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LES PEUPLADES LACUSTRES, LEURS MŒURS ET LEURS DESTINÉES

Aprte avoir rcteré les traits caracténstiques des diverses périodes de l'antiquité, il ne sera pas hors de propos de jeter un coup d'œil d'ensemble sar les peuplades dont on vient d'étndier'les restes, et de dire quelques mots des contrées

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manilé, car ces débris n'ont une valeur réelle qu'en tant qu'ils nous révèlent le degré de culture^ et, à bien des égards» la manière d'être des générations qui nous ont précédés. S'il reste encore de grandes lacunes à combler, on peut toutefois soulever un .coin du voile qui dérobait à nos regards les premiers habitants de l'Europe. A défaut d'une histoire détaillée, nous avons du moins celle de l'homme, à partir des temps les plus reculés.

Aspect des premières contrées habitées.

De nos jours, quand on voit les cités populeuses de TOccident, les nombreux bourgs et villages répandus en tous lieux, la fertilité générale du sol, les produits merveilleux de l'industrie, et les voies de communications ouvertes dans toutes les directions, on ne se reporte pas sans quelque surprise au moment où l'homme pénétra pour la première fois dans ces contrées. De nombreux marécages sur plusieurs points et de vastes forêts vierges sur d'autres rendaient la marche difficile ; aussi les hommes qui s'acheminaient vers ces régions inexplorées suirîrent-ils de préférence les rives des eaux. Lorsque les familles qui remontèrent le cours du Rhône arrivèrent sur les hauteurs du Jura, elles découvrirent le bassin du Lféman dans lequel se reflétaient les grandes forêts du rivage et la chaîne majestueuse des Alpes. Un soleil radieux, les sombres tempêtes, l'hiver neigeux et le retour du printemps en changeaient l'aspect, comme de nos jours; mais l'homme n'avait pas encore paru sur ces bords où venaient se désaltérer des ceris et des chevreuils nombreux, des animaux carnassiers et l'urus, le géant des fo-

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rét9. L'aigle planait déjà sur les Alpes, et le chamois n'avail pas Jk redouter les traits du chasseur.

Ces premiers possesseurs du sol durent se retirer peu h peu devant uoe nouvelle population qui vint élever sur 1rs eaux des groupes pittoresques de cabanes, dont la fumée du foyer se répandait dans les airs. Le feu, allumé sur la rive où étaient parqués les animaux domestiques, servait à éloigner, pendant la nuit, les carnassiers qui ne connaissaient encore ce redoutable élément que par les éclairs sillonnant lescieus, et par les éclats de la foudre répandant la terreur chez tous les êtres. Dès que l'habitation lacustre eut pris quelque développement, des milliers de pilotis supportèrent l'esplanade avec de nombreuses cabanes circulaires surmontées de toits coniques. Un pont étroit reliait ces demeures à la rive ; des canots amarrés aux pilotis servaient k la pèche et à l'exploration. Entre les trophées de la chasse qui décoraient l'habitation , se trouvaient les grands bois de cerf, la peau de l'ours, la bure du sanglier et tes tètes du taureau sauvage, dont les Gaulois aimaient à se faire des casques. L'ameublement . comme' on l'a vu, était des plus primitif. Des feuilles et des herbes sèches, de la mousse et aussi de la

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les bâssiDS occupés par ces anciens pionniers, puis il vint un moment où la population , par son accroissement, dut aussi se répandre dans l'intérieur des terres. Tel était l'aspect que présentaient, non-seulement l'Helvétie, mais toutes les autres contrées occupées, dès les premiers âges, par les peuplades lacustres.

Influence de la bourgade lacustre sur ses

habitants.

La manière de vivre d'un peuple réagit nécessairement sur toute son existence, et Ton ne saurait roéconnattre l'influence de la bourgade lacustre sur les mœurs et sur l'organisation sociale de ses habitants. Tout le travail qu'exigeaient ces constructions ne permet pas de les envisager comme des demeures temporaires; aussi la vie nomade devait-elle être étrangère à ces peuplades. L'espace limité sur lequel s'élevaient les cabanes obligeait de les grouper tout autrement qu'on ne l'eût fait sur terre ferme. L'esplanade, propriété commune, était certainement construite, entretenue et agrandie par la communauté. Plusieurs travaux devaient ainsi être exécutés par celle-ci, mais il fallait fixer des démarcations entre les intérêts généraux et particuliers de la population dont les membres se trouvaient journellement en contact, et constituer une autorité capable de faire respecter les usages établis. A l'origine, l'autorité patriarcale des chefs de famille suffisait, alors que chacun pouvait choisir à son gré, dans une contrée inoccupée, l'emplacement qui lui convenait. Lorsque la population s'accrut, ce fut sanA doute À la famille qu'on emprunta les éléments de l'i

