‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 52 sur 94 · DU PBBMIEB A6B DU FER. 3&B · texte numérisé non relu

DU PBBMIEB A6B DU FER. 3&B

bosselage de la feuille de bronze ; un anneau en fer destiné à consolider celle-ci est pris dans l'enroulement du bord supérieur ^ C'est dans le tumulus de Gr&chwyl, mentionné plus haut, qu'a été trouvé l'un des vases les plus remarquables de cette période. Il portait sur le flanc un groupe de figures dont le personnage principal est une femme qui tient de chaque main les pattes d'un lion et d'un lièvre. De la tète de cette figure ailée, partent horizontalement deux serpents sur chacun desquels est assis un lion ; un aigle posé sur la coiffure de la femme domine le groupe *. Bien que ce vase, d'origine étrusque, soit étranger à l'art helvétien, il n'en appartient pas moins au premier âge du fer et il témoigne de rapports avec l'Italie qu'il n'est pas hors de propos de constater. Cette importation n'est d'ailleurs pas un fait isolé. Sans parler du miroir étrusque découvert dans les ruines d'Aventicum, un vase pareil à celui deGràchwyl a été trouvé & Neyruz, près deMoudon ', et d'autres, provenant de l'Italie, ont été transportés jusque dans le nord de l'Allemagne et dans les Pays Scandinaves.

' M. le Dr Uhlmann, à l'obligeance duquel je dois ces détails, a découvert dans le même tumulus les firagirents de 4 bracelets en bois, 2 petits anneaux en or d'environ 5 lignes de diamètre , 28 ornements de colliers du même métal , qui , réunis deux à deux , forment des perles ou des grains de 7 à 9 lignes de diamètre, et des fragments en fer de cercles de roue d'un diamètre de 28 pouces. Ces débris de chariots se trouvent assez fréquemment dans les tumulus de la Suisse. — Indicateur d'antiquités p. 6, pi. i. Zurich, 1859.

* Voir plus haut la note 2 de la page 338.

* Il ne reste de ce vase qu'un ou deux petits fragments. M. le notaire Titsot, ayant appris la découverte de Neyruz , se rendit immédiatement sur les lieux où un chaudronnier venait de le précéder. Malgré son empressement à rejoindre l'acquéreur, M. Tissot n'arriva qu'au moment où le vase brisé était déjà dans le creuset. Deux morceaux purent encore être retirés. L'un porte une tète de lion en relief dont le style est identiquement le même qae celui des lions de Grœchwyl.

3&6 DiDUBTRIE

Les armes du premier âge du fer ne monlrent pas moins que les pièces précédentes l'importation d'une ioduBtrie étrangère à la deuxième période. On a vu combien les épées de La Tène diffèreut de celles en bronze par leur forme et par rornemeutation de leurs fourreaux. Il ressort de la découverte d'épées pareilles dans les tumulus de la Suisse et d'autres pays qu'elles ont été d'un usage général, et qu'elles remontent au moins aux derniers temps du paganisme. Ou ne les a peut-être retrouvées nulle part en plus grand nombre que sur le cbamp de bataille de la Tielenau d'où l'on a retiré au delà d'une centaine de ces armes, le plus souvenl mutilées comme on peut l'attendre à la suite d'un combat acharné.

Ces épées, on le voit, sont loin d'être rares, mais il n'en est pas de même des Tourreaux en fer, assez conservés pour permettre d'en distinguer tous les ornements. Les desans que M. le D' Keller reconnaît avec raison n'être ni celtiques, ni romains, ne sont pas sans quelque rapport avec ceui qu'on remarque sur plusieurs objets Scandinaves. La figure

DU PREMIER AGE Dt FER. 347

sabi rinfluence des Helvétiens ou des Gaulois ; il en résulte plutôt que ce nouveau genre de dessin apparaît sur plusieurs points de l'Europe avec le premier ige du ter, et qu'il a été introduit par les invasions incessantes dont l'Asie a été le point de départ. L'art des derniers temps païens chez les Scandinaves doit avoir la même origine que le culte d'Odin et des Ases. Les Suèves, en s'établissant sur les bords du lac Mélar, eurent assurément une large part dans l'importation de ces éléments nouveaux, mais ils ne. furent pas les seuls à les introduire en Europe, et leur pays n'est pas le seul non plus où une partie de ces types ont été reproduits jusque dans le moyen âge.

La forme des épées n'est pas moins caractéristique que celle des fourreaui. Les lames droites et à deux tranchants sont arrondies à leur extrémité ou terminées en pointe peu prononcée. Les premières rappellent ce que dit Tite-Live des épées des Gaulois à la bataille de Cannes, avec lesquelles ils ne pouvaient frapper que de taille '. Les épées de la Tiefenau, langues relativement au glaive romain, n'étaient pas mieux trempées que celles des alliés d'Annibal, qui, d'après Polybe *, se faussaient au premier coup et se redressaient avec le pied en les appuyant sur le sol. Plusieurs sont en effet faussées, et Ton voit, par la double courbure de quelques lames, qu'elles étaient aussi redressées sur le champ de bataille '.

