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d'objets qui caractérisent la troisième période, tandis que sur les quinze autres s'élevaient les collines tumulaires des Helvétiens. On saisira mieux la signification du nombre de ces sépultures en ajoutant que les tombeaux de l'époque romaine n'ont été découverts, dans le canton de Vaud, que sur quatorze emplacements, bien que les ruines d'édifices ou d'habitations aient été retrouvées sur plus de deux cents points différents1. Ce rapprochement ne permet pas de conclure que l'Helvétie ait été plus habitée avant notre ère que sous la domination romaine, mais il montre tout au moins que les générations qui se sont succédé dans les âges anléhistoriques sont fort nombreuses et que la population n'a pas tardé à se répandre dans lintérieur des terres.
Les cabanes sur terre ferme étaient pareilles à celles des Lacustres, avec cette différence toutefois que le sol remplaçait l'esplanade, ou qu'il était excavé de manière à rendre l'habitation à moitié souterraine. La description des demeures gauloises parles auteurs anciens, et les découvertes faites ces dernières années ne laissent pas de doute sur ces analogies. Plusieurs peuplades contemporaines emploient encore loin des rivages les mêmes constructions que sur les eaux, et, quand on voit dans l'intérieur des îles de l'Océanie les cases des indigènes élevées au-dessus du sol sur quatre piliers ou sur des pieux nombreux , on se demande si les premiers habitants de l'Europe n'ont pas aussi transporté les mêmes usages dans les contrées dépourvues de lacs. Il est assez naturel que les riverains qui étaient dans le cas de s'établir sur la terre ferme aient conservé l'emploi des pilo-
• Sur ces quatorze emplacements, huit recouvraient l'urne cinéraire des Romains et six les sépultures helvéto-romaines.
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tis pour mettre leurs cabanes à l'abri des bêles féroces. Bien qu'on ne possède pas, sur les temps anciens, de renseignements a cet égard, on retrouve cependant des traces de constructions semblables dans les vallées alpestres, où des greniers en bois s'élèvent encore sur des piliers de trois à six pieds de hauteur au-dessus du sol, de la même manière que chez les Papous de la Nouvelle-Guinée. Ces greniers, nombreux dans le Valais, existent aussi dans quelques villages du Jorat vaudois. On les envisage généralement comme étant destinés à mettre les graines à l'abri des souris. Il est possible que les contrées où on les trouve aient été occupées par les débris des peuplades lacustres, et que ces bâtiments soient les derniers vestiges des demeures qu'on exhaussait sur pilotis pour se protéger contre des quadrupèdes bien autrement redoutables que ceux dont on cherche à se préserver de nos jours. Si la diversité dans la manière de bâtir n'indique pas toujours des origines différentes, il n'en est pas moins certain que bien des traits caractéristiques, propres à certains peuples, se perpétuent à travers les siècles. Les constructions élevées sur des piliers de bois rappellent naturellement celles des lacs ; les demeures excavées ne sont pas tout à fait étrangères à celles des Troglodytes; elles cabanes des Gaulois, assises sur la surface du sol, se rattachent plus spécialement aux usages des Celtes. C'est ainsi que les traces des divers genres d'habitation usités dans le même pays pourront devenir un indice important des différents peuples qui l'ont occupé.
Les observations précédentes sur l'accroissement de l'ancienne population de l'Ilclvétie ont une portée plus étendue pour l'histoire de l'antiquité que les limites de ce territoire. Rien ne porte à supposer que l'espace compris entre les Al-