GRAND-DUCHÉ DE BADE
Lac de Constance.
M. Lshie a découvert, dans le lac de Constance, un nouvel emplacement très considérable, ntué dans une anse, entre les staliODS de Makelfingen et d'Allensbach ; mais les fouilles les plus heureuses sont celles qu'il poursuit à Wangen, où il continue à trouver un grand nombre d'objets pareils, pour la plupart, à ceux qui ont été décrits.
Les débris tombés h l'eau ne sont pas répartis de la même manière sur tout l'espace occupé par les pilotis. Sur tel point, la recherche la plus active est infructueuse; sur tel autre, on découvre plus particulièrement certains objets. Le lin, par exemple, n'occupe qu'un petit nombre de places, de 4 à 6 verges carrées, où on le trouve avec ses tiges.
APPENDICE. kVl
Une découverte ÎDattendue est celle du pain, conservé par la carbonisation. Il a la forme de galettes rondes, épaisses d'un pouce à 15 lignes; un morceau donne un diamètre de 4 à 5 pouces. Le levain parait n'avoir pas été connu ; la pâte, au lieu de farine, se faisait avec du blé plus ou moins broyé, en sorte qu*on retrouve dans ces pains des grains d'orge ou de froment mélangés au son. 11 parait que la cuisson s'opérait en plaçant la pâte sur une pierre chaude qu'on recouvrait de cendres ardentes d'après l'usage mentionné par ces mots : a Alors Edda tira de la cendre un pain lourd, visqueux et rempli de son. )>
M. Lôhle a remarqué des pilotis déviés de leur position verticale ou repliés à peu près comme une S sous le poids des habitations. Sur ces points, d'autres pilotis plus forts ont évidemment servi à consolider l'esplanade. Entre les bois* employés , il est à remarquer que les poiriers et les pommiers n'ont pas été utilisés comme pilotis , ainsi qu'on l'avait cru d'abord, mais plutôt comme billots sur lesquels on travaillait. Leurs dimensions sont d'environ 1 7t pi^<l de diamètre sur 2 à 3 pieds de longueur.
Malgré le nombre considérable des instruments en pierre, on ne retrouve pas les emmanchures en bois de cerf. Le manche de la hache était en bois, le plus souvent de noisetier. La pierre se fixait avec des ligatures à une branche bifurquée ou coudée naturellement. La longueur du bois variait de manière à pouvoir être manié à une ou à deux mains.
SUISSE
Lac de PfefOkon,
dam le union de Zoricb.
L'emplacement de Himmflricb, situé sur le bord du vaste marais tourbeux qui a'éteod au sud du lac de PfeSikon, mesure une étendue d'environ 40000 pieds carrés; il se trouvait, avant le formation de la tourbe, à 3B00 pieds plus en avant dans le lac que la station de RobeobaoBen. Cet emplacement, imprégné d'eau, est difficile à explorer. H. Uessikommer s'est cependant assuré qu'il eiiste dans la profondeur, sous une coucbe tourbeuse déjft formée lors de la fondation de cet établissement, des pierres, des ossements et des fragemenls de poterie. A la suite de l'aocroissemeat de la tourbe, qui contient des pieux de 3 à 6 pieds de longueur, on accumula, sur ce point, du limon et du gravie qui formèrent une espèce d'Ile, de manière & placer leti demeures
Non loin dlrgenhansen, un autre îlot couvert de bois et entouré de tourbe, conserve des fragments de poterie et des flèches en silex.
M. Messikommer continue à découvrir sur remplacement de Robenhausen un grand nombre d'objets, tous antérieurs à rage du bronze , bien que des instruments de cette période se rencontrent à peu de distance de là, dans la tourbe ou dans la terre V 11 a recueilli des pains ou galettes semblables à celles de Wangen^ du froment, de Vorge et une abondance de fruits secs et de graines dont il a eu l'obligeance de me remettre toute une collection.
Le lin est filé ou tressé en nattes. De nombreux lambeaux d'une étoffe primitive sont formés de cordons disposés en lignes droites et parallèles, comme la chaîne sur le métier du tisserand, et reliés par d'autres cordons entrelacés aux précédents dans le genre de la trame, mais avec cette difierence que les fils qui en font l'office sont distants les uns des autres de 5 à 6 lignes au lieu de se toucher. D'autres cordons, soigneusement tordus, ont été noués de manière à reproduire les mailles en losange du filet. Des pailles et des bandes d'écorce entrelacées ressemblent quelque peu à nos nattes tressées en spirale. Des tissus de Wangen, pareils aux précédents, ont pour chaîne des mèches de lin au lieu de cordons. D'autres espèces d'étoffe, si l'on peut leur donner ce nom, sont formées de mèches repliées, semblables à de petits écheveaux disposés par rangées parallèles qui se
' M. le Dr Relier donne, PI. VI fig. 10, le dessin de trois balles vides et découpées, dans lesquelles on a fait pénétrer un petit caillou. Ces balles, suspendues à trois tiges de bronze réunies dans l'anneau d*une tige unique, sont évidemment les grelots de forme ovoïde et à bandes longitudinale dont j'ai parlé à la page 34X. (PI. WIl, Ag. 22.)