' Lib. XXII, cap. 46. GalUs prtElongi ac sine mueronibus gladu.

* Lib. II , cap. 38.

* On découvre depuis longtemps ces épées en Suisse et certainement ausai dans d'autres pays. Entre les armes réunies dans les collections , aucune ne répond mieux à la description que les auteurs anciens ont donnée de Tépée gauloise. Ces rapports m'avaient déjà frappé, il y a bien des années. Voir ma description des ArUiquiUi du canton de Vaud, insérée dans les GenUUde der

3M INVDSTRIB

Rien de pareil ne pouvait avoir lieu svec l'épée de brome. Parfois celle-ci volait en éclats entre les mains des béros d'Homère, mais elle ne se recourbait pas. L'habitant du Nih4 brisait sur la tombe du guerrier l'épée qu'il avait portée ; od en retrouve souvent les tronçons en bronze jetés auprès de l'urne cinéraire. Plus lard, l'épée de fer est pareillement mise hors d'usage le jour des funérailles, seulement, au lieu d'être en fragments, elle est enroulée ou même nouée comme un ruban '.

La différence de ces armes ne consiste pas seulement dans le métal et dans la forme, mais aussi dans la manière de \e$ manier. L'épée de bronze, svelte et acérée, frappant d'estoc et de^ taille, demandait en général plus de dextérité que de force; celle de fer se prétait moins è l'escrime et rappelle le jugement de Plutarque sur la manière de combattre des compagnons de Brennus qui asnégeaient le capitole. « Leur plus grande force, dit-il, consistait dans leurs épées, qu'ils maniaient A la barbare, lourdement et sans dextérité, entaillant presque uniquement les tètes et les épaules. Camille arma en conséquence la plus grande partie de ses sddets de casques de fer poli, sur lesquels les épées des Gaulois ne

siècles environ avant Tère chrétienne, est exactement la même que celles de la Tiefenau, de Môringen et de La Tène. Des lames longues, larges, plates et flexibles se retrouvent dans le nord de l'Europe avec les antiquités du premier âge du fer. On voit ainsi qu'elles caractérisent bien plutôt une époque qu'un peuple, ou tout au moins qu'elles se répandent d'une manière générale en Occident dès le commencement du troisième âge. Il est probable qu'elles étaient déjà entre les* mains des Kimris. Dans tous les cas, des éléments étrangers se sont introduits dans l'ancienne famille celtique, à la suite d'invasions nouvelles et des fréquents déplacements d'un grand nombre de peuplades.

L'épée de fer présente encore une particularité qui trahit des modifications même dans la constitution physique de la population, c'est la grandeur de la poignée, relativement à celle des armes en bronze. Ces dernières ne laissent pour la main qu'un espace de 2B lignes à 3 pouces, tandis que la poignée des épées de fer a une longueur de 4 à 5 pouces. L'épée de bronze ne pouvait convenir qu'à des mains elBIées, celle de l'âge suivant est maniée par une main plus large et plus forte qui frappait rudement, ainsi que le rapporte P(utarque. La différence de dimensions qu'on remarque sur la plupart des instruments répond à l'introduction de nouvelles familles qui modifient profondément la population précédente ^ Cette action ne parait pas avoir été aussi soudaine

* Ce n'est pas à dire que les mains effilées de l'époque du bronze disparaissent tout à fait dans le troisième âge. On trouve encore bien des bracelets, trop peu ouverts pour y avoir passé de larges mains , trop lourds pour avoir pu être portés dès l'enfance , ou trop massifs pour les avoir fermés sur le bras, ce qui ne pouvait, du reste , avoir lieu quand ils étaient en bois ou en jais. Cette observation conduit encore à admettre l'introduction de nouvelles familles plutôt qu'une modification générale de la population précédente.

que lors de l'invasion des Celles, mais l'infiltration d'éléments étrangera à la deuxième période n'en a pas moins été générale.

La forme introduite dans le premier ftge du fer a subi des modifications chez la plupart des peuples. Les Grecs la changèrent plus d'une fois. Les Bomains Adoptèrent le glaive celtibérien, i la place de la longue épée qu'ils portaient avant les guerres puniques. Les Gaulois donnèrent aussi à leurs James une pointe moins arrondie ' , mais celles qu'on découvre à La Tène et à la Tiefenau se conservèrent sur bien des points. La domination romaine ne fil pas disparaître entièrement le genre d'art propre aux peuples conquis; aussi i'épée d'Ingelbeim, qui, d'après la description de M. Lindenschmidt, porte deux lettres latines, n'est au fond que la reproduction d'une forme antérieure. Ces lames longues, larges et flexibles se retrouvent encore dans les tombeaux des Alemani *, des Francs*, des Anglo-saxons* et des Nor-

