‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 32 sur 150 · PENDANT LA PÉRIODE ROMAINE. 21 S · texte numérisé non relu

PENDANT LA PÉRIODE ROMAINE. 21 S

jetés là depuis la terre ferme, et l'on ne saurait en conclure qu'ils proviennent d'habitations sur les eaux. Il est aussi un ou deux autres points, sur les bords du même lac où l'on trouve des restes romains à peu de distance d'emplacements de pilotis, auxquels ils sont vraisemblablement tout à fait étrangers '. Peut-être en est-il de même des fragments de tuiles et de vases qu'on voit vers le Pont de la Thièle, auprès des débris de l'industrie du premier âge.

Lorsque ces poteries se rencontrent au milieu de pieux trop avancés dans les lacs pour qu'elles aient pu être jetées depuis la rive, il faut alors rechercher quelle est la raison de leur présence sur ces points. Plusieurs emplacements du lac de Neuchdtel offrent cette particularité, qui ne doit pas être passée sous silence.

On a recueilli, sur la station de la Sauge, une anse d'amphore avec des fragments de tuiles et de vases romains. — De grandes briques ou des tuiles romaines se trouvent à Gletterens, à Chevroux, à Forel, à Corcelettes, au Grain, au Bied, à Colombier et à Hauterive. — Un vase romain accompagnait les pilotis sous Corbière, ainsi que des tuiles et des monnaies impériales, ceux de Font. Enfin, les fragments d'une bouteille en verre bleu, quelques tuiles et une meule de moulin romain ont été découverts sur l'emplacement de La Téne.

Les objets qui représentent la période romaine consistent à peu près exclusivement en poterie, en tuiles et en briques.

1 On pourrait indiquer comme se rattachant aux pilotis du lac de Bienne, pendant l'époque romaine, ceux qui ont été trouvés, en 1854, dans le lit de la Thièle, vers le Pfeidwald , à une demi-lieue en aval de Nidau. Toutefois ces pieux ne proviennent point d'habitations, mais d'un simple barrage. Voir plus haut la pag. 76, notes 1, 2 et 3.

216 ANTIQUITÉS LACUSTRES DE l'hELVETIE,

La présence de ces débris, à 300, 600 et même 900 pieds de la rive, sur 12 emplacements de pilotis, ne saurait être fortuite. D'autre part, les tuiles sont trop peu nombreuses sur les points où on les trouve, pour admettre qu'elles aient servi de couverture, ce que leur pesanteur eût d'ailleurs rendu difficile sur des huttes construites avec des branchages. 11 est à présumer qu'elles étaient plutôt utilisées à l'intérieur des cabanes, ainsi que les grandes briques qui mesurent jusques à k pieds carrés, et qu'elles tenaient lieu des- pierres plates indispensables pour les foyers sur des planchers en bois.

La poterie est généralement grossière, et ces débris de l'époque romaine trahissent, sur ces points, une indigence bien plus grande que dans les âges antérieurs. Rien ne révèle une occupation de quelque importance; plus de traces d'industrie exercée sur les eaux; plus de ces dépôts indiquant une population quelque peu considérable. Tout conduit à supposer que ces emplacements n'étaient guère occupés que par des familles de pêcheurs.

11 n'est pas hors de propos de rappeler que les pilotis de Font, vers lesquels on trouve des monnaies romaines, sont dans le voisinage de la Pierre du mariage, nom donné à plus d'un autel païen. On sait combien souvent on jetait des monnaies, comme offrandes, dans les eaux consacrées à quelque dieu, et il est possible jqu'un fanum lacustre ait existé à Font, pendant la période romaine.

Plusieurs de ces emplacements ont déjà été habités pendant l'âge du bronze, durant lequel ils ont atteint leur plus haut degré de développement, à l'exception toutefois de celui de La Tène ; mais il paraît, d'après l'ensemble des objets recueillis, qu'on les a généralement abandonnés dans le

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