superposent comme les écailles du poisson. Ces mèdies, recouvertes en outre de bandelettes d'éoorue, sont reliées par des cordons et de fines bandes dont l'entrelacement dessine des lignes transversales distantes de 8 lignes les unes des autres. A propos des restes de bison trouvés à Bobenhausen, M. le D' Relier suppose avec justesse qu'on a dû prendre ces animaux dans des fosses comme le taisaient les anciens Germains, d'après la rapport de G^sar. (VI, 28.) — Le même auteur raconte (V, 12) qu'il n'était pas permis, cbes les Bretons, de manger le lièvre , et c'est sans doute pour celte raison que les os de ce quadrupède ne se retrouvent pas sur les emplacements lacustres.
Tourbière de Wauvyl,
ritni le Mnlon de LDMriM.
Il ne reste de l'ancien lac de Wauwyi qu'une petite nappe d'eau entourée de grands marécages, dans lesquels l'exploitation de la tourbe a amené la découverte de quatre groupes
ponts qui permellaient de €0inmuDiquer d*une partie à l'autre de la cité, sans employer toujours les canots avec lesquels on pouvait cependant naviguer entre les groupes d'habitations. Bien que ces constructions paraissent présenter quelques variétés entre elles, elles se distinguent dans leur ensemble de la plupart de celles dont on retrouve les restes dans les autres lacs de la Suisse. Ces esplanades n'étaient pas supportées par des pilotis répandus sur toute la surface qu'elles occupaient. Les pieux, essentiellement plantés sur le pourtour des plate-formes rectangulaires, forment des rangées larges de 4 à 5 pieds, qui se prolongent quelque peu sur les angles, où elles se coupent à angle droit. L'épaisseur des pilotis, enfoncés assez profondément dans le sol, varie de 3 à 4 7t pouces. M. Suter en a fait arracher deux, qui mesuraient chacun 4 pieds de longueur dans la tourbe ; l'un descendait à 40 7t pi^s et l'autre à 47t seulement dans l'ancien fond du lac.
La disposition des pilotis n'est pas le seul trait distinctif des constructions de Wauwyl. Les esplanades conservées par la tourbe présentent une curieuse accumulation de pièces de bois, de branchages et d'argile. Dans le but de faciliter les observations, M. le colonel Suter a étudié avec soin l'un de ces planchers sur une étendue d'une toise carrée. L'espace fouillé contenait cinq couches de troncs de chêne, d'aulne et de sapin. Tous ces troncs étaient placés horizontalement, et l'on s'est assuré qu'on n'a employé que des bois ronds d'un diamètre de 3 à 5 pouces, sur lesquels on ne remarque, ainsi que sur les pilotis, ni entailles, ni mortaises, ni trous, ni chevilles, ni aucune trace de ligatures. Les interstices étaient soigneusement garnis avec de l'argile qu'on trouve aussi mélangée à des branchages tassés entre
chacuD de ces planchers, dMit l'épsisseur totale est de 3 pieds. Les {ùècea de boU dn plancher infériear reposent sur le sol, soit sur le blanc fond de l'ancien lac ; malgré loir décomposition, qui est beaucoup plus grande que dans la partie supérieure, on voit qu'un certain nombre étaient couchées parallèlement & l'un des bords du carré fonillé, tandis que les autres tracent des lignes obliques plus ou moins régulières. L'obliquité des pièces de bois de la deuxième couche, k partir de la profondeur, est en sens inverse de celles du premier lit. Le même croisement se remarque dans la troisième couche. Dans les deux lits supérieurs, les bois parallèles à l'un des cdtés du carré sont superposés à angle droit, mais leur direction varie souvent sur le même nivese. Quelques pieux verticaux, groupés irrégulièrement, traversent çà et là les rangées horizontales, au-dessus desquelles ils font saillie d'un pied et plus, comme s'ils avaient ilé les montants des cabanes. Leur partie supérieure porte les traces du feu, et, lors même qu'ils pénètrent dans l'épaisseur de l'esplanade, on croit qu'ils n'ont jamais servi à la supporter. Jusqu'à présent, on n'a retrouvé aucune solive reposant sur des pilotis, mais les extrémités des pièces de Ixhs
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planchers superposés, qui est de 3 pieds, aurait été insuffisante pour mettre la surEace de l'esplanade à sec ; mais il se peut que les lits de branchages pris entre les pièces de bois aient perdu de leur volume. En admettant cette dernière hypothèse, les planchers auraient dû être construits à la même époque, et, dans ce cas, l'état de conservation des diverses couches ne serait-il pas à peu près le même, tandis que c'est le plancher le plus profond qui est le plus décomposé? De nouvelles observations permettront sans doute d'arriver à un résultat plus concluant.