' Cette modiflcation de la pointe de l'épée *e rotrooTe *ur lit Tiefeun b1 dani Ira laci de Bieane et de Heucbâtel. U lafBt , pour t'en Taire udb idée , de rapprocher reitrimité irroadie de l'épée de H<Brin|e(i , PI. XIV, Rg. i , de Mlle ds LaTine, fif. 1.

mands ' . L'une, découverte dans un cimetière helvéto-burgonde de Romanel, sur Lausanne (PI. XIY, ^l), porte la partie supérieure d'un fourreau de fer tout pareil à ceux de LaTëne*, où l'on ne découvre cependant aucune des pièces caractéristiques de l'époque burgonde. Les détails précédents montrent assez que l'épée avec laquelle les Gaulois firent trembler les anciens Romains n'est autre que celle de la Tiefenau ou du lac de Neucbàtel, et qu'elle conserve sa forme bien des siècles plus tard, après avoir caractérisé le premier âge du fer.

Ce fut sans doute la disposition des lames d'épée à se fausser qui amena l'usage du coutelas à un seul tranchant, fortifié par l'épaisseur du dos de la lame. Le poignard devint plus acéré et moins large vers la poignée que dans la période précédente. La pointe de lance reçut de grandes dimensions ; si elle conserva parfois les gravures celtiques, la douille se releva en arête vive et tranchante entre les ailerons (PI. XY), chez les Helvétiens et chez les Scandinaves. Les pointes de pique, lourdes et massives, sans aileron, ne sont pas rares dans les lacs, et celles de trait à quatre pans, conservées à répoque romaine, deviennent les carreaux du moyen-àge, en recevant une pointe moins acérée.

by G. Roach-Smiih. ArckoBologia, vol. XXIV, PI. X, 3. — Saxon Ob$equie$f by R. G. NeviUe, PI. XXXIV, 96, 1852. — Fairford Graves, by W.-M. Wylié, PI. X, 1, 1852. — L'Angleterre possède aussi des épéet du premier ftge du fer avec des fourreaux de bronze très caractéristiques.

* Le musée d'antiquités de Christiania renferme des lames du même genre. Dans le second âge de fer, elles sont munies d*un lourd pommeau et d'une croisière de fer, parfois damasquinée en argent.

* Cette épée a été trouvée par M. H. Bovey, sur une hauteur entre Roma> nel et les plaines du Loup, avec de grandes plaques d'agrafe, richement damasquinées, qui ne peuvent laisser aucun doute sur l'époque à laquelle remontent ces antiquités.

SSi iNODsnii

Les Gaulois qui affectaient de se dépouiller d'une partie de leurs vêtements sur le champ de bataille pour braver les coups de l'ennemi, n'en avaient pas moins des armes défen- »ves. On a retrouvé sur le champ de bataille de la Tiefenau des restes de cottes de mailles, formées de petits anneaux eu fer passés les uns dans les autres, et quelques débrie en hronze, mais fort incomplets, qui semblent provenir du casque. M. A. lahn a recueilli avec ces ^gments une pii», longue de 3 '/i pouces, représentant le cou et la télé d'un oiseau qui rappelle le genre de cimier en usage chez les Gaulois, mais dont l'aspect n'a assurément rien d'effrayant bien qu'ils cherchassent à inspirer la terreur par la reproduction, sur leurs armes, d'animaux sauvages ou fantastiques. Lecasque a été découvert dans les tombeaux deHalisladl ainù que l'umhon du bouclier. La tourbière de Brarup, dans leSchleswig, contenait plusieurs boucliers circulaires en bois, revêtus sur leur pourtour d'un petit rebord en bronze, et, sur le centre, d'un umbon du même métal, dont la forme reproduit déjà celle des umbons en fer des Suëves et des Aiemaoi.

Un petit bouclier circulaire en bronze , conservé dans la collection de l'inslilut archéolo^iiiue de Londres, a été sorti

uns aux autres par des lanières de cuir entrelacées. La destination positive de ces pièces est encore inconnue ^

Des chariots ont laissé sur le champ de bataille de la Tiefenau de nombreux débris de cercles de roue et de ferrements divers. Ce n'est pas ici le lieu de rechercher s'ils avaient servi & l'attaque; quoi qu'il en soit, le vaincu s'en faisait un rempart au besoin. C'est ainsi qu'à Bibracte, les Helvétiens, obligés de céder le terrain, combattirent longtemps encore, les uns du haut de leurs chariots, les autres en lançant des traits à travers ce retranchement improvisé. L'usage de placer dans la tombe du guerrier une ou deux roues avec le harnachement du cheval de guerre existait chez les Helvétiens, de même que chez d'autres peuples. Le tumulus recouvre parfois les ferrements plus ou moins endommagés de ces roues de dimensions diverses, dont quelquesunes mesurent à peine trois pieds de diamètre. Les cercles portent ordinairement les clous qui les fixaient aux jantes ; leur largeur de 8 à 9 lignes montre que le bois était d'une grande l^èreté, ce qui exigeait de la part du charron un art déjà fort avancé. On sait du reste combien est surprenante l'exécution du chariot en bois de bouleau, découvert dans un tombeau égyptien et conservé à Florence ; dépourvu de toute garniture de métal, on l'a attribué aux Scythes à cause de l'espèce de bois employé. Il est vraisemblable que les peuples de l'Occident n'étaient pas moins habiles dans le charronnage. La roue du chariot gaulois se retrouve à Alaise, mais je ne sais si l'on en a découvert de plus ornées que dans les tombelles d'Anet où les moyeux et les rais

