‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 44 sur 150 · ORIGINES · texte numérisé non relu

ORIGINES

historiques d'un grand intérêt ; en se multipliant , ils seront comme les jalons des directions suivies par les premiers émigrants de l'Asie. Sur quelques points, les bourgades lacustres ne sont mentionnées qu'à des époques relativement récentes; toutefois, loin de conclure de cette absence de renseignements sur leur antiquité, à une origine peu reculée, on doit au contraire les envisager comme ayant survécu dans ces contrées plus longtemps qu'ailleurs. C'est ainsi que les Pœoniens et les habitants du Phase avaient conservé, du temps d'Hérodote et d'Hippocrate, un mode de construction assurément bien plus ancien que la mention qui en a été faite par les écrivains grecs. Si l'on tient compte de cette observation, ce sera du pied du Caucase qu'on verra s'acheminer vers l'Occident les premiers habitants du midi de l'Europe. Les huttes de pêcheurs du Bosphore apparaissent comme les derniers vestiges de constructions qui furent sans doute nombreuses sur les côtes de la Thrace. Des cités pareilles à celles du lac Prasias ont du s'élever sur les lacs de la Macédoine et sur les côtes de l'Illyrie. Le jour n'est peutêtre pas éloigné où l'on en retrouvera des traces dans les lacs de l'Italie. Quoi qu'il en soit, l'identité des constructions de la Paeonie et de l'Helvétie conduit à admettre bien des stations intermédiaires.

Il est difficile de dire si les premiers habitants qui pénétrèrent en Suisse remontèrent le cours du Rhône ou s'ils traversèrent d'abord le Rhin. L'une et l'autre voie ont peutêtre été parcourues par des familles d'origine commune, arrivant à peu près en même temps sur les bords du Léman et du lac de Constance. Les éléments qui se sont groupés plus tard entre les Alpes, le Jura et le Rhin, montrent assez

que quelque chose de pareil a pu avoir lieu dès les âges les plus reculés.

Si Ton complète les données provenant des antiquités lacustres par celles qui résultent de l'étude des sépultures les plus anciennes, on voit les premiers habitants de l'Helvétie occidentale se répandre sur les bords du Léman, et pénétrer dans la vallée du Rhône jusqu'à Sion, tandis que quelquesuns, en remontant le cours de la Yenoge, arrivent dans la vallée de l'Orbe, recouverte en partie par les eaux du lac de Neuchàtel, et s'établissent à Chamblon, à Concise, au Pont de laThièle,enun mot, sur les bassins du pied du Jura. C'est pendant cette période reculée que les bourgades lacustres ont été le plus nombreuses sur les lacs de la Suisse orientale, dont les habitants avaient peut-être suivi une autre direction, mais qui n'en appartenaient pas moins au premier flot de la population qui s'est répandue en Europe.

En supposant que les premières familles établies en Occident aient généralement construit leurs habitations sur les eaux, on comprend qu'il vint un moment où les rives furent insuffisantes pour recevoir toute la population d'un pays, surtout dans les contrées où les lacs sont peu nombreux. Il sera donc assez souvent impossible de rétablir les voies parcourues uniquement à l'aide des antiquités lacustres. Pour se faire une idée quelque peu exacte de la direction suivie par les premiers habitants du Nord, il importe de recourir à la statistique des tombeaux de l'âge de la pierre, d'après laquelle on est conduit a admettre deux grandes voies de migration d'Orient en Occident. Toutes deux parient du Caucase, d'où l'une suit le littoral découpé des mers du midi de l'Europe, tandis que l'autre arrive sur les bords du golfe de Finlande et parcourt les côtes du Nord. Les anti-

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