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SAVOIE

Lac d'Annecy.

Dans la réunion de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, qui eut lieu à Annecy en 1836, je fus invité à parler des découvertes lacustres de la Suisse. MM. Replat et Seran se souvinrent que des restes de pilotis existaient dans le lac d'Annecy, et l'assemblée décida de visiter l'un de ces points le lendemain , 31 août. Après une course au château de Menthon et aux bains romains, découverts par M. Ruphy, les membres de la société, dans le nombre desquels se trouvaient MM. Forel, père et fils, montèrent sur une barque qui fit voile dans la direction de Dhuing. Entre cette localité et l'Abbaye, nous aperçûmes, à peu près au milieu du lac, la ligne jaunâtre d'un bas-fond qui se dessinait sous les eaux transparentes. C'était le point nommé Roseley, où l'on ne tarda pas à distinguer de nombreux pilotis qui , par leur disposition et leur aspect de vétusté, présentaient les mêmes caractères que ceux des lacs suisses. Quelques objets d'industrie apparaissaient sur les cailloux et le limon , mais il ne se trouvait sous la main aucun instrument propre à les retirer ; alors M. Hyp. Gosse,

de Genève , se jeta à l'eau et revint à bord avec des fragments de poterie dont le genre primitif ne permit plus aucun doute sur l'antique occupation'de ce point *.

Dès lors, M. Seran s'est assuré que des pilotis de la même époque existent aussi en face de Sevrier s. Le nombre de ces emplacements ne tardera pas à se multiplier.

En décrivant les habitations du Léman, on a vu combien elles sont répandues sur la rive savoisienne; mais on ne peut encore dire, d'après les recherches d'antiquités, si elles ont subsisté plus longtemps sur les bassins de l'intérieur du pays. Il existe bien dans Suidas un passage d'après lequel les Allobriges avaient l'habitude de se construire pour l'été des espèces d'îles que les Romains entourèrent de conlrevallations du même genre, afin de s'en emparer3, mais ces Allobriges sont-ils les mêmes que lesAllobroges, c'est ce que ne pense pas M. Delacroix , architecte de la ville de Besançon, qui a eu l'obligeance de me communiquer ce passage, en l'accompagnant des réflexions suivantes : « Il s'agit ici, vous le remarquerez , des Allobriges et non des Allobroges. C'est peut-être primitivement le même peuple, mais rien ne me l'a encore prouvé. Et d'ailleurs C. César n'a pas eu de

' Bulletin de l'Association florimontane d'Annecy, N° 5, pag. 201, 1856.

* Voir la carte du lac d'Annecy, avec l'indication de ces deux emplacements à pilotis, dans le Voyage au long cours sur le lac d'Annecy, par M. J. Replat,

3 Allobriges [AXy.ipptyeç)} Gallorutn gens. Urbes illorum erant expugnatu difficiles, quod propter cestus reciprocationem quotidiè nune in continentis, nunc in insulœ formant niularentiir. Illi naviluts bellum gerebant. Cum aillent C Cœsar excelsos vallos circum illorum urbes fixisset, et vallis pontet imposuisset, (lucttis guident per médium vallunt sut) ponlibiis transibat: Romani verô tuto et absque irruplione opus continuaient. Suidas, tom. II, pag. 6i. — Dom Bouquet, tom. Ier, pag. 821.

guerre avec les Allobroges. — Arioviste esl considéré par César, dans Dion Cassius, comme un Allobrige. On a toujours traduit ce passage de Dion Cassius par le mot Allobroge et on en déduisait une erreur de Dion. Or je prétends, dans un travail qui paraîtra prochainement, qu'Arioviste était bien Allobrige et non Allobroge. Les Allobriges sont ce qui répond à l'injure de Welsch. Ce sont les Gaulois du dialecte allemand, comme les Welsch sont les Gaulois du dialecte français. On suit la limite du pays allobrige par la ligne des villages qui échangent les deux injures. L'Alsace, le Rhin, etc., sont Allobriges. »

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