* Un disque de ce genre, découvert dans un tumulus de Croix, sur La Sarrai, avec les rragments d*un bracelet en bois, a été déposé dans le cabinet d'antiquitéç , à Lausanne.

util. ET DOCDM. XVII. 28

S5ft INDESTRll

étaient revêtus de feuilles en bronze. Des espëcet de tnillu du même métal, avec des jours de la forme de cercles, de triangles et de losanges, étaient accompagnés des restes en cuir du harnais oroé de nombreux clous ou boutons de brome disposés en figures géométriques '.

Cette éaumération des antiquités du premier ige du fer pourrait élre complétée par les passages des auteurs anciens sur les ornements, les armes et les vêlements des Gaulois, des Bretons et des Germains, mais quelque restreinUs que soient les détails qui précèdent, ils suffisent pour donner une idée du développement des arts métallurgiques et de l'industrie en général. Il est facile de s'assurer que ce dév^oppemeot ne s'est pas opéré en Occident sans le concours de nouveaux éléments arrivés de l'Asie. Si quelques formes passent naturellement d'une période à l'autre et accusent une transition plus complète qu'à l'époque de l'introduction du bronze, il existe assez de traits distinctib qui indiquent nonseulement l'impulsion imprimée par le travail d'un nouveau métal, mais aussi l'introduction d'un genre d'art entièrement étranger à l'Age du bronze. Tandis que la gravure cellique est renroduile sur tilusieurs ornements et sur Jes fers

bosselées ou cannelées, recouvrent Ta vant-bras et la ceinture. Les fibules de formes variées sont beaucoup plus nombreuses que précédemment. Les cbainetles avec leurs pendants et leurs grelots deviennent Tun des ornements de prédilection, et rappellent, ainsi que les figures d'bommes ou d'animaux plus ou moins fantastiques, les passages des auteurs anciens sur les Gaulois. La plupart des instruments reçoivent de plus grandes dimensions. Il en Qst de même des armes qui, dans des mains plus fermes, caractérisent le sabreur et les grands coups portés à la barbare, comme le dit Plutarque. Il est difficile de préciser le moment de l'introduction de ces armes et de cette industrie prise dans son ensemble. Cependant l'établissement des Pbocéens à l'emboucbure du Rhône et l'invasion des Kimris dans le Nord durent exercer une grande inOuence sur le premier âge du fer, dès le sixième siècle avant l'ère chrétienne. Ce fut sans doute des Phocéens que les Gaulois reçurent l'art de travailler le verre ainsi que d'autres connaissances empruntées à l'Asie mineure. Les Kimris, qui venaient des côtes de la mer Noire sur lesquelles on a constaté les traces d'une antique civilisation S possédaient le fer dès longtemps; peut-être est-ce à eux qu'il faut attribuer l'importation de l'épée adoptée par les Gaulois. Cette arme se retrouve du reste entre les mains de la plupart des peuples qui envahirent l'Europe, sous l'empire romain, confirmation suffisante de son origine orientale, mais encore est-il bien certain que les Kimris aient été les premiers à l'introduire dans les pays où ils se sont établis? Il est à remarquer que les formes caractéristiques du premier &ge du fer ne disparaissent pas entièrement sous la do-

* Voya(/e autour du Coucou, par Dubois de Montpéreux.

SW INDUSTIIIE DU PRIHIRR lOC DC FER.

mioatioD des Romains. Plusieurs sépultures de cette dernière période conservent des traces non équivoques de l'art national des Gaulois dont l'influence subsiste même après la chute de Borne.

