

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lent en cadence dans leur milieu intermoléculaire, y trouvent une atmosphère de masse de même ordre que la leur; ils agitent cette atmosphère ; ils y font naître des rides comme la pierre jetée dans l’eau produit des cercles concentriques. Et ces ondulations, répétées avec une vitesse de 400 billions par seconde et même de 1000 billions !

viennent nous heurter et déranger le mouve* ment des autres astres qui forment la charpente de notre corps.

Si ces chocs augmentent leur vitesse de translation ou de rotation, nous ressentons une impression de chaleur; si, au contraire, les constellations de notre corps étaient animées de mouvements plus rapides, ces chocs nous feraient perdre de la vitesse, et nous éprouverions une sensation de froid.

Lorsque ces mouvements intermoléculaires se produisent dans des circonstances de masse et de vitesse données, ils impressionnent l’œil; les ondulations de ces petites atmosphères si subtiles viennent frapper la

rétine et mettent en vibration, à leur tour, les astres qui la constituent. Nous voyons, nous ressentons l’impression lumineuse. Je reviendrai sur ce point, du reste, dans la suite de la discussion. Je ne suis<ÿas fâché d’avoir montré que les géologues, ou plutôt les minéralogistes, sont des astronomes, de véritables astronomes; ils s’occupent d’a.vtronomie moléculaire , au lieu d étendre leurs explorations dans l’infini des espaces appropriés à l’étendue de la vue humaine.

Il n’y a de différence que dans l’ordre des grandeurs. S’il existait sur terre des animaux infiniment petits et intelligents, il pourrait s’y trouver de véritables astronomes dont les découvertes porteraient au même titre que nous sur la mécanique céleste de ces petits mondes lilliputiens. J’ajouterai encore, et je ne crois pas contrarier par là ni les astronomes ni surtout les minéralogistes, que l’astronomie est, sans qu’il y paraisse, dépendante de la minéralogie. Et le jour où nous aurons trouvé les lois qui régissent les

groupements moléculaires, les fois qui gouvernent les mouvements de ces infiniment petits, les astronomes n auront plus qu'à nous suivre.

m. newbold. Vous venez, messieurs (plus haut !) de montrer que les dernières particules des corps n'étaient que l image réduite de ces grands corps célestes qui tourbillonnent dans les cieux : mais la terre elle-même n’est qu’une particule, qu’une molécule même de l’amas que nous désignons sous le nom de voie lactée . Nous avons là trèsgrossie, très-facile à étudier par conséquent, une molécule type qui nous donne l'aspect physique très-exact des dernières molécules infiniment petites dont l’agrégation forme tous les corps que nous voyons. Nous n’avons qu'à passer du grand au petit pour savoir ce qui se passe dans ces interstices moléculaires si infimes qu'ils échappent aux instruments les plus puissants.

Qu’est-ce que.la Terre? une sphère de 1 500 lieues de rayon dont les parties con-

stituantes vont toujours en augmentant de densité de l'extérieur au centre.

Depuis l’origine, les matériaux ont pris place par ordre de densité, les parties lourdes au centre, les parties plus légères à la circonférence. Le plancher sur lequel nous marchons, le sol, véritable écorce rigide et élastique, n'est qu’une mince pellicule moins lourde que ce qui précède; c’est un radeau continu flottant sur la matière interne; on aura une idée de son épaisseur en la comparant à la peau d’une pêche.

Au centre, la matière a plus de masse ; ses mouvements sont plus rapides ; la température est élevée. A mesure qu’on monte, la masse de la matière est moindre, les mouvements diminuent de rapidité en se communiquant plus facilement à la matière déliée répandue dans l’espace, et la température est beaucoup moindre. Elle devient même à un certain point assez basse pour que les molécules matérielles se rapprochent et se juxtaposent assez près l’une de l’autre

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pour former un so! rigide. C'est 1 eeorc« terrestre.

Au delà, la température est variable, directement soumise aux influences du soleil!

La matière est plus rare, les corps sont gazeux; l'atmosphère aérienne succède à la croûte terrestre, et on y retrouve comme da üo l’intérieur le même ordre de densités , beaucoup plus de matière à la surface que dans les couches élevees. Le fluide aérien va aussi en se raréfiant de plus en plus, pour se confondre à la limite avec la matière si ténue qui remplit les espaces. (On n’entend pas !) La suite de ces chiffres donnera un peu 1 idée du décroissement successif de la masse de la matière, depuis le centre jusqu’à la périphérie :

Globe terrestre. Atmosphère.

Il se produit, comme le montre cette proportion, un saut brusque au delà de l’écorce. La matière déliée qui a échappé à la combi

naison et qui, par conséquent, a le moins de masse, surnage.

C’est l’excès de matière refoulée superficiellement par les réactions internes; c’est une sorte de remous.