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dale, maÎB plus tes inUrèts ftireot nombreux, plus aussi il Ait nécessaire de les régoltriser. I) fallait limiter l'espace dont pouvait disposer chaque habitant pour construire u butte et pour déposer ses proviùons diverse*. La tendance naturelle à envahir devait être r^rimée. Une police élait même indispensable pour empêcher tout ce qui aurait pu compromettre la sûreté générale , et probablement pour faire éteindre les feux lorsque les vents se déchaînaient sur ces frêles habitations. La boui^de lacustre ne pouvait donc se passer de lois, d'autorité ou de chef. Quand ces communautés se mulUplièrent , de nouveaux accorda durent être conclus. La pécbe el la chasse étaient sans doute assez abondantes pour n'avoir pas à en limiter l'exercice, mais encore divers usages prirent sans doute force de lois. Vint le moment où le p&turage dut être circonscrit. L'agriculture, connue en Suisse dès les ftges les plus reculés, eut pour conséquence la délimitation du soi et la garantie de la propriété.

Ces bourgades, ayant chacune leur organisation locale, ne pouvaient guère demeurer étrangères les unes aux autres. Si l'accroissement de la population portait quelques familles à s'établir sur d'autres points, des liens devaient ratta-

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difficile de dire si ces popiilttioiis adonnées à l'agriculture, mais aussi à la chasse, qui D*étail pas sans danger, avaient des moeurs guerrières. Il nous reste plus de traces de leurs défaites que de leurs victoires. Elles étaient sans doute plus plus préoccupées de la défense que de conquêtes lointaines, et l'attachement à leurs rivages devait les détourner des contrées qui n'avaient pas les mêmes bassins d'eau .

Lors même que ces peuplades ne nous apparaissent pas avec des mœurs éminemment guerrières, elles n'en avaient pas moins une énergie réelle, que toutes les difficultés de construction contribuaient à développer, surtout avant l'emploi des métaux. On a vu quel labeur inouï exigeait la coupe des bois avec la hache de pierre, et combien il y avait de travaux à exécuter avant d'élever les cabanes. Sans parler des contrées où des hivers rigoureux rendaient difficile l'entretien de la famille, on doit reconnaître que la vie sur les eaux et les luttes continuelles avec cet élément n'étaient pas sans influence sur les mœurs. L'enfant, dès son jeune âge, était souvent bercé au sein de la tempête; habitué de bonne heure à surmonter les dangers, élevé dans un genre de vie rude et laborieux, son éducation devenait nature, et il ne pouvait guère ne pas s'affectionner à cette existence qui n'était pas sans charmes pour un peuple ignorant tout comfort; voilà pourquoi nous le voyons conserver ses usages aussi longtemps qu'il possède quelque indépendance.

Genre de vie.

Le genre de vie des peuplades lacustres ressort nettement des découvertes qui ont été faites depuis quelques années.

.xe GBNHC DE VIK

La pèche et ia chasse étaient bik occupation dont t'iinportance résultait de l'ahondance du poisson et du gibier. L'agricullure contribuait à faire préférer un établissement stable i la vie errante. Celui qui défriche le sol, qui le cultive et l'ensemence, tient à recueillir les fruits de ses labeurs ; »'il change parfois de patrie, comme ce fut le cas des Hclvétiens, on ne peut le confondre avec le nomade. Le grand nombre d'animaux domestiques dont on retrouve les ossements dans les lacs de la Suisse, dès l'âge primitif, disent assez la place qu'occupait la vie pastorale. L'industrie des divers îlgcs se fait remarquer, soit parles difficultés vaincue.'^, soit pur les produits des arts mêlai lurgiques. Quand on les examine de près, on est souvent frappé de l'élégance des formes, de la finesse des gravures el de l'amour de l'ornemi'ntation. Le commerce était aussi une branche imporlanle de l'activité de ces anciennes populations.

