‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 21 sur 94 · ECOSSE · texte numérisé non relu

ECOSSE

Ls mention dee anliquités lacustres de l'Ecosse, durant l'âge du bronze, et des cranooges du même pays, dans les temps modernes, ne permet guère de douter de leur existence pendant le premier Age du fer.

C'esl sans doute à cette dernière époque qu'on doil attribuer la découverte de quelques-unes des armes en fer trouvées dans les marécages, et d'un chaudron en bronze, formé de feuilles martelées, assemblées avec des clous rivés du même métal. Ce vase, de 2S pouces de diamètre sur 16 de hauteur, rétréci à son ouverture, arrondi à sa base privée de pied, et muni de deux anses, a été sorti, en 1768, du fond d'un marécage tourbeux de Kincsrdine, à quelques milles h l'ouest de Stirling, où il reposait sur une couche d'argile, recouverte en moyenne de 7 à 12 pieds de tourbe V

La présence de ce vase sur le fond primitif du bassin n'est assurément pas & elle seule un indice suffisant de constructions lacustres dans ce lieu , elle montre toutefois que ce ihaudron est tombé à l'eau avant la formation de la tourbe.

les explorations ne permettent pas encore de constater avec certitude si elles proviennent d'habitations lacustres. Quoi qu'il en soit, on retrouve fréquemment, dans les marécages, des objets de Tàge du fer et même du moyen âge. Quelquefins ces dépôts sont d'une telle richesse que raccumulation des débris doit provenir, semble-t-il, d'une occupation prolongée, plutôt que d'un simple passage sur les eaux. Il suffira d'en donner un ou deux exemples.

Le musée de Copenhague possède plusieurs pièces qui proviennent de la tourbière d'Allesô, dans File danoise de Fionie. Parmi les objets en fer, on remarque, entre autres, des épées à deux tranchants, un coutelas, des pointes de pique de forme conique ou à quatre pans, des fers de lance, dont quelques-uns, de même que ceux de la Tamise, sont ornés de fines rayures qui reproduisent des chevrons, des cercles concentriques, en un mot, les ornements de T&ge du bronze. D'autre part, le prolongement de la douille est relevé en arête vive entre les ailerons, exactement comme sur les lances de La Tène. On retrouve aussi dans la tourbière d'Allesô le celt et la hache en fer, des umbons de bouclier du même métal, des pointes de trait et des ornements en os , avec divers objets, dont l'un, en laiton , représente la tête fantastique d'un oiseau de proie '.

Cette découverte n'est pas sans rapport avec celle de La Tène, mais quelques-unes des pièces danoises portent le cachet d'une antiquité un peu moins reculée. Une partie des armes enfouies dans la tourbière d'Allesô conservent les marques d'un violent combat, ce dont on peut se convaincre

« Les dessins de plusieurs de ces pièces se trouvent dans les Afbildningery af J.-J.-A. WorBaae,de ISfti, pag. 66-69.

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en voyant les fers de lance recourbés et les armes entaillées par les coups d'épée ou de hache.

La tourbière de Brarap, de 6 à 7 arpenls d'étendue, est h A lieues de Flensborg, dansIeScbleswig, et présente les trois couches de végétations successives que les savants du Nord. ont constatées dans le Danemark. La plus profonde, qui descend jusqu'à 24 pieds au-dessous de la surface du sol , coniient des sapins et des trembles , au-dessus viennent des chênes, et, plus haut, des bouleaux. C'est dans la couche supérieure que ta. A. Engelhardt a découvert un grand nombre d'objets, dont plusieurs sont incomplets: ainû, des garnitures en bronze de fourreaux d'épée, des hampes et des manches privés de leur fer, avec le bois de poignées et de pommeaux d'épée, souvent surmontés d'un bouton en argent. Ces pommeaux en bois, de 2 pouces et plus de diamètre, ont été parfois revêtus de cuir et garnis de clous i télé d'argent, disposés en cercle ou réunis en triangle. Un arc porte divers ornements. Deux cottes de mailles sont en fer. La propriété conservatrice de la tourbe a pennis de retirer une cuirasse en cuir, une espèce de plaid en laine, orné de franges, et un pantalon, de même étoCTe, avec des agrafes

ou PREMIER AGE DU FER. 205

oom d*iELianus, et une douzaine de monnaies romaines, de Trajan à Commode * .

Il est difficile de se faire une idée quelque peu nette de cette réunion d'objets d'origines diverses et de leur enfouissement, qui parait dater de la fin du deuxième siècle de notre ère, sans les rattacher & la destruction d'habitations lacustres. Un combat en rase campagne expliquerait bien la présence d'armes mutilées, mais pourquoi toutes ces poignées d*épée et ces hampes de lance privées de leurs fers ? Si l'on eût pris les lames dans le butin, on n'aurait pas laissé les poignées ornées de métaux précieux. D'autre part, un sol assez mou pour enfouir des étoffes pouvait-il servir de champ de bataille et permettre aux cavaliers d'y perdre les mors de leurs chevaux? Plus d'une fois des groupes de fuyards ont été précipités, il est vrai, dans des lacs ou dans des fondrières. En pareil cas, les cuirasses et les vêtements devraient recouvrir des squelettes humains, et les os du cheval, accompagner les restes de son harnachement.

La réunion des objets divers qui s'accumulent dans une maison rendrait mieux compte de ce péle-méle de vases, d'ornements, de vêtements, de métaux précieux, de monnaies, de mors de chevaux * et d'armes intactes, brisées, incomplètes ou inachevées, ce qui n'exclut pas l'idée d'une lutte armée, à la suite de laquelle tous ces débris auraient été perdus ; mais encore, pour qu'ils aient pu disparaître dans la tourbe, il fiiudrait que les habitations détruites eussent été élevées sur des pilotis ou sur des radeaux, au-dessus

* Communication de MM. N. G. Bruzclius et Gh. Petenen.

■ n ne faut pas oublier qu'un mors de cheval a été retrouvé dans le lac de NeuchAtel , au milieu des pilotis de la Tène , avec des instruments aratoires.

d'uB oHirécage iaondé, ce qui serait, du reste, parraileineot conrorme aux usages des peuplades lacustres.

Peut-être ne tardera-t-on pas à constater l'existence de restes de pieux qui permettraient de résoudre cette question encore indécise, et de faire rentrer ces découvertes dans la catégorie de celles qui sont déj& propres i plusieurs pays. Les pilotis des tourbières du Hanovre se retrouveront sur bien d'autres points, et les nombreux basons du Nord offriront sans doute , après de nouvelles explorations , Ineo des richesses inattendues. ■

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