On n'a trouvé nulle part, sur ces esplanades, les débris d'argile cuite par l'incendie qui garnissaient les interstices des parois formées de branches entrelacées. M. Suter suppose que les cabançs étaient construites avec des pièces de bois superposées et que leur forme était par oonaéquent carrée.
Les objets perdus ou jetés à l'eau n'étaient pas dispersés sous les esplanades comme c'est ordinairement le cas ailleurs ^ Us sont accumulés sur le pourtour des planchers, et reposent, de même que ceux-ci, sur le blanc fond du lac, d'où il résulte que l'envahissement de la tourbe qui a recouvert ces restes de l'industrie antique, est postérieur à ces constructions.
Le métal n'a pas été découvert à Wauwyl. Les haches sont en pierre, quelques-unes ont des bois de cerf pour emmanchure. Les pierres à aiguiser, les lamelles et les têtes de flèche en silex sont mélangées, comme ailleurs, à des débris de poterie, à des poinçons, à des ciseaux et à des espèces de harpons en os. Un couteau et une grande tasse ou écuelle sont en bois d'if. Outre les grains de collier en bois de cerf,
* Voir le paragraphe Esplanade, à la page 859.
kZh APPENDICE.
OD en a découvert uo en verre, dont la présence aa milieu des débris précédents a lieu de surprendre.
Les ossemeuls détermioéa parH. le lyBatimeyer indiquent les espèces suivantes : le brochet, la grenouille, l'autour, le canard sauvage, l'écureuil, le castor, le blaireau, le chien, le renard, le loup, la martre, la fouine, l'hercaine, le putois, le chat sauvage, le sanglier, lecochon, lecbeval, le chevreuil, le cerr, l'élan, la dièvre, la brebis, le bœuf et te bison.
Lac de Sempach.
11 a d^à été fait mentjon des pilotis el des objets en bronze découverts à Sempach et à Eicb. Sur un nouvel emplacement, en face de Nottwyl, on voit, à ane profondeur de IS pieds, une douMe enceinte de pieux. D'autres se trouvent aussi à l'embouchure d'un ruisseau, entre cette localité et Sempach. Il sera intéressant de s'assurer si ces étabUssemeDte ont existé pendant l'&ge du bronze.
un morceau de bois placé verticalement entre deux planches, et que, lorsque le bois était parfaitement sec, le feu ne tardait pas à jaillir. C'est à cette destination qu'il attribue les morceaux de bois plats, brûlés en travers, trouvés à Moosseedorf.
En cherchant à se rendre compte de l'emploi des instruments découverts, M. Uhlmann fait observer que beaucoup de pièces en pierre et en os ont été employées au travail des peaux, pour les enlever, les racler, les préparer, les couper et les coudre de manière à se procurer les vêtements nécessaires.
Entre les objets nouvellement découverts, se trouve un peigne en bois d'if, muni de 10 dents sur une largeur d'environ 2 pouces. Ce peigne, d'une hauteur de plus de 4 pouces, est arqué dans sa partie supérieure.
Lac de Bi
Trois nouveaux emplacements ont été découverts par M. le colonel Schwab sur les bords du lacdeBienne. L'un, entre Yingelz et Bienne, est une élévation artificielle de pierres, sans pieux visibles, d'où proviennent deux pointes de javelot en fer. Le deuxième est à l'occident de Neuveville, dans la partie sud-ouest du lac ; on n'y a pas encore trouvé d'objets d'industrie. Le dernier, non loin de Saint-Jean, à un quart de lieue environ de la rive, est situé dans le marais qui sépare les lacs de Neuchàtel et de Bienne ; il remonte à l'Âge du bronze, d'après les divers objets de ce métal qui y ont été recueillis avec un ceit, un bracelet et une épingle à cheveux.
