ANGLETERRE
Les habitations lacustres du genre le plus répandu en Suisse ne sont point exclusivement propres à ce pays. Bien que les recherches soient encore extrêmement incomplètes, on retrouve dans le nord de l'Europe plusieurs vestieres de ces. constructions sur pilotis, qui remontent à l'&ge delà pierre, période particulièrement riche en monuments funéraires répandus sur le littoral des grandes eaux.
Le Journal de la Société géologique de Londres publiait, en 1856, la description des couches de tourbe d'un petit lac du comté de Norfolk, dans lesquelles on a trouvé diverses traces de l'industrie humaine, qui se rattachent évidemment au sujet qui nous occupe*. A 6 milles au nord de Thetford, s'étendent de vastes plaines sablonneuses, peu élevées audessus de la mer, et où l'on voit plusieurs flaques d'eau sans écoulement sur leurs bords. L'un de ces bassins, d'une surface d'environ 48 acres, occupe une dépression naturelle du sol. Après avoir vidé l'eau au moyen de machines, on s'est assuré que la tourbe descendait sur quelques points jusqu'à 20 pieds de profondeur. A 5 ou 6 pieds sous la surface de cette touche tourbeuse, et rarement plus bas, on a trouvé beaucoup de bois de cerf, dont les uns étaient attenants aux
• Communication de M. Gh. Gandin.
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crflnes, tandis que les autres paraissent être tombés naturellement. D'entre les preniierB, plusieurs avaient été sciés au-dessus du premier andouiller, et quelques-uns mesuraient en dessous jusqu'à 9 pouces de circonférence. La parlie sciée est comme polie et montre positivement le travail de la main de l'homme. Des débris de bois, des silex de formes iirégulières et des quartz roulés, propres au pays, gisent sans ordre dans la tourbe, qui recouvre aussi de nombreux pieuK de cbène, plantés verticalement, et dont l'extrémité a élé taillée en pointe.
L'auteur de cette note, qui ignorait sans doute les découvertes faites en Suisse , ne chercbe point d'où peuvent venir ces débris, mais une simple exposition des faits n'en a pas moins sa valeur. Ces nombreux pilotis trouvent leur explication naturelle dans les habitations lacustres. Ces silex et ces quartz sont étrangers à la formation tourbière. Ces bois de cerf n'ont pu être entraînés par les eaux, vu qu'aucun courant ne se jette dans ce bassin. L'action de la scie de pierre a produit sur les andouillers le même poli qu'on observe ailleurs, et les S à 6 pieds de tourbe qui recouvrent lous ces restes lémoiencnt d'une antiquité inconlestable.
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les lacs de la Bavière et même les nombreux bassins du Nord. M. le professeur Pelersen m'écrivait, dans la lettre citée plus haut : « Vos antiquités lacustres jettent un jour inattendu sur plusieurs découvertes du Nord qu'on ne savait comment expliquer. On trouve ici, comme chez vous, des antiquités dans les marais, et surtout dans les tourbes du Hanovre, où Ton découvre souvent des pilotis qu'on envisageait comme des restes de ponts construits par les Romains dans le temps de Drusus. Je ne doute point que la plupart de ces pilotis n'aient supporté des habitations. Il n'est pas rare de retrouver des instruments en pierre dans le fond des. tourbières, et elles contiennent aussi des débris d'âges postérieurs. Jusqu'à présent je n'ai fait usage de ces découvertes que pour mes cours, mais j'espère, si j'en ai le temps, pouvoir en publier les résultats. »
Ces quelques lignes suffisent pour faire prévoir tout ce qu'il y a à attendre d'explorations dirigées scientifiquement dans le nord de l'Allemagne, et M. Petersen peut être assuré que ses publications seront accueillies avec un grand intérêt. Il ajoute que les pilotis, nombreux dans le Hanovre, forment aussi de grandes enceintes en Hollande, où les tourbières recouvrent bien des débris de l'industrie humaine. D'après M. Alphonse Esquiros, a on trouve de la tourbe dans les dunes de la Hollande, sous une épaisse couverture de sable, et sous la tourbe une argile mêlée de gravier, et dans cette couche, située quelquefois à une profondeur considérable, se rencontrent des objets d'art ^ »
* Rewue des Deux-Mondei, tom. III, livraison du 15 décembre 1855.
AKTIQUITis