Chaque famille ne pouvait se livrer k toutes ces occupations, qui demandaient ainsi l'eiercice de professions diverses. La division du travail contribuait à la prospérité générale, de même qu'au développement de la société. On ne doit cependant pas oublier que les principaux éléments de pro-

lu fer, les nMeiirs •'

Après avoir éni caractérisent le pas hors de proposée avait aussi ses jeax et trouvé dans les bcs, est rAmériqne da noid se peuple chasseur devait des armes et rivaBser de deilfiHé mm et dre le but, lancer le javelot mm course et la lutte. Coaneat eeW ^ viiait j«r les se serail-il pas Cul souvent un jen de rb^ikléà mamtr Taviroo ou à fendre les flots de sa fwte poUrne? Leseniuls rie la bourgade, non inoinsque les rirerains actuels^ joaaimt à la surface des lacs ou plongeaient du kant de respbnade. Devenus grands, auraient-ils p« se passer de Fclcf nt sur lequel ils avaient été élevés? D'antre part, il est rare que celui qui a la passion des ornements personneb n'ait pas anssi celle des réjouissances. Quand on voit combien ces peuples aimaient à se parer d*anneaui, passés à tous les membres, de longues épingles, de chaînettes, de pradants et même de grelots, il parait évident qu'ils n'affectionnaient pas moins les divertissements et les CHes. Les rondes et les danses qui jouaient un rôle dans le culte n'avaient certainement pas un caractère exclusivement religieux, et l'on peut supposer que les récréations et les jeux étaient ce qu'ils sont encore chez les peuplades qui n'ont pas dépassé le degré de développement atteint par les anciens Gaulois.

Les habitants de la bourgade, dispersés par les travaux du jour, venaient à la nuit chercher le repos dans leurs demeures ; mais, après les labeurs, la brise du soir ou la douce

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clarté de la luoe les invitait à se grouper sur l'esplanade, où la gallé n'était pas mtHDdre que dans la veillée du village moderne. On peut se représenter busm les membres de la famille réunis en cercle autour du foyer domestique placé au centre de la cabane. C'était là que se transmettaient de génération en génération des traditions dont les Gaulois et tûen d'autres peuples avaient conservé le souvenir. Le* premiers pionniers de l'Occident aimaient à racoaler les voyagesloogs et périlleux eolrepris par leurs pères depuis les contrées oii se lève le soleil, et de qudie manière ils s'étaiait adiemînés à travers mille obstacles, vers de nouvelles rives. A ces récits s'en mêlaient beaucoup d'autres, et le chasseur n'était assurément pas celui qui avait le moins d'exploits k retncer.

Pendant la saison des orages, l'habitation, ébranlée parles rafales, offrait parfois peu de sécnrilé. Les Dots soulevésroulaient avec grand bruit sous la frêle cabane plongéedansaoe obscurité profonde-que les éclairs dissipaiait par intervalles. Qui pourrait dire que la foudre n'ait jamais consumé la boorgade lacustre, et comment représenter la confusion de toute une population cherchant à sauver les enfants et les vieil-

Monuments religieux et funéraires.

I première populatioD de l'Europe recouverte, à diffé- » époques, par de nombreuses invasions, n'a guère \ sur la religion qu'elle professait des traditions qu'on e lui attribuer avec certitude. Si les Lapons sont les lers descendants de cette race d'hommes, il s'est écoulé de siècles, et ils ont pu subir tant d'influences qu'il est ile d'admettre que leurs idées religieuses soient une e fidèle de celles de ledrs ancêtres. Malgré l'absence de tions et de tout renseignement écrit, on peut cependant er à quelques notions, fort incomplètes, il est vrai, sur us ancienne mythologie de l'Europe, en examinant les aments religieux et funéraires du premier âge. î même qu'on attribue le plus souvent aux Celtes tous lébris de l'industrie antérieure au développement de du ler, on est aussi porté à faire remonter aux druides les men-hirs et les autels en pierres brutes de rOcei- . Il est incontestable qu'un grand nombre de ces moniits ont été élevés parles Celles, mais l'érection de piliers ) blocs informes, faite dans un but religieux, a été proi des peuples très divers. Les Suèves, établis en Suède es bords du lac Mélar, bien qu'ils ne fussent point d'oe celtique, élevèrent dans la Norwége, après avoir peuïepays, des enpeintes et des men-hirs tout pareils à ceux n attribue aux Celtes. Ces mêmes piliers ont été l'objet culte de la part de nombreuses tribus de l'Asie, et on etrouve encore en Amérique. L'antique usage des menappartenait déjà à la première population de l'Europe,

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