‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 16 sur 94 · SAVOIE · texte numérisé non relu

SAVOIE

Lac d'Annecy.

Dans la réunion de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie» qui eut lieu à Annecy en 18B6, je fus invité à parler des découvertes lacustres de la Suisse. MM. Replat et Seran se souvinrent que des restes de pilotis existaient dans le lac d'Annecy, et l'assemblée décida de visiter l'un de ces points le lendemain , 31 août. Après une course au château de Menthon et aux bains romains, découverts par M. Rupby, les membres de la société , dans le nombre desquels se trouvaient MM. Forel, père et fils, montèrent sur une barque qui fit voile dans la direction de Dhuing. Entre cette localité et T Abbaye, nous aperçûmes, à peu près au milieu du lac, la ligne jaunâtre d'un bas-fond qui se dessinait sous les eaux transparentes. C'était le point nommé Roseley, où Ton ne tarda pas à distinguer de nombreux pilotis qui , par leur disposition et leur aspect de vétusté, présentaient les mêmes caractères que ceux des lacs suisses. Quelques objets d'industrie apparaissaient sur les cailloux et le limon , mais il ne se trouvait sous la main aucun instrument propre à les retirer ; alors M. Hyp. GossCi

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de Genève , k jete i l'eau et revml k bord avec des fragments de poterie dont le genre primitif ne permit plus aaeon doute Bor l'«ntique oocupatioD*de ce point ' .

Dès 1««, H. Seran s'est aeeuri que des pilotis de la même époque existent aussi en hce de Senier *. Le nombre de ces emplacements ne tardera pas à se muIUplier.

En décrivant les habitations du Léman , on a vu combien dles sont répandues sur ia rive savoisienne; mais on ne peut encore dire, d'après les recherches d'antiquités, si elles ont subsisté plus longtemps sur les bassins de l'intérieur du pays. II existe bien dans Suidas un passage d'après lequel les Allobriges avaient l'habitude de se construire pour l'été des espècesdiles que les Romains entourer eut decontrevallatioDS du même genre, afin de s'en emparer^, mais ces Allobriges eoQt-ile les mêmes que iesAUobroges, c'est ce que ne pense pas H. Delacroix , architecte de la ville de Besan- Qon, qui a eu l'obligeanoe de me communiquer oe passage, en reccompagnaot des réOexioas suivantes : « Il s'agit ici, vous le remarquerez , des Allobriget et non des AUobroges. C'est peut-être primitivemrat le même peuple, mais rien ne me l'a encore prouvé. Et d'ailleurs C. César n'a pas eu de

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guerre avec les Allobroges. — Ariovisle est considéré par César, daos Dion Cassius, comme on Allobrige. On a toujours traduit ce passage de Dion Cassius par le mot Allôbroge et on en déduisait une erreur de Dion. Or je prétends, dans un travail qui paraîtra prochainement, qu'Arioviste était bien Allobrige et non Allobroge. Les Allobriges sont ce qui répond à l'injure de Welsch. Ce sont les Gaulois du dialecte allemand, conune les Welscb sont les Gaulois du dialecte français. On suit la limite du pays allobrige par la ligne des villages qui échangent les deux injures. L'Alsace, le Rhin, etc., sont Allobriges. »

FRANCE

• Le passage de Suidas , qui vient d'être cité , montre que des bourgades lacustres existaient encore dans les Gaules, lors de la conquête par les Romains, et qu'on utilisait aussi ces constructions pour la défense.

On a vu qu'une partie des découvertes faites le long du Ut de la Somme et surtout dans les environs d'Abbeville, paraissent se rattacher à ce genre d'habitation, mais on ne peut affirmer si l'usage de vivre sur les bassins d'eau de la Picardie s'est poursuivi dans la deuxième période.

H. Delacroix m'écrit qu'il se trouve des pilotis dans les lacs du département du Jura. Celui de St. Point, près de Pontarlier, baigne des lignes de pieux qui portent, dans la légende du pays, le nom de Ville Danvauthier. Or, il est probable que ces pilotis, encore visibles par les eaux transparentes, sont quelque peu postérieurs à ceux du premier ftge.

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