Lf-s numismates ont déjà foit observer combien les tiers de sol mérovingiens empruntent de traits aux monoaies gauloises. 11 en est de même des autres produits de l'industrie du V* au IX' siècle de notre ère, sur lesquels il est focile de constater une transmission analogue. Le nouveau ^nre d'art qui se forme, à l'origine du monde moderne, a bien plus d'affinité avec le premier âge du Ter et le Barbare des dernières invanons qu'avec la civilisation romaine. Les prototypes de la plupart des formes nouvelles se retrouvent sur les bords de la mer Noire et entre autres dans les tom beauxde la Sibérie. C'est là qu'il faut chercber lea agrafes et les plaques de ceinturon, la ciselure large et profonde, les verroteries cloisonnées d'or et plusieurs des animaux fantastiques reproduits jusques dans les temples cbrétiens. Cette région de l'Asie n'est pas la seule sans doute qui donne lieu à ces rapprochements , mais les vastes contrées, au nord de l'Altaï, ont servi de slalion à bien des peuples qui, de \à, se

GOMMBIICB. 357

place à rintroduction de bietf des éléments constitutifs qu'il importe de relever. Il suffit d'examiner les antiquités du premier âge du fer pour s'assurer qu'elles sont étrangères à la civilisation du Midi. Ce n'était pas des Romains que lesGaulois tenaient leurs longues épées de fer flexibles et sans pointe» leurs chaînettes, leurs grelots, leurs boucliers et leurs casques ornés de figures bizarres. Des pièces pareilles peuvent se trouver en Grèce et en Italie, mais lorsque ces pays en étaient encore à ces ébauches de l'art, leur influence ne pouvait s'étendre bien loin. D'autre part, quand les Barbares apprirent à connaître les Romains, ils étaient plus disposés à détruire l'empire naissant qu'à lui emprunter son industrie. Les rapports d'hostilité contribuent sans doute à propager bien des connaissances» mais ce ne sont pas les produits de de l'art classique qui ont servi de prototypes dans le premier âge du fer.

Commerce, momiaies, écriture.

Le développement du commerce a été une conséquence naturelle de celui de l'industrie. Si chaque famille pouvait, dans l'âge primitif, fabriquer les instruments de première nécessité, il n'en est plus ainsi dès qu'on travaille les métaux et entre autres le fer. Plus les professions se multiplient, plus les échanges ou le commerce deviennent indispensables. Les matières mises en œuvre étant plus nombreuses, il en résultait aussi des communications plus fréquentes et l'établissement de voies mieux ouvertes. L'étain venait toujours de l'Angleterre. L'ambre s'exportait en plus grande quantité. L'Helvétie recevait même quelques produits de l'art

3B8 coiiHBncB, uontuies et ecritubk

étrusque. Les antiques vases en brouze de lltatie^ répandaient jusques dans les pays Scandinaves *. Quant au fer, il pouvait être exploité dans la plupart des pays. Hallsladl le recevait sans doute des mines de la Norique. Dans un grand nombre de contrées, on retrouve les traces d'antiques exploitations dont plusieurs remontent certaioemenl & l'époque qui nous occupe. M. Em. Muller a découvert dans les environs de Nidau des masses qui, d'après M. le docteur Keller, seraient la talea dont parle César V M. Quiquerez a constaté dans le Jura bernois les indices d'exploitations fort anciennes. Le torrent de la Venoge, dans le canton de Vaud, roule au milieu de ses galets d'innombrables scories de fer qui se retrouvent en dessous de Cossonay dans les allavions d'un ancien lit, roulées avec des poteries romaines h une assez grande distance du lit actuel. Ces scories, produites par la forge catalane, d'après le savant géologue M. Emilien Dumas, sont d'autant plus intéressantes qu'on n'a pas <xtnservé le souvenir de forges tant soit peu importantes le long du cours de la Venoge *. Malgré la facilité qu'avait chaque peuplade d'exploiter ce métal, il n'en fallait pas moins des funileries et des forges nombreuses dont les produits tlevc-

Ce qui doniiti au commerce une impulsion toute nouvelle, ce fut entic autres l'emploi de la monnaie qui rendit toute vente et toute acquisition plus faciles. On fait remonter à, deux ou trois siècles avant l'ère chrétienne, l'introduction de ce moyen d'échanges dans les Gaules. Si les types grecs furent souvent imités, les Gaulois n'en eurent pas moins leurs coins particuliers et caractéristiques. Des enfouissements considérables de monnaies celtiques en or ont été retrouvés sur quelques points de l'Allemagne. On en découvre quelques-unes dans les tombeaux de la Suisse ; plus d'une treolaine de pièces gauloises et massatiotes ont été recueillies sur le champ de bataille de la Tiefenau ' .

Plusieurs monnaies celtiques portent des inscriptions qui montrent que les anciens Gaulois connaissaient l'écriture avant la domination romaine. L'usage, dans les cérémonies funèbres, de jeter sur le bùclier des lettres à l'adresse du défunt avec un compte exact de ses affaires, d'autre pari la défense des druides de reproduire par l'écriture les mystères de la religion, témoignent qu'il devait exister un certain degré Je culture. Enfin l'on sait que César trouva dans le camp des Helvéliens, après la sanglante journée de Bi-

; que ks

i en Anglel :>. (lu V< liècle avant noire ère.