Peu à peu, cet excès de matière trouve sa place à l’intérieur, elle se casse lentement, se combine et disparaît. L’atmosphère de toutes les planètes dans l’immensité des temps se réduit ainsi successivement, elle se condense de plus en plus, entre en combinaison stable. Aussi ne faudra-t-il pas s’étonner de voir les hauteurs des atmosphères diminuer progressivement et leur limite se confondre de plus en plus avec la matière subtile et insaisissable des milieux interplanétaires..

Ce que je viens de dire, messieurs, pour notre globe en particulier, pour la molécule terrestre, s’adresse aussi bien à tous les astres , à toutes les molécules planétaires, à toutes les molécules constituantes des corps. Nous allons retrouver les mêmes détails, les mêmes caractères, les mêmes lois dans ces

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myriades de particules qui font cette fable sur laquelle je m’appuie, celte main, cet.

encrier, tous les objets qui m’environnent.

Soulevez avec le levier d’Archimède l’un quelconque de ces petits mondes miniatures, la molécule qui forme ce morceau de sucre, par exemple ; voyez-les avec des yeux cent millions de fois plus forts que les vôtres. Cette molécule, on vous l’a dit, c est un assemblage de plusieurs petits astres, d atomes, si vous voulez leur donner un nom.

Mais remarquez comme c’est beau. Voici tout notre système planétaire. Il y a l’étoile principale, le soleil, puis les planètes secondaires qui tournent tout autour avec une vertigineuse vitesse.

Saisissez les détails et supposez qu’avec une pince sans contredit gigantesque pour ces ténuités sublimes vous enleviez un de ces petits astres.

Cela ne saurait être, quand bien même vous le pourriez, car enlever un astre serait

détruire la pondération nécessaire à l’existence de l’ensemble. Vous enlèveriez le mouvement dont il est doué ; vous l’anéantiriez. Admettons néanmoins.

Eh bien ! vous retrouvez là et l’atmosphère et la croûte solide, ou tout au moins la matière plus condensée, et si vous allez jusqu’au centre, vous verrèz les couches successives de cet atome imperceptible se disposer encore suivant l'ordre des den-

. Ainsi, un noyau à matière condensée, une atmosphère de moins en moins dense, voilà l’astre moléculaire, l’atome.

Rapprochez tous ces petits astres, vous les verrez tourner avec leurs atmosphères, vous aurez la molécule. Réunissez toutes ces molécules, vous aurez la particule, vous aurez la matière avec sa forme, telle que notre œil l'aperçoit.

J'ai insisté de mon côté,

messieurs, sur ce

point capital, car, vous le comprenez, la minéralogie et l’astronomie n'ont pas seules

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le privilège de cette étude. La géologie donne la clef de la composition intime et primordiale de la matière. Des déductions qui lui sont familières il est permis d’arri ver jusqu’à la formation des éléments des corps, et par là de remonter jusqu’aux phénomènes d’affinité chimique, de cohésion, cTélastid té.

C’est ce que j’essayerai de faire et de prouver ailleurs et dans une occasion plus propice. La discussion a besoin de ne pas s’égarer

1. Les théories exposees par MM. les Américains font tout d’abord l’effet d’élucubrations fantastiques sorties de cerveaux malades. Nous sommes obligé, à cet égard, de dire qu’elles paraissent cependant, et malgré leur étrangeté, complètement d’accord avec l’état actuel de la science positive. La physique mathématique confirme ces faits hypothétiques et Cauchy, notre grand géomètre, disait dans ses leçons du collège de France ;

« M. Ampère a déduit de l'observation le nombre des atomes qui devaient entrer dans la composition de chaque molécule intégrante, et correspondre aux cinq formes de molécules admises par les minéralogistes, savoir : tétraèdre, octaèdre, parallélipipède, prime, hexaèdre, dodécaèdre rhomboïdal. Il a trouvé que les molécules comprises dans ces cinq formes devaient être respectivement composées de 4, 6, 8, 1*2, 14 alomes. Si donc, il nous était permis d’apercevoir les molécules des différents corps soumis à nos expériences, elles présenteraient à nos regards des espèces de constellations, cl. en passant de l’infiniment grand à i’infiniment petit, nous

m. siEMAN. Je remercie notre honorable président des détails si intéressants qu’il a bien voulu donner pour confirmer ma thèse.

J’ai bon espoir qu’elle éclaircira plus d’un point encore obscur dans la science.

m. stek. M. le président serait-il assez bienveillant pour me dire si, dans son opinion, il y a aussi des montagnes et des soulèvements sur ces petits mondes moléculaires ; si les révolutions géologiques qui ont bouleversé notre globe s’y produisent également et modifient leur surface?

m. newbold. Ceci ne saurait embarrasser

retrouverions dan9 les dernières particules de la matière, comme dans l'immensité des deux, des centres d’action placés en présence les uns de* autres. »

N’est-ce pas en propres lermôs ce que disent MM. Siemun et Newbold?