436 APPBNDU».
LesricheBaeB du Stslnberg, prte de NMan, ne sont pu épuisées. M. Schwab a retiré de ce pùnt quelques iostruments en broute, ainn qu'an fer de pique, une clef, une épingle en fer et de nmabreux fragmenlB de tuiles romaines.
Le troisième rapport de M. le [K Relier contient une communication de H. le professeur Hitzig, relative aux crmssants du Steinberg et à la voie suivie par ceux qui en ont importé le culte.... nHaran, la ville des gentils, à laqudte se rattachent les plus anciennes traditions d'Abraham, était le siège du culte de la lune. De même qu'Âbmbam y était venu dlJr des Chaldéens, c'esl-è-dire de l'Orient, le culte de la lune y avait aus^ été apporté de la partie la pins orientale
de l'Asie Celui qui voulait, comme Abraham, aller d'Ha-
ran dans la Syrie dtérieare, devait passer par Thapsakus, plus tard Ampbipolis sur l'Euphrate, et, de là, il pouvait prendre directement le cbemia des lacs à habitations. Steph. Byz. dit qu'Amphipolis se nomme en syrien rovpfoSa (non pas en syrien sémitique) : ne serait-ce pas là le mol celtique Tur, eau (du sanscrit tvar, courir), qui est aussi le nom de notre Zurich, et celui de ftrri, fUm, si la ville était entourée par l'Euphrate, comme AmphipoUs par le Str^ir
lier peut être comparé i celui de Sutz sur le lac de Un oelt en bronze de celte localité a été déposé dans le musée de Berne; plusieurs autres objets ont été vendus à Neucb&tel.
On remarque près de Hejrries, en Cace du monument de la bataille de Moral, un stemberg qui indique l'existence de constructions lacustres sur ce point. Des pilotis se trouvent près de Greng, et Ton assure qu'il en existe aussi, sur l'autre rive du lac, i Gnévanx et à Nant.
Dernièrement, en visitant les bords du lac de Morat, des pécheurs m'ont indiqué deux autres points : l'un, près de Hontillier, où l'on voit quelques pieux sous 4 à B pieds d'eau, et l'autre, vis-à-vis du Péage, séparé de Sugiei parle cours de la Broie. Le peu de transparence des eaux ne m'a pas permis de pousser plus loin ces explorations. D'après l^s pécheurs, quelques instruments en pierre ont été découverts à Greng et près de Faoug, station mentionnée à la page 1B8 de cet ouvrage.
Lac de Neuchâtel.
Les ossements de Concise, recueillis par M. L. Rochal pour la bibliothèque d'Yverdon, ont permis à M. le profes* seur RûUmeyer de déterminer les espèces suivantes : « le chat-htMM (strix aluco), le castor j le renarde Y ours brun, le blaireau, le puUnSy la martrCf un chien intermédiaire entre le chien courant et le chien d'arrêt de nos jours, le sanglier, le cochon des tourbières, le cheval (une seule incisive)^ le cerf ordinaire, mais d'une taille énorme égalant celle du cheval, le chevreuil, Vélan, la chèvre, un mouton dont les cornes très peu roulées en spirale rappellent la race qui se
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rencontre maintenant dans les Des Orcades, Vvrui (tut firagment da fémur), enfin de nombreax reste» du bœuf domestique, appartenant i deux races distinctes. Celle dont les débris sont les plus nombreux a les formes svdtes, les jambes fines, les cornes peUtes et recourbées; elle rappelle les vaches de petite taille de la Forét-Noire. La seconde race atteint souvent ta taille de l'urus et peut être comparée aux grands bœufsgris de l'Italie, de la Hongrie et de la Frise '. ■
Corcelettes, riche en poteries, ne manque pas de pièces en bronze. Un couteau élégaornient arqué, plusieurs épingles plus on moins ornées, un pendant triangulaire, surmonté d'un anneau et un petit bracelet entr'ouvert, arUstement formé de trois fils de bronze réunis à leurs extrémités, ont élé repéchés sur ce point ainsi qu'une ampbore de 18 pouces de diamètre, munie de deux anses et d'une pointe à sa base*.
Un couteau en bronze de Bevaix et des épingles de Cortaillod portent, comme ornements, des pointillages et des lignes gravées.