II le duché de Pnicn. On sup

s ne lont pas rare» en France, re, — Une découverte do nionnaiea grecété Taite i Nnckel, dialrîct de Bromlierg, IB qu'elle se raltaclie

l'ambre. Le» pays du Nord qui recevaient benucoup de tnonnaiet Alrangâret,

•urloul aprèi la chule do Home , les em^iloïaienl d'après leur valeur tnélal-

llque et Ici portaient souvent comme des médaillons , en lu pert^inl ou en

L JIxant un tenon pour les passer A un cordon. Les anneaux d'or ou d'nrgent qui

P l'enroulaient autour du brai tenaient sauvent lieu de monnaie en en déla-

•ohinl quelque partie avec la hache. Ce dernier usage a été Ire* répandu diR)

Btiquili.

360 AGRICULTVRE ET ANIMAUX DOMBSTIQUKS

bracte, des tablettes écrites ea caractères grecs sur lesquelles étaient inscrits le nombre des hommes sortis du pays, ceux qui pouvaient porter les armes, et, sur des listes à part, les enfants, les vieillards et les femmes.

La monnaie et l'écriture n'apparaissent guère chez on peuple avant qu'il ait acquis le degré de développement nécessaire pour travailler le fer. On peut dire que l'une et l'ao- Ire furent inconnues en Europe, dans l'ftge du bronze, et en Amérique, jusqu'au XVI' siède , malgré les quipos des Péruviens et les espèces de hiéroglyphes des Mexicains. Sans monnaie, le commerce est toujours limité dans ses transactions ; sans écriture, pas de chronique et pas d'histoire.

Agriculture, animaux domestiques, voies.

L'agriculture prit un nouvel essor. La faucille recul ses dimensions actuelles et la faulx commença à se répandre. Pline dit que « les Gaulois ont imaginé de foire porter leur charrue sur de petites roues. Leur soc, plat comme une pelle , tourne très bien les mottes de terre. Une paire de

DU PRBMIBR AGE DU PBR. 361

port de Pythéas et bien moins encore aux Germains. Lorsque les Helvétiens se décidèrent à quitter leur pays, ils ensemencèrent le sol de manière à pouvoir prendre sur les récoltes de deux ans du blé en suffisance pour Tentretien de 368,000 personnes, pendant la campagne qu'ils allaient entreprendre ^ Ils avaient en outre réuni une grande quantité de bétes de somme et de chariots, et ils livrèrent aux flammes tout ce qu'ils ne pouvaient emporter, y compris le blé qui était de trop, chacun ayant reçu Tordre d'emporter des vivres pour trois mois.

Ces renseignements, fournis par César, disent assez que l'agriculture et le soin des animaux domestiques n'avaient pas décliné depuis les âges précédents. Le cheval, rare dans le premier âge, accompagne actuellement, sur le champ de bataille, l'Helvétien qui avait aussi sa cavalerie. Le bœuf est employé aux travaux de l'agriculture, et l'on ne saurait passer sous silence ces nombreux troupeaux de cochons que Strabon dit avoir été remarquables par leur taille, leur force et leur légèreté à courir *.

Dès que le commerce et l'agriculture prennent un certain développement, des voies doivent être ouvertes pour faciliter les relations et les transports. Il va sans dire que des groupes d'habitations, parsemés dans un pays, ne tardent pas à être rendus accessibles, mais le chemin qui pouvait suffire quand on manquait de chariots demandait à être réparé

* Ce chiffire comprend la population totale des Hehétiens a^ec celle des aUiés qui se joignirent à eux pour l'émigration. Ces derniers avaient sans doute fait les mêmes préparatife.

* Les découvertes ne permettent pas encore de constater si, de même que dans le Nord, les races d'animaux domestiques du premier &ge du fer sont généralement plus fortes que précédemment,

36S VOIES ANTIQOES.

poar oe nouveau moyen de transport. I^ chariot remonte dans tous les cas à une hante antiquité. Il a même pu être fabriqué sans le secours du métal, comme on l'a tu plus haut, et l'on ne peut douter qu'il n'ait été connu des populations de l'ège du bronze, quand on retrouve de petits ornements de cette période qui reproduisent exactement la forme de la roue avec son moyeu et ses rais.

Une voie était ouverte du nord au midi de la Gaule pour le transport de l'étaio. César dit que les Helvétieos avaient deux voies ou plutAt deux issues pour leur émigration, l'une h travers le pays des Allobroges, l'autre entre le Jura et le RhAne où les chariots ne pouvaient passer qu'à grand peine, les uns après les autres. Deus routes parcouraient les rives du Léman qui conservent les dénominations celtiques de plusieurs établissements ; elles se rejoignaient dans la vallée du RhAne d'où Ton passait en Italie par le Saiot-Beroard, sur lequel il n'est pas rare de trouver des monnaies gau* loises. Une autre voie, fort ancienne, est celte qui a reçu le nom de via strata, après avoir été réparée par les Romains. Son tracé doit être antérieur aux conquêtes de César. S'il eût été fait par les Romains, il aurait ccrlainemcnl trnverst'

COUP d'oeil sur le premier AGE DU PBR. 363

Od voit encore, entre autres dans les forêts, beaucoup de traces de chemins dès longtemps abandonnés, dont le long usage a cependant profondément sillonné le sol. Une partie de ces routes remontent à une haute antiquité. Les Romains en améliorèrent plusieurs dont l'établissement avait été nécessité par le commerce et par l'agriculture qui apparaissent dès les âges les plus reculés.

