DANEMARK
On ee fait difficilement une idée exacte du grand nombre d'antiquités qu'on découvre sur les cAles de la mer Baltique, à moins d'avoir visité ces contrées et les collections remar quables qui s'y trouvent. C'est dans ces pays tout d'abord que les savants ont été conduits ft distinguer les Ages successifs de la pierre, du bronze et du fer; mais, malgré tous les objets recueillis, les recherches sont loin d'être épuisées. Bien des tumulus ont été fouillés, et il en reste des millien ft ouvrir. Chaque année, pour ainsi dire, des découvertes fortuites montrent quel a été le nombre des trésors enfouit dans le sol par les bardis navigateurs du Nord. L'exploitation des tourbes constate fréquemment, par les objets d'iodu:»trie gisant ft des profondeurs diverses, la présence de l'homme à une époque où ces marécages étaient encore navi-
bles. Des canots, formés d'un tronc d'arbre creusé eo
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des traîneaux. Cependant , bien que des accidents de ce genre aient dû avoir lieu dans tous les siècles, il est plus d'une découverte qu'on ne saurait expliquer de cette manière. Trop souvent des objets d'industrie gisent au fond des tourbières sans ossements humains, si toutefois je suis bien renseigné, pour que leur dépôt n'ait pas quelque autre cause. On comprend que des armes de jet aient pu se perdre fréquemment dans les lacs, mais quand on trouve des épées, des boucliers, des poteries et des ossements d'animaux concassés, cette nouvelle explication est insuffisante.
M. le professeur Steenstrup, de Gopenbague, savant remarquable par la sagacité de ses observations, s'est assuré que ces dépôts n'existent pas uniquement sur le bord des tourbières danoises, mais aussi sur le centre, où l'on décou* vre même des cbarbons de bois, des fragments de poterie et des ossements d'animaux. M. Steenstrup fait observer que non-seulement ces objets sont tombés à l'eau avant la formation de la tourbe, mais que ces ossements n'ont point été traînés sur la glace par les cbieos ou les loups, puisqu'ils portent de nombreuses traces d'instruments tranchants, et qu'ils sont accompagnés de débris témoignant de l'habitation de l'homme sur ces points. Il a été conduit à supposer que l'habitant du Nord établissait quelquefois sa demeure sur des bateaux, ce qui n'aurait pas été sans rapport avec les jardins flottants de l'Orient. Le radeau a dû remplacer plus d'une fois les constructions sur pilotis, lorsque les bassins manquaient de blancs-fonds ; mais il est probable qu'on retrouvera ces dernières, qui, comme on Ta vu, ont été usitées dans le Hanovre.
Les premiers habitants du Danemark n'ont cependant pas toujours élevé leurs demeures au-dessus de la surface des
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eaux. Il existe de nombreuses localités dans le voisinage de la mer et des fiordt, où l'on voit des dépdts coasidérables, pareils à ceux qui se sont formés sous les habitations lacustres de la Suisse, mais avec cette différence qu'ils sont toujours sur terre ferme, i l'abri de l'action des vagues. On les retrouve depuis le nord du Jutland jusque sur les rives, à la hauteur de Kiel. H. N. G. Bruzélius en a aussi constaté près de Kullaborg, en Suède, sur la rive au nord-ouest de Lund. Ces dépAts mesurent de 2 à 10 pieds d'élévation, sur iOO i 1000 pieds d'étendue. Sur quelques points, bien que leur surface soit â H et même à 18 pieds au-dessus de la mer, ils sont recouverts par une coucbe de gravier qui ne peut avoir été déposée que par une irruption des eaux, à la suite de quelque catastrophe qui parait avoir clos la période pendant laquelle ces points étaient habités, à moins qu'ils n'aient été abandonnés auparavant '.
Ces dépdts de cuisine, nommés dans le Nord Kjokltenmôi' dinger, remontent tous à l'àgc de la pierre, et ne contiennent nulle part aucune trace de métal. Us sont inflaimenl moins riches que ceux des habitations lacustres, ce qui s'ex- ■ la circonslance que les ustensiles ne pouvaient
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celle apparente pauvreté» les savants du Nord ont tiré d'importants résultats de raccumulalion de ces restes, qui ont été tout particulièrement explorés par MM. Worsaae, Fordiammer et Steenstrup.
Lea débris de la table ont essentiellement occupé M. Steenslrup» qui a reconstitué par ce moyen la faune locale et observé le déplacement de quelques espèces. L'buitre, le peigne et d'autres mollusques ont laissé de nombreux débris. Il en est de même des poissons, surtout des harengs, et des anguilles. Les crabes sont rares. La chasse des oiseaux devait être abondante, entre autres celle des espèces aquatiques. On peut mentionner l'oiseau à édredon, la petite oie sauvage, VaUa impennis, qui n'existe plus, à ce que l'on croit, que sur une petite lie des cAtes de l'Islande, et le coq de bruyère. Le cygne sauvage ne séjournant que pendant l'hiver en Danemarkf il en résulte que ces emplacements étaient occupés à cette saison, mais l'absence d'ossements de jeunes oiseaux, dont l'époque est de mai en août, pourrait faire supposer que les habitants se rendaient sur d'autres points pendant la belle saison, à moins toutefois que les chiens n'aient dévoré ces restes naturellement délicats. Les ossements d'oiseaux consistent surtout dans les os longs , qui sont de 20 à 25 fois plus nombreux que les autres ; un carnassier domestique a dû dévorer ces derniers, et ce carnassier ne peut être que le chien, qui, lorsqu'on le nourrit de débris d'oiseaux, laisse les os longs dans la même proportion.
On trouve le phoque, le castor, des cerfs d'espèces différentes, le sanglier, l'aurochs, le lynx, le chat sauvage, la martre, le loup, le renard, le chien, le hérisson, le rat de terre et des escargots terrestres. D'entre les animaux domestiques, on ne possédait que le chien, dont il existait deux
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races distinctes. Les nulres animaux élevés par l'homine, tels que le cheval, le bœuf et le mouton, paraissent n'avoir élé introduis dans le Nord que pendant l'ftge du bronze, ou tout au moins postérieurement à l'occupation de ces emplac«ment8. On n'a pas encore recueilli de graines qui indiquent la connaissance de l'agriculture dans les pays Scandinaves, dujant le premier &ge.
On rencontre parfois, auprès de ces restes divers, des couches d'une pousaère de cliarbon , qui contient une forte proportion de manganèse. L'analyse chimiquede ces cendres noir&tres indique qu'elles proviennent de la fabrication du sel, obtenu, dès les premiers temps, par un procédé encore usité, il y a deux siècles, sur les cAtes de la mer. On amassait une espèce d'algue (îottera marina) qu'on brûlait et dont on arrosait la cendre, naturellement chargée de manganèse, avec l'eau de mer, d'où résultait une efllorescence de sel qui n'était autre que te saJ nigrum de Pline.
Ces dépAts ont trop d'analogie avec ceux de nos lacs pour les passer sous silence, et l'étude qui en a été faite montre l'importance qu'il y a, dans les recherches de ce genre, k ne n débris '