Un savant français bien connu, M. A. Gaudin, calculateur au bureau des longitudes, vient d’évaluer d’une manière très-ingénieuse les distances qui séparent ces différents petits astres et leur nombre. Il ressort de ses recherches que la distance entre les plus grosses molécules organiques est d’un millionième de millimètre, et ladistance entre les atomes d'un dix-millionième de millimètre. Si on voulait compter les atomes enfermés dans un petit cube do matière de deux millimètres de côté, soit gros comme une tète d’épingle en supposant qu'on en prenne un milliard par seconde, il faudrait encore environ 250 000 ans.

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personne, monsieur Stek. Les raisons qui sont bonnes sur terre le sont aussi dans ces mondes de l’infiniment petit. Les réactions intérieures proportionnées à la taille de ces planètes atomes doivent également modifier, travailler la surface ou la partie tout au moins la plus résistante qui doit se courber, se redresser, suivant Faction des forces mises en jeu. Il y a des montagnes et des vallées, soyez-en sûr, et qui mieux est, dont la direction et les accidents obéissent à des lois fixes et immuables. Dois-je vous rappeler que sur terre je crois qu’il a été prouvé par quelqu’un que personne ne connaît mieux que moi, qu’il n’y avait pas uqe chaîne de montagnes dont la direction fût confiée au hasard ? Toutes les montagnes se dirigent suivant des axes parfaitement fixes 1 .

Encore mieux, un de mes amis que je regrette de ne pas voir parmi nous, M. l’ingénieur en chef Nuevopolis, a déduit de là

1. La môme loi vient d’être reconnue pour les montagnes de la lune.

des faits de symétrie admirable. Il n'est plus de petit accident de la surface terrestre, col, embouchure d'un fleuve, défilé, source, mines, dont la position exacte ne puisse se déterminer mathématiquement. Les anfractuosités du sol, les dépress : >ns, tout s’est fait suivant une loi déterminée. Cette butte qui vous obstrue l'horizon, cette côte, cette vallée, sont-elles là plantées par un hasard aveugle?

Non, mille fois non. Tout est harmonie.

Le désordre n’est qu apparent. M. Nuevopolis a mis, entre autres faits, parfaitement en relief cette loi singulière, à savoir que tout accident important, tel que source, nœuds, volcans, etc., se trouvait toujours aux 4 dixièmes de la longueur totale du groupe envisagé. Est-ce une rivière, prenez la ligne qui joint l'embouchure à la source.

Marquez les 4 dixièmes, c’est là à coup sûr que vous rencontrerez l’accident le plus remarquable de ce cours d’eau : de même pour une chaîne de montagnes, un filon, etc.

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Cette symétrie curieuse, monsieur Stek, je ne sais pas pourquoi je ne l’admettrais pas aussi bien pour les molécules et les astres moléculaires. Toutes ces ondulations du sol ne résultent quedes vibrations de la matière; elles obéissent aux lois de l’harmonie musicale. Et ce phénomène qui fait qu’une plaque entrant en vibrations sous l’influence d’un archet reste immobile par place fait aussi que certaines parties du sol se haussent et que d’autres se baissent ou ne quittent pas leur position première.

Les lois de la musique sont aussi celles de la géologie. Tout est dans tout. Il n’y a qu’un principe universel qui anime la matière et lui donne ses différentes formes et ses différentes propriétés. (Bien! Jrès-bien ! On entend.)

m. greenwight. Monsieur le président, les considérations très-importantes et tres-intéressantes que nos honorables collègues et vous-mème venez de si bien développer conduisent directement à des applications astro-

nomiques d une haute portée philosophique.

Si la commission trouve que le débat géologique estépuisé, si les géologues nous autorisent à regarder la roche découverte par M Paxton comme d origine réellement extra terrestre, je demanderai la parole pour entrer directement dans mon sujet, montrer par quelles phases les planètes et les corps célestes passent nécessairement, pour rechercher enfin de quel point du ciel nous est tombée cette volumineuse pierre météorite dont la présence ici peut modifier tant des idées admises sur la marche et l’équilibre des astres au milieu de l’espace.

La grosse horloge de James-House tintait alors ses sept coups sonores. Le soleil avait disparu à l’horizon. — Demain! demain!

criait-on sur plusieurs bancs. — Demain, messieurs ! hurla sympathiquement l’honorable astronome : aussi bien la séance a été longue, et moi tout le premier je serai heureux d’en finir.

m. nkwbold. La parole est accordée à

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M. Greenwight.... et la séance est levée.

(Rires nombreux.) C’est un privilège qu a le grand géologue d’accorder la parole, et, quand il se sent disposé à bâiller, de lever la séance. Il donne ainsi satisfaction au postulant et à lui-même.

A bientôt. Je crains de manquer le boat du fort Man et le courrier.

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