RUSSIE
Larcher rapporte dans son commentaire sur Hérodote, à propos des habitations des Pseoniens, sur le lac Prasias, que Tcherkask, ancienne capitale des Cosaques du Don, est bâtie de la même manière, toutefois avec cette différence que, le Don étant un fleuve très rapide , la construction de cette dernière ville est encore plus surprenante.
On pourrait citer bien des villes en Europe, dans lesquelles s'élèvent, au-dessus des eaux, des bâtiments supportés par des pilotis ; mais leur caractère général diffère trop de celui des habitations lacustres pour insister davantage sur ce rapprochement.
Les Kamtchadales , dans la Sibérie orientale, ont encore l'habitude de construire une partie de leurs demeures sur des pieux. Chaque famille a deux maisons, l'une d'hiver et l'autre d'été ; « celle d'hiver est une espèce de tanière creusée à plusieurs pieds sous terre, et dont le toit, porté par quatre piliers, est recouvert de branches d'arbres et de terre ; on y pratique deux ouvertures , l'une pour servir d'entrée et en môme temps de fenêtre, l'autre pour laisser échapper la fumée. La maison d'été est construite en bois; elle est polygone et quelquefois ronde; élevée fort haut sur des pilotis dont les extrémités supérieures sont inclinées l'une vers l'autre , ce qui donne la forme d'une quille à ces bâtiments assez semblables à des colombiers. Comme ces maisonnettes sont construites sur une petite dimension, ils en mettent quelquefois plusieurs à côté l'une de l'autre,
et y passent sur une planche, qu'ils jettent comme un pontlevis; elles sont peu solides et souvent ébranlées par le vent ; ils attachent toujours leurs chiens dessous. Les armes de ces habitants de la partie méridionale du Kamtchatka consistent en massues, en flèches et en lances, au bout desquelles ils mettent des os aiguisés. Leurs meubles sont des nattes de joncs qui servent de lit, quelques escabeaux et des écuelles de bois. Un bateau, des traîneaux menés par des chiens et des patins à raquettes, voilà toutes leurs richesses '.»
La description de ces demeures d'été convient tout à fait à celle des huttes de pêcheurs du Bosphore, avec celte différence, toutefois, que les Kamtchadales construisent sur le sol, puisqu'ils attachent leurs chiens sous les habitations. On retrouve, du reste, des cabanes élevées sur pilotis audessus de la terre ferme chez plusieurs peuplades des îles de l'Océanie , où ce genre de construction , contracté par l'habitude de vivre sur les eaux, a été transporté à l'intérieur des îles.
Une partie des Coriaks occupent, dans le gouvernement d'Irkoutsk, une contrée montagneuse, remplie de lacs et de marécages. Ils habitent des espèces de villages dont les constructions sont pareilles à celles des Kamtchadales, auxquels ils ressemblent beaucoup par le langage, le genre de vie et la malpropreté s.