Une pointe de flèche en silex, se rapprochant de la forme du losange, a été trouvée à AaTornier avec un bracelet cir-
son pourtour de raies profondes et parallèles au bord dans lesquelles se trouvent cinq petits trous disposés verticalement. M. le D' Relier, en rappelant que les vases percés de trous étaient fort bien appropriés à la conservation du séret, dont le petit-lait pouvait ainsi s'égoutter, cite le passage suivant de Tacite relatif à la manière de se nourrir des anciens Germains : dhi simplices, agrestia poma, recens fera, aui lac concretum. (Germ. 28.) «Un pot à feu en argile, qui rappelle Tune des formes modernes, est muni de deux anses et de quatre pieds. Une espèce de bassin en granit ne pèse pas moins de 80 livres; le creux, ovale et évasé vers les bords, profond de 16 lignes sur le centre, a une longueur de 11 pouces 4 lignes sur une largeur de 9 '/s pouces.
On a trouvé à La Tène un mors de cheval, semblable à celui du filet, et les tronçons d'une épée du même genre que celles qui ont été décrites. Il est à remarquer que chacune de ces pièces présente quelques variétés d'ornementation.
Une pointe de lance en fer, de 2 pieds 6 lignes de longueur, a été retirée de Teau à environ 3 000 pieds au-dessus du Pont de la Thièle. Des pieux s'avancent depuis la rive à une distance au moins pareille dans le lac de Neuchàtel. Les ailerons de ce fer de lance dessinent un angle aigu, et la douille, ornée de lignes en relief et de cannelures, est munie à peu de dislance de son ouverture de deux branches transversales.
Les explorations de MM. Rey et de Yevey ont ajouté quelques pièces nouvelles à leur intéressante collection. Deux poinçons en os et un coin en serpentine viennent encore de la Craza. Un instrument en pierre, hache et marteau, péché . sur l'emplacement le plus ancien d'Estavayer, est d'un fort beau travail. Cette pièce, longue de h pouces 8 lignes, estai-
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guisée sur sod trancbaot fortement arqué. Une petite bande eu relief, foiaant Baillie entre deux rainures, parcourt le dos de l'instrument dans sa longueur, et n'est interrompue qne par le trou destiné à recevoir le manche ; ce trou, au lien d'être circulaire, présente un ovale assez régulier. La matière de cette hache est une roche dioritique d'une grande dureté.
L'emplacement d'Ealavayer de l'Age du bronze a fourni quelques pièces nouvelles dont il faut citer une lame de poignard et entre autres des poteries revêtues de lamelles d'étain. Uo col de vase en a^e, d'un diamèire de 2 '/> pouces, est garni à l'intérieur et i l'extérieur, sur le bord de Touverture, de deux petits o^eles d'étain, reliés sur qaatrc points par une étroite bandelette du même métal . L'espace entre les cercles, qui donne l'épaisseur du vase, est d'une ligne seulement*. Un couvercled'uneterrecuiteassezfine, noircie et polie à sa surfaoe, haut de J8 lignes sur 46de diamètre, est surmonté en guise de bouton, d'une petite anse arquée qui s'élève du milieu de quatre cercles concentriques, accusés par des rainures sur l'argile. Quata« lamelles d'étain, disposées h égale distence, partent du cercle extérieur et descen-
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La petite barre d'étain mentionnée plus haut (page 182) a peut-être été destinée à Tomementation des vases. Dans ce cas, on devrait admettre que ce curieux genre de travail est le produit d'un atelier de la bourgade lacustre d'Estavayer. L'incrustation de la lamelle d'étain sur l'argile est comme le point de départ de la damasquinure qui bien des siècles plus tard devait prendre un développement tout particulier dans la Suisse occidentale.
Un emplacement de pilotis, non encore exploré, se trouve en face de Cheseaux, non loin d'Yverdon '.
FAUmS DE L'AITGIENinB HELVETIB reoonatniite par M. le professeur Bûtimeyer.
M. le professeur Rûtimeyer vient de publier^ important travail sur les restes d'animaux découverts au milieu j^^^^dé-^ bris des constructions lacustres de la Suisse '. C'est dans son ouvrage qu'il faut chercher tous les détails intéressants qui se rapportent soit aux espèces et aux races perdues, soit à l'origine de celles qui ont subsisté jusqu'à nous. Je me bornerai donc à citer la liste générale des animaux qui existaient dans notre pays pendant l'âge de la pierre.
MM. Béat de Vevey et Henri Rey, rédigées par A. Horlot et insérées dans le 8« rapport de M. le Dr Keiler.
* Notes iur les habUatUms lacuitres des environs dH^verdan, par L. Rocbat, insérées dans le 8* rapport de M. le D' Relier.
* UnUrsuehung der ThierresU aus den Pfahlbauien der Schufei% von Dr L. Riitimeyer, Zurich 1860. Mittheilungen der antiquarischen GeuUschaft in Zurich, Band. XIII, Abtbeilung S, HeA S.