FONDERIES
Sans revenir sur les fonderies de l'âge du bronze, mentionnées précédemment1, j'ajouterai seulement que, si le cuivre a été exploité, comme il le paraît, par les anciens habitants de l'Helvétie, on comprend que les gâteanx de ce métal, trouvés dans le pays, soient sans alliage d'étain ou n'en renferment que de légères traces provenant des objets brisés qu'on jetait dans la fonte. Toutefois on ne saurait exclure tout transport de cuivre étranger.
Bien que ces fonderies de la deuxième période aient été constatées, en plus ou moins grand nombre, dans la plupart des pays, les moules en bronze n'en sont pas moins des
1 Pag. 112, note 2 cl pag. B10.
APPENDICE. khi
pièces rares. M. F. Forel fait remarquer que celui qu'il a découvert à Morges (PI. X, pag. 15) se distingue des pièces du même genre en ce qu'il était destiné à produire des haches à ailerons et non pas à douille. « Cet instrument, ajoute-t-il, dénote une certaine habileté dans l'art du fondeur. Existait-il à Morges une fonderie permante, ou bien ce moule appartenait-il à quelque fondeur ambulant, qui voyageait de bourgade en bourgade, comme le font actuellement les fondeurs d'étain ? C'est ce que l'on ne saurait dire avec certitude. Mais ce qui paraît évident, c'est que, si le moule est resté au fond des eaux, c'est parce que la ville de Morges a été exposée à un incendie ou à quelque destruction violente. Car s'il en avait été autrement, il est très probable qu'on n'aurait pas laissé perdre un objet qui devait avoir une grande valeur. Le grand nombre des haches qui se sont trouvées en même temps vient à l'appui de cette manière de voir. »
« J'ajouterai encore deux observations, poursuit M. Forel. La première, c'est que les pilotis qui ont été extraits de la localité de Morges paraissent tous avoir été taillés avec de petites haches en métal, qui se rapportent à celles que nous avons trouvées. La seconde, c'est que, si l'on s'est servi de moules en bronze pour fondre un aussi grand nombre de haches de modèles différents, cela dénoterait une industrie développée sur une très vaste échelle. Mais il est permis de supposer qu'une partie de ces instruments ont été fondus dans de simples moules en terre ou en pierre, et cette supposition ramènerait le développement de l'industrie de cette époque dans des limites plus modestes et plus vraisemblables. »
kkS APPENDICE.