Conp-d'œil sur le premier âge du fer, sa durée

et sa fin.

Les antiquités du premier âge du fer présentent des analogies trop frappantes, dans la plupart des pays où on les trouve, pour attribuer spécialement ce nouveau genre d'industrie à l'un des peuples de l'ancienne Europe. Lorsque la Grèce et l'Italie en étaient à ce degré de développement, le bronze était encore le métal prédominant au nord des Alpes, et, quand le fer fut introduit dans ces dernières contrées, l'industrie du Midi avait pris un tout autre caractère. C'est de l'Asie que s'étaient acheminés les premiers émigrants; l'origine des Celtes est la même, et c'est encore de l'Asie que viennent les principaux éléments qui caractérisent la troisième période. Les mouvements incessants de plusieurs peuplades contribuèrent à répandre partout le même genre d'industrie, mais les individualités ne lardèrent pas à se développer, et à témoigner leur prédilection pour certains types ou certains ornements. Les anneaux en verre et les bracelets en bois ou en jais sont, jusqu'à présent, plus nombreux en Suisse qu'ailleurs. C'est dans le Nord qu'on a trouvé le plus fréquemment les umbons des boucliers. La transmission des

364 cuDP d'obil

formes de l'ftge du bronze est I'ud des traits distiooUfii de la découverte de Hallstadt. L'élude, eo se géoéralisaot, permettra de Baisir plus complètement la direction imprimée par chaque peuple à cette nouvelle industrie.

Il importe aussi de ne pas oublier que le travail du fer en lui-même eut une grande inQuence sur le dév^oppemeot général. L'art de le produire réagit & son tour sur le peuple qui sait en extraire le minerai, le fondre, le forger, le tremper et l'acier^. Le fer n'est pas la civilisation, mais il en est une condition essentielle. Il est à remarquer que plusieurs découvertes lui sont intimement liées, et que, d'une manière générale, la monnaie, l'écriture et les travaux historiques n'apparaissent pas chez un peuple avant qu'il ait su s'approprier le travail du fer qui, de tous les métaux, est de beaucoup le plus précieux.

Si les armes et les ustensiles de La Tène, du Steinberg el de la Tiefenau ne caractérisent pas un art exclusivement propre à l'Helvétie, ces découvertes, ainsi que celles des sépultures, n'en sont pas moins d'un haut intérêt pour l'histoire de la Suisse. Il était facile, sans doute, d'attribuer

t Helvétiens les antiquités d'un };enre étrani

Les antiquités lacustres viennent du reste confirmer les inductions tirées précédemment des sépultures, car il est évident que les rares emplacements occupés en Suisse, pendant le troisième âge, l'ont été par les débris de la population primitive qui s'était assimilé l'art des Helvétiens ou plutôt du premier âge du fer comme elle l'avait fait de celui des Celtes. Si l'Helvétien avait eu L'habitude de construire sur les eaux, on retrouverait les restes de ses habitations dans la plupart • des lac»^ la Suisse, et l'on ne comprendrait pas d'où proviendrait^ l'abandon général de ces constructions, à une époque où il était le maître du pays. On a vu que la contrée qu'il avait occupée dans la Germanie, manquant de bassins d'eau, ne se prétait pas à ces usages, aussi ce peuple avaitil d'autres moyens de défense dont on retrouve les traces dans divers cantons. De même que la généralité des Gaulois, il se fortifiait sur des plateaux protégés par des escarpements naturels, ainsi que par des fossés et des levées de terrée Les forêts, avec les abatis de bois, et les retranchements en terre dans les marécages servaient aussi de refuge.

ne possédaient pas depuis très longtemps les armes en fer, et qu'ils n'ont pas derancé de beaucoup le développement des peuplades qui occupaient la Suisse avant eux.

' Mitih. der onHq. GewU. in Zurich. VU' Band 1858. Keîtische VeiUn von D'Ferd. Keller. — Der KanionBem^ von A. Jahn. — M. Quiquerez a constaté plusieurs de ces retranchements dans le Jura bernois. — M. Golay, ancien préfet, m'a fait voir, en 1859, dans un bois de Goumoëns-le-Jux, un plateau retranché, fortifié par des escarpements naturels et par une levée de terre d'environ 500 pas de longueur, sur une hauteur de 19 à 18 pieds, à partir de la surface du sol, un fossé de profondeur inégale a été ouvert du cété opposé à l'enceinte. — En 1850, j'ai présenté à la Société d'histoire de la Suisse romande, les relieft en argile de trois constructions en terre des environs de Gollion, au-dessus de Morges. Elles portent dans la localité les noms de Chd^ telard^ de Bove% et de Fort de Briehy. Ce dernier est une reproduction en miniature des Erdburg du nord de l'Allemagne, et des Hradmhjt de la Rut-

560 DuniB rr fui

Les Allobriges qui se réfugiaient dans leurs bourgades Ucustres étaient vraisemblablement des descendants da premier peuple, de même que ceux qui avaient oonservé l'usage d'é* lever à leurs dieux des chapelles lacustres. Encore ici, des recherches ultérieures serviront A élucider ces questions sur lesquelles il n'est certainement pas inutile d'attirer l'attention des savants. Ces observations ne doivent cependant pas s'appliquer avec la même rigueur, aux crannoges de l'Irlande et de l'Ecosse, va que leur position était assez fMto pour être utilisée jusques dans les temps modernes par }m divers habitants de ces pays.

La destruction deLaTëne et du Steinberg ne peut se rattacher qu'indirectement à l'émigration des Helvétiens qui, de leur plein gré, mirent & feu leurs villes et leurs villages pour être mieux disposés à braver les périls, en se privant eux-mêmes de l'espoir du retour. Si les habitants de ces bourgades avaient incendié leurs propres demeures, ils n'auraient pas laissé se pardre dans les eaux tant d'armes remarquables. Affectionnés & leurs antiques constructions, ils en ont sans doute été délogés violemment par les maîtres du pays. Peut-être aussi que la prospérité de ces cités

DU PBKMIBR àGM DU FER. 367

La durée du premier âge du fer a beaucoup varié d'un pays à UD autre, seloD que les voies de communication étaient plus ou moins ouvertes ou d'après le développement plus ou moins lent des peuples. La fin de cet âge a pour limite naturelle, en Grèce et en Italie, le momenl où les arts et la civilisation prennent leur essor. Les pays de l'Occident, qui tombèrent sous la domination romaine, virent s'ouvrir par là même une nouvelle période, malgré tout ce qui a pu se conserver d'éléments antérieurs. La plupart des contrées de TEuiOfe, restées indépendantes, entrèrent dans le second âge du fer, dès la chute de Rome, par le Cait des invasions qui contribuèrent à renverser cet empire. 11 est moins facile de déterminer les différents moments auxquels remonte l'introduction de ce métal. Connu dès une haute antiquité en Asie, Homère nous le montre comme étant encore peu répandu sur les c6tes de la Méditerranée , à l'époque de la guerre de Troie; Il n'en était cependant plus âiasi du temps d'Usiode. On a vu que l'Italie suivit de près ce mouvement'. Le fer apparaît, dans les Gaules, au plus tard dès le VI^ siècle avant notre ère. Toutes les contrées de l'Allemagne ne Tourniront sans doute pas les mêmes données que celle de Hallstadt, cependant de nombreux tumulus caractérisent la même période. Les Bretons, habiles à exploiter l'étain, ne

' On a cité quelquefois le paieafe suWant de Tite-Live (Lib. I, cap. 43) pour montrer que les armes des premiers Romains étaient en bronze:

« Arma hû imperata; gaUa, dypeutn, ocreœ, lorica, omnia ex œre ; hœe

ui ieffumenia ùorparis e$$ent; tela in hasiem^ hoêtaque et gladius. Les mots omnia ex (tre ne se rapportent qu'aux armes défensives, qui étaient déjà en fer longtemps avant l'époque de Tite-Live. Dans la pensée de l'auteur, les armes offensives, dont il n'indique pas la matière, étaient en fer, ce qui ressort suffisamment de l'emploi qu'il fait du mot /errumdans les chapitres précédents.

368 FIN DD PREHIER AQE DD FER.

purent rester longtemps étrangers aux arts métallurgique des pays vcnsins. Les rives de la mer Baltique ont vraisemblablemeat possédé le fer plus andeonement qu'on ne le suppose en général, car il n'est pas certain que les Suèves aient été les premiers'à le faire connaître.

Les observations qui précèdent sont trop générales pour ne pas laisser place A bien des exceptions. Telle contrée isolée a conservé beaucoup plus longtemps qu'ailleurs la œsnière de (aire des temps les plus anciens. De qm jours, il est encore pins d'une vallée alpestre où l'on peut rebttuver de nombreuses traces des usages primitife.

Des découvertes ultérieures apporteront de nouvdles lumières sur les questions soulevées par l'introduction des métaux. Dans tous les cas, les débris de l'époque belvétienne sont assez abondants pour caractériser la troisième période antérieure à notre ère. D'autre part, si l'on lient compte que les deux premiers ÉBse ont eu chacun une durée d'une étendue assez considénMe, on peut s'assurer que les chiffres proposés plus haut pour indiquer l'arrivée des premiers babitantB de l'Helvétie, n'ont rien d